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Haïti-Gressier : Willard Vancol toujours porté disparu, plus d’une vingtaine de morts dans les violences de gangs

P-au-P, 6 septembre 2026 [AlterPresse] — À Gressier, commune située à une vingtaine de kilomètres au sud de Port-au-Prince, Willard Vancol est toujours porté disparu, plus de deux semaines après l’attaque menée par des hommes armés contre le centre de formation de l’Institut de technologie et d’animation (Iteca), le 20 août 2026, apprend AlterPresse.

Plus d’une vingtaine de personnes ont été tuées et plusieurs centaines d’autres déplacées dans une série d’attaques de gangs perpétrées du 17 au 21 août 2026 dans plusieurs zones de la commune, selon la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (Pohdh).

Coordonnateur du centre de formation de l’Iteca à Ti Boukan et directeur de la radio communautaire Ti Boukan FM, Vancol se trouvait dans les locaux de l’institution lors de l’attaque. Deux membres du personnel étaient présents. L’un a été blessé et maltraité, tandis que Vancol a été emmené par les hommes armés, selon plusieurs organisations.

Depuis, aucune information n’a été obtenue sur son sort, malgré les démarches entreprises auprès des autorités et sur le terrain.

La Pohdh, dans une déclaration du 4 septembre 2026, demande aux autorités policières et judiciaires de prendre les dispositions nécessaires pour obtenir des informations sur Vancol.

La Société d’animation et de communication sociale (Saks), dont il est membre de l’Assemblée générale, s’était déjà inquiétée de sa disparition.

La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda) et Solidarite ant jèn - Saj/Veye Yo réclament, pour leur part, sa libération « sans condition » et « sans délai ». Saj/Veye Yo se dit notamment préoccupée par son état de santé.

La Pohdh déplore par ailleurs la mort de plus d’une vingtaine de personnes et le déplacement de plusieurs centaines d’autres lors des attaques à Jasmin, Monachandèl, Ti Boukan et Nan Kolin. Elle considère l’attaque contre l’Iteca et la disparition de Vancol comme un « coup dur » pour le pays, notamment pour le mouvement paysan.

La Pnh annonce de nouvelles opérations

Gressier est confrontée depuis 2024 à une forte présence de groupes armés, qui ont multiplié les attaques, notamment contre le commissariat de police.

La Police nationale d’Haïti (Pnh) annonce, dimanche 6 septembre, la poursuite de ses opérations visant à démanteler des groupes armés, notamment dans la zone de Belvi.

Selon la Direction de communication de la Pnh (Dicop), le Swat, la Brigade de recherches et d’interventions (Bri), l’Unité temporaire anti-gangs (Utag), UTAG et l’Unité départementale de maintien d ;ordre (Udmo), avec l’appui de la Task Force, ont progressé dans des zones où opèrent des groupes armés et investi un espace présenté comme le « quartier général Bakòp san Fwontyè », dans les mornes Monvil.

Les forces de l’ordre ont utilisé des véhicules blindés et un hélicoptère, après des opérations à pied et la destruction de barricades.

Un centre essentiel pour Gressier

Implanté depuis près de 50 ans à Ti Boukan, l’Iteca intervient notamment dans l’éducation populaire, l’agriculture, l’agroécologie, l’élevage et l’accès à l’eau potable. Le centre abrite les principales infrastructures de traitement et de distribution du seul système d’eau potable de Gressier, dont dépendent de nombreuses familles.

Vancol est présenté par la Papda comme un militant engagé depuis plus de 40 ans dans la défense des droits et de la dignité des couches populaires, ainsi que dans le développement des organisations paysannes et des médias communautaires. [gp apr 06/09/2026 19:00]

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