Español English French Kreyòl

Español English French Kreyòl

Justice : Les greffiers maintiennent leur mouvement de grève illimitée dans les cours et tribunaux en Haïti

P-au-P., 10 janv. 2024 [AlterPresse] --- L’Association nationale des greffiers haïtiens (Anagh) déclare maintenir son mot d’ordre de grève, reprise le mardi 12 décembre 2023, dans les cours et tribunaux de la république d’Haïti, en vue de réclamer de meilleures conditions de travail pour les greffières et greffiers, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ce mouvement de grève se poursuivra jusqu’à ce que les revendications des greffiers et commis parquets des 18 juridictions et ceux des cours de la république soient satisfaites.

L’Anagh rappelle avoir déjà entrepris plusieurs démarches, auprès des autorités concernées, « en vue de réclamer, non seulement de meilleurs traitements relatifs aux accords du 03 novembre 2017 et celui du 27 mai 2019, mais aussi de réguler la situation salariale des greffières et Greffiers et commis parquets, compte tenu de la grande disparité de salaires existant entre ces derniers par rapport aux magistrats, leurs collaborateurs immédiats ».

Elle affirme renouveler « son engagement et sa détermination dans la lutte pour la défense des intérêts des greffières et greffiers et commis parquets des cours et tribunaux de la république, qui, jusqu’à date, se trouvent victimes de la discrimination outrancière ».

Malgré tout, aucune satisfaction n’a été envisagée en faveur des greffières et greffiers et commis parquets dans leurs revendications. Des individus sont utilisés par certains magistrats des cours et des tribunaux pour remplir la fonction de greffier. Ce qui est contraire à la loi, dénonce l’Anagh.

Il est impératif de respecter la loi en sa forme et teneur, rappelle-elle aux magistrats.

Dans un tweet, le porte-parole de l’une des branches du Secteur démocratique et populaire (Sdp), Me. Michel André dit soutenir les revendications des greffières et greffiers et huissiers, tout en appelant le gouvernement de facto à faire le nécessaire pour ces fonctionnaires.

Le pouvoir judiciaire doit continuer à fonctionner sur le territoire national, avance-t-il.

Au moment où de nombreuses personnes qualifiées quittent le pays, le gouvernement doit prendre des mesures pour encourager les professionnelles/professionnels dans l’administration étatique à rester dans le pays, pour continuer à travailler, souhaite l’une des branches du Sdp.

L’Anagh avait annoncé, à partir du mardi 12 décembre 2023, une nouvelle grève illimitée des greffières et greffiers dans les 18 juridictions en Haïti, dans une correspondance adressée à la titulaire de facto du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), Emmelie Prophète Milcé.

L’objectif de cette grève est d’exiger aussi la pleine et entière application de l’accord, intervenu en date du 03 novembre 2017 entre le Mjsp, I’Anagh et le syndicat et autres.

Suivant cette entente, le Mjsp avait promis d’accorder aux greffières et greffiers des cartes de débits, d’augmenter graduellement leurs traitements et d’octroyer une carte d’assurance à chaque greffière/greffier indistinctement, entre autres.

Le Mjsp s’était également engagé à donner aux greffières et greffiers un statut particulier et organiser des sessions de formation continues à leur intention, via l’École de la magistrature (Ema).

Depuis 2017, une série de mobilisations sporadiques ont été enclenchées par les greffières et greffiers pour réclamer, auprès des autorités judiciaires, de meilleures conditions de travail ainsi que des avantages sociaux.

Par ailleurs, l’Association nationale des greffiers haïtiens dit condamner les agressions physiques, perpétrées le jeudi 04 janvier 2024 sur la personne de Me. Chavanne Audate, greffier au tribunal de première instance de Port au Prince, attaché au cabinet d’instruction, plus précisément à la chambre d’instruction criminelle dirigée par le magistrat Walther Wesser Voltaire, par des agents de sécurité de la Commission nationale de lutte contre la drogue (Conald), au moment où il s’apprêtait à entrer dans son bureau.

Elle demande au commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince de mettre l’action publique en mouvement contre les agresseurs de Me. Chavanne Audate, pour tentative d’assassinat avec commencement d’exécution, voies de fait, au regard des articles 02, 254 et suivants du code pénal. [emb rc apr 10/01/2024 11:00]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


Depuis 2001

Explorer toutes les archives