Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 11 mars 2026 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) s’insurge contre les traitements « cruels, inhumains et dégradants », infligés à plusieurs centaines de détenues et de détenus au Centre de rééducation des mineur.e.s en conflit avec la loi (Cermicol), devenu principal centre pénitentiare à Port-au-Prince, depuis la destruction de différentes prisons par les gangs terroristes armés en mars 2024.
Préoccupé par cette situation, le Rnddh exige des autorités étatiques la fin immédiate de ces sévices, dans un rapport rendu public le lundi 9 mars 2026, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPredsse.
Depuis mars 2023, le Cermicol a été converti en complexe pénitentiaire pour accueillir des détenu.e.s, transféré.e.s des prisons civiles de Port-au-Prince, Croix-des-Bouquets (au nord-est de Port-au-Prince), Cabaret (prison des femmes au nord), ainsi que ceux du Cermicol (Delmas 33) lui-même.
719 détenues et détenus sont entassé.e.s dans un espace du Cermicol, initialement prévu pour seulement 100 personnes. Une situation « totalement inacceptable », qui porte atteinte à la dignité humaine, relève le Rnddh .
Santé et conditions de détention
De nombreuses prisonnères et dei nombreux prisonniers souffrent de malnutrition, de tuberculose, de gratelle et d’autres infections cutanées, déplore le Rnddh.
Il alerte sur l’état de santé de plusieurs personnes incarcérées au Cermicol, où trente-sept (37) hommes, placés dans un espace réservé à la prison civile de Port-au-Prince, souffrent de malnutrition.
D’autres détenu.e.s sont atteint.e.s de tuberculose, de gratelle ou d’infections cutanées.
Cinq femmes présentent des troubles mentaux, tandis qu’une détenue, âgée de 61 ans, souffrant d’incontinence et condamnée à perpétuité, se déplace en fauteuil roulant.
Faute d’espace dans le dispensaire, déjà saturé par 36 femmes et filles, des personnes malades cohabitent avec des détenu.e.s en meilleure santé, signale le Rnddh.
A Delmas 33, les bureaux et greffes du Centre de rééducation des mineur.e.s en conflit avec la loi (Cermicol) sont installés dans des endroits exigus, avec du matériel vétuste ou défectueux : ordinateurs en panne, imprimantes sans encre, chaises bancales, registres saturés.
Le personnel pénitentiaire est également jugé insuffisant.
Situation juridique préoccupante des detenu.e.s
Sur les 719 prisonnières et prisonniers, seul.e.s 23 (3% d’entre eux) ont été condamné.e.s.
Aucun garçon mineur n’a été jugé, contre 1% des hommes, 7% des filles et 11% des femmes.
Le Rnddh dénonce l’oubli judiciaire, dont sont victimes ces nombreuses personnes.
Parmi les trente-et-un (31) cas pris en exemple, dix (10) concernent des jeunes hommes, qui ont été arrêtés pour avoir perpétré un acte délictueux, alors qu’ils étaient mineurs.
Ils croupissent en prison depuis 7 à 10 ans sans jugement.
Parmi les 31 détenus.e.s susmentionné.e.s, se retrouvent aussi huit (8) femmes et deux (2) hommes.
Plusieurs personnes privées de liberté sont en attente de jugement dans les autres juridictions de première instance en Haïti.
Recommandations
Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) demande aux autorités de planifier le déroulement, sans interruption, des audiences correctionnelles et criminelles pour désengorger le Cermicol.
L’organisme de droits humins recommande de fournir une assistance médicale spéciale aux détenues et détenus malnutri.e.s, tuberculeuses et tuberculeux, et souffrant d’infections cutanées, ainsi que de porter une attention particulière aux cinq détenues présentant des troubles mentaux. [emb rc apr 11/03/2026 13:30]
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