P-au-P, 11 février 2026 [AlterPresse] --- La république d’Haïti figure toujours parmi les pays les plus touchés par la corruption, avec un score de 16/100 et un classement au 169ᵉ rang sur 182 pays, selon l’Indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International, rendu public le mardi 10 févrioer 2026 et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Haïti se situe bien en dessous de la moyenne mondiale et régionale dans ce rapport publié le 10 février 2026, qui évalue 182 États et territoires sur la base de la perception de la corruption dans le secteur public.
Haïti est classée aux côtés du Nicaragua (14) et du Venezuela (10), trois pays marqués par des institutions défaillantes ou cooptées, une corruption profondément enracinée et des réseaux criminels puissants.
En 2024, Haïti avait déjà obtenu le score alarmant de 16, contre 17 en 2023. Ce qui la plaçait également au 169ᵉ rang mondial.
Cette stagnation intervient dans un contexte de tensions politiques, d’un pouvoir gangréné par la corruption et de crises sécuritaires et humanitaires persistantes.
Dans une série d’enquêtes rendues publiques le lundi 8 décembre 2025, l’Unité de lutte contre la corruption (Ulcc) a recommandé des poursuites judiciaires contre l’ancien président (14 mai 2011 - 7 février 2016) d’Haïti, Joseph Michel Martelly, ainsi que contre plusieurs anciens et actuels cadres de l’État, pour de graves irrégularités dans la gestion de fonds publics.
Dans l’une de ces enquêtes, l’Ulcc demande l’ouverture d’une action publique contre Michel Martelly pour déclaration de patrimoine « incomplète, fausse, incohérente et tardive », compromettant la transparence et la moralité administrative.
L’ex-chef d’État est accusé d’avoir soumis des documents entachés d’irrégularités majeures : incohérences dans les dates, retards significatifs, omissions et contradictions concernant ses informations bancaires.
Entre 2022 et 2024, Martelly a été successivement sanctionné par le Canada (le 20 novembre 2022) et les États-Unis d’Amérique (le 20 août 2024) pour trafic de drogue, soutien aux gangs armés et corruption, selon les autorités américaines et canadiennes ainsi qu’un rapport du groupe d’experts des Nations unies, publié le 15 septembre 2023
Entre 2006 et 2024, 71 dossiers de corruption, soit 42.77 % des rapports transmis à la justice et à la Cour supérieure des comptes (Cscca), demeurent introuvables, selon un rapport d’enquête publié en septembre 2025 par le regroupement d’organismes de droits humains dénommé Ensemble contre la corruption (Ecc).
Sur un total de 166 dossiers, transmis par l’Unité de lutte contre la corruption (Ulcc) et l’Unité centrale de renseignements financiers (Ucref), seuls 95 ont pu être retracés, soit 57.23 %, précise le regroupement Ecc.
Ces dossiers mettent en cause des fonctionnaires de l’État dans des affaires de détournement de fonds, de blanchiment, d’abus de fonction et de passation illégale de marchés publics. [emb rc apr 11/02/2026 13:00]
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