P-au-P, 23 janv. 2026 [AlterPresse] --- Washington durcit le ton face au Conseil présidentiel de transition (Cpt), à l’approche de l’échéance de son mandat le 7 février 2026, alors que l’organe est secoué par des divisions sur les mesures politiques à prendre pour gérer la transition, observe AlterPresse.
Dans un message publié sur le réseau social X le 22 janvier 2026, le Département d’État américain a qualifié d’« illégale » toute tentative de modification de la composition du gouvernement par le Cpt, affirmant que le maintien du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est « essentiel » aux efforts de lutte contre les gangs armés et de stabilisation du pays.
Le communiqué met en garde les « politiciens corrompus » soutenant des initiatives favorables aux gangs, promettant un « coût élevé » pour toute action déstabilisatrice.
Cette mise en garde fait écho aux tensions internes au Cpt.
Le 21 janvier 2026, cinq de ses membres ont voté une résolution en faveur du renvoi du chef du gouvernement, décision confirmée par le conseiller-président Louis Gérald Gilles.
Le président du Cpt, Anthony Franck Laurent Saint-Cyr, a dénoncé cette initiative, appelant à la prudence, à la retenue et à un dialogue élargi pour préserver la continuité de l’État et la stabilité avant l’échéance du 7 février 2026.
Plus tôt, le Bureau des affaires de l’hémisphère occidental du Département d’État a souligné que l’instabilité chronique en Haïti n’est pas liée au caractère, à la culture ou à la constitution du pays, mais résulte de politiciens corrompus qui utilisent les gangs pour semer le chaos et prétendent ensuite intervenir pour le réguler.
« Les membres du Cpt ayant suivi cette voie ne sont pas des patriotes haïtiens, mais des criminels, à l’image des gangs avec lesquels ils conspirent », avertit Washington.
L’Organisation des États américains (Oea) adopte une posture prudente et normative, appelant à l’unité nationale, au dialogue et à la continuité institutionnelle, selon une déclaration du Secrétariat général.
Le Canada et l’Union européenne ont également rappelé aux membres du Cpt l’importance de respecter la fin du mandat et de ne pas compromettre la dynamique sécuritaire ni les préparatifs électoraux.
Le contexte reste tendu à Port-au-Prince, marqué par des blocages de rues et la présence persistante de gangs armés, tandis que plusieurs secteurs de la vie nationale appellent à un dialogue politique inclusif pour éviter un vide institutionnel. [apr 23/01/2026 00:30]
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