P-au-P., 25 juin 2026 [AlterPresse] --- Le directeur de pays pour Haïti de l’organisation Plan International, André Prospéry Raymond, a lancé un cri d’alarme face à l’explosion de la violence et de l’insécurité touchant les enfants en Haïti.
Lors d’une intervention, par visioconférence, au Conseil de l’Organisation des Nations unies (Onu), le mercredi 24 juin 2026, sur les enfants et les conflits armés, Raymond a exhorté les membres dudit Conseil à écouter directement la voix des enfants victimes des conflits armés notamment en Haïti et à leur accorder une place dans les délibérations internationales.
Il a plaidé pour une inclusion significative des enfants et des jeunes dans les discussions sur la protection de l’enfance.
Leurs témoignages sont indispensables pour que les débats reflètent les réalités quotidiennes de celles et ceux qui vivent la peur, la douleur et la souffrance, estime-t-il.
« Nous refusons de vivre dans un monde où il est acceptable de tuer des enfants ».
Des chiffres alarmants
Les données présentées par Plan International dressent un tableau dramatique des violations graves sur les enfants.
En 2025, 2, 088 violations graves ont été recensées contre 1 661 enfants tandis que 892 enfants, dont 101 filles, ont été enrôlés par des groupes armés, a indiqué Raymond.
Ces violations incluent le recrutement forcé, les violences sexuelles, les enlèvements, l’exploitation et les attaques contre les écoles.
Environ 12 000 enfants sont actuellement impliqués dans des groupes armés.
Raymond a insisté sur la nécessité de protéger les établissements scolaires, afin qu’ils restent des lieux d’apprentissage sûrs et non des champs de bataille.
« Sans sécurité, il est impossible d’apprendre. Sans éducation, les enfants ne peuvent pas exploiter leur potentiel. Et sans espoir, une génération entière risque d’être sacrifiée », a-t-il averti.
Les filles, premières victimes
Plan International souligne que les jeunes filles sont particulièrement vulnérables.
Elles sont souvent ciblées par les groupes armés et exposées à des violences sexuelles, mariages forcés, grossesses précoces ou encore à la traite.
De plus, leur éducation est fréquemment compromise par les attaques.
Il cite l’exemple d’une adolescente de 15 ans, Barbara, contrainte de fuir son foyer à Port-au-Prince après l’assassinat de quatre de ses cousins par des groupes armés.
Elle vit désormais dans un site de déplacés, où la violence reste une menace constante.
Le directeur de Plan International a exhorté les gouvernements, les acteurs armés et la communauté internationale à garantir l’accès humanitaire, défendre le droit international et soutenir les organisations travaillant directement avec les communautés affectées.
Il a rappelé que la protection de l’enfance ne doit pas se limiter à réagir après les drames, mais à prévenir la violence, soutenir les survivants et maintenir les enfants à l’école.
« Chaque violation grave contre un enfant est une violation de trop. Le monde doit en faire davantage pour protéger les enfants et défendre le droit international humanitaire », souhaite Raymond. [emb apr 25/06/2026 11 :30]
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