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Haïti/États-Unis : Deux élues démocrates dénoncent des déportations « déshumanisantes »

P-au-P, 03 sept. 2026 [AlterPresse] --- Ayanna Pressley et Yvette Clarke, deux parmi les parlementaires membres démocrates de la Chambre des représentant.e.s des États Unis et co-présidentes du House Haiti Caucus, qualifient de «  déshumanisantes  » les déportations de ressortissant.e.s haïtiennes et haïtiens, dans une déclaration datée du 31 août 2026, consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

Plus de 350,000 Haïtiennes et Haïtiens risquent de perdre leurs emplois et d’être expulsé.de.s, après la fin, en juillet 2026, de leur Statut de protection temporaire (Tps).

«  Il n’existe aucune excuse pour traiter nos voisines et voisins avec un tel mépris  », fustigent les deux élues, qui exhortent le Sénat à adopter sans délai la législation visant à restaurer le Tps pour Haïti.

«  La vie des Haïtiennes et Haïtiens comme des Américaines et Américains est en jeu.
Aujourd’hui, des milliers d’Haïtiennes et d’Haïtiens sont enchaîné.e.s, parce que Donald Trump a décidé que leur existence était un crime. Elles et ils n’ont enfreint aucune loi. Mais cela n’a pas empêché l’administration Trump de les livrer aux griffes des gangs violents et à l’instabilité en Haïti ».

Pressley et Clarke dénoncent un ciblage flagrant de l’administration Trump contre des ressortissantes haïtiennes et ressortissants haïtiens qui, rappellent-elles, contribuent aux communautés américaines.

Elles appellent le Congrès à utiliser son pouvoir pour mettre fin à cette «  cruauté politique  ».

Des sénateurs américains réclament l’inscription immédiate du projet de loi H.R. 1689 à l’ordre du jour du Sénat, dès la reprise de la session en septembre 2026.

Ce texte, adopté en avril 2026 par la Chambre des représentant.e.s avec un soutien bipartisan, enjoint le secrétaire à la Sécurité intérieure de redésigner Haïti pour le Tps, afin de protéger plus de 300,000 ressortissantes et ressortissants.

Haïti demeure frappée par l’instabilité politique, les actes de violences généralisées et une crise humanitaire qui prive la population d’accès aux hôpitaux, à l’école et aux services essentiels, rappellent les parlementaires.

Le jeudi 27 août 2026, 161 personnes ont été expulsées des États Unis et des Bahamas vers l’aéroport du Cap Haïtien, dans un contexte de violences accrues des gangs terroristes et de fin du Tps.

Un précédent vol, le jeudi 20 août 2026, transportait 161 personnes, dont plusieurs avec des antécédents judiciaires, selon le Miami Herald.

Le 16 juillet 2026, un vol de l’Agence américaine de l’immigration et des douanes (Ice), avait déjà expulsé plus de 100 Haïtiens, dont certains avec des antécédents judiciaires.

Depuis la fin du Tps, au moins deux vols d’expulsion par semaine, transportant environ 200 personnes, sont prévus, avait averti l’administration politique à Washington.

En juillet 2026, le Département d’État américain a renforcé son avis déconseillant tout voyage en Haïti, recommandant aux ressortissantes américainnes et ressortissants américains de laisser des échantillons d’Adn et des dossiers dentaires à leurs familles, avant un éventuel déplacement, en raison des risques extrêmes liés à la criminalité.

Des avocates et avocats, qui contestent la décision de mettre fin au Statut de protection temporaire (Tps), ont invoqué cet avis comme preuve que l’administration américaine reconnaît elle-même l’extrême dangerosité de la situation en Haïti. [emb apr 03/08/2026 12:20]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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