P-au-P, 21 janv. 2026 [AlterPresse] --- Le directeur général de la Police nationale d’Haïti (Pnh), André Jonas Vladimir Paraison, exhorte la population civile, vivant dans des quartiers sous contrôle de gangs armés, à éviter de se retrouver « au mauvais endroit au mauvais moment », alors que se poursuivent des opérations policières meurtrières dans plusieurs secteurs de la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
Interrogé par des journalistes, le mardi 20 janvier 2026, sur l’existence d’une stratégie policière spécifique visant à protéger les civils durant les interventions en cours, le chef de la police a reconnu la complexité de la situation sécuritaire, marquée par des risques élevés pour les habitantes et habitants des zones concernées.
Lors de cette rencontre suivie par AlterPresse, Vladimir Paraison a déclaré que les personnes vivant dans ces quartiers sont « majeures et vaccinées » et « savent ce qui est bon pour elles ».
Il a souligné que leur présence prolongée dans des zones contrôlées par des groupes armés « prête à équivoque ».
« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es, nonobstant que, dans toute règle, il y a des exceptions. Certaines personnes peuvent ne pas pouvoir se déplacer. Nous en sommes conscients », a-t-il affirmé.
Le directeur général de la Pnh a souligné que la priorité de l’institution demeure la protection de la vie humaine, tout en reconnaissant les difficultés rencontrées par les forces de l’ordre pour distinguer, sur le terrain, les civils, contraints de rester dans les quartiers occupés par les gangs, de ceux qui s’y trouvent volontairement ou entretiennent des liens avec des groupes criminels.
Cette confusion constitue, selon lui, l’un des principaux défis opérationnels.
Dans ce contexte, Vladimir Paraison a estimé qu’il revient aux habitantes et habitants concerné.e.s de « se mettre du bon côté du droit ».
Ces déclarations interviennent, alors que les opérations de sécurisation en cours ont fait au moins 116 morts et 65 blessés graves entre le 1er et le 11 janvier 2026, selon l’organisation Konbit pour la paix et le développement. Parmi les victimes, figurent 52 civils, dont des femmes et des adolescents.
L’organisation de défense des droits humains fait état de civils piégés dans les zones de combats, parfois contraints par les gangs de servir de boucliers humains, et évoque l’usage de drones à charge explosive par la Task Force.
Face à cette situation, Konbit pour la paix et le développement appelle à l’élaboration d’une stratégie de sécurisation, intégrant explicitement la protection des civils, incluant le renforcement des services de renseignements, la limitation de la destruction des habitations et la mise en place de couloirs humanitaires pour l’évacuation des personnes blessées, des habitantes et habitants des zones ciblées.
Pour sa part, le directeur général de la Pnh a insisté sur le fait que les opérations en cours visent avant tout à neutraliser les individus impliqués dans des activités criminelles, afin de leur retirer leur capacité de nuisance.
Il a assuré que la police, malgré les risques encourus par ses agents, poursuit ses opérations dans le respect de la loi et avec pour objectif ultime le rétablissement de la sécurité et de la paix, au bénéfice de l’ensemble de la population.
Comparant la situation actuelle à celle d’une catastrophe naturelle, Vladimir Paraison a appelé la population à faire preuve de vigilance et de discernement, à l’image des consignes émises lors d’un cyclone, en évitant les zones à hauts risques.
Par ailleurs, il a réitéré son appel aux membres de gangs armés à déposer les armes, assurant que des dispositions existent pour permettre une reddition encadrée, sécurisée et digne. Il a invité celles et ceux, qui souhaitent abandonner la violence, à entrer en contact avec la police.
S’adressant plus particulièrement aux jeunes armés, le chef de la police a évoqué son propre parcours au sein de l’institution, les appelant à faire un choix de responsabilité : servir le pays dignement plutôt que de contribuer à la criminalité.
Il les a encouragés à se préparer sur les plans physique, intellectuel et moral, afin de s’inscrire dans une dynamique constructive au service de la nation. [apr 21/01/2026 04:00]
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