P-au-P, 26 mars 2024 [AlterPresse] --- Plus de 125 mille enfants, notamment dans les départements de l’Artibonite et de l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, seraient exposés à un risque de malnutrition aiguë sévère, dans le contexte de recrudescence alarmante de la violence armée qui frappe Haïti.
Cette alerte est lancée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), dans un communiqué en date du mardi 26 mars 2024, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
L’Unicef signale un risque accru d’aggravation de la crise nutritionnelle mortelle en Haïti, poussant les enfants « au bord du précipice », en raison de l’escalade de la violence armée.
En plus des affrontements et de l’instabilité en Haïti, « la situation engendre une crise sanitaire et nutritionnelle, qui pourrait coûter la vie à un nombre incalculable d’enfants », avertit la directrice générale de l’Unicef, l’Américaine Catherine Russell.
Elle appelle à garantir, de toute urgence, la sécurité de la population en Haïti, « afin de pouvoir accéder aux services vitaux dont elle dépend, et pour que les travailleuses et travailleurs humanitaires puissent atteindre les enfants et les familles, qui en ont désespérément besoin ».
Dans un document publié le samedi 23 mars 2024 sur son site, consulté par AlterPresse, la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (Cnsa) appelle à des actions urgentes pour aider, pour la période de mars à juin 2024, près de 5 millions de personnes, presque la moitié de la population haïtienne, affectées par des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë en Haïti.
Des dispositions doivent être prises pour combler les déficits de consommation alimentaire et protéger les moyens d’existence de ces 5 millions de personnes, recommande la Cnsa.
La Cnsa déplore la détérioration continue des conditions de sécurité alimentaire, qui résulterait, entre autres, de la violence persistante des gangs armés perturbant sévèrement les chaines d’approvisionnement.
« L’insécurité, qui frappe une grande partie de la capitale haïtienne, entrave, notamment, l’acheminement des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, utilisés pour traiter les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, ainsi que leur réapprovisionnement, laissant présager des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement et d’importantes conséquences si la situation persiste », déplore l’Unicef.
L’un de ses 17 containers, comprenant des articles essentiels à la survie des mères, des nouveau-nés et des enfants, notamment des réanimatrices et réanimateurs et du matériel associé, a été pillé dans le port principal de Port-au-Prince, fait savoir l’Unicef.
Depuis janvier 2024, la détérioration de la situation sécuritaire a continué d’aggraver la crise humanitaire, entraînant de lourdes conséquences sur la capacité de l’Unicef à stocker, distribuer et réapprovisionner les fournitures nécessaires.
Seuls deux (2) hôpitaux sur cinq (5) sont opérationnels dans l’ensemble du pays, tandis qu’un (1) seul centre de santé sur quatre (4) fonctionne dans le département de l’Artibonite, la principale zone rizicole du pays, à cause de l’insécurité persistante, souligne le Fonds des Nations unies pour l’enfance.
L’Unicef « appelle à une accélération des efforts, de la part de communauté internationale, pour protéger les civils, rétablir la loi et l’ordre dans les rues, et assurer la circulation en toute sécurité des travailleuses et travailleurs humanitaires et des fournitures vitales, y compris des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi ».
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance exhorte à la protection des écoles, des hôpitaux et des autres infrastructures essentielles, dont dépendent les enfants, ainsi qu’à la sauvegarde des espaces humanitaires. [emb rc apr 03/26/2024 13:25]
Photo : Compte X du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef)
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