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Haïti prend acte de l’interdiction d’entrée imposée par les États-Unis aux Haïtien-ne-s

P-au-P, 05 juin 2025 [AlterPresse] --- Le Ministère des affaires étrangères et des cultes (Maec) fait part de ses inquiétudes, sans pour autant disposer d’un levier clair, face aux restrictions d’entrée aux États-Unis d’Amérique, imposées aux ressortissantes et ressortissants haïtien-ne-s, selon une note consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

Tout en reconnaissant les conséquences d’une telle mesure sur les familles haïtiennes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, le Maec affirme son engagement à rechercher des solutions rapides.

La chancellerie dit prendre acte du décret, adopté le mercredi 4 juin 2025 par le gouvernement américain, qui impose des restrictions d’entrée à des ressortissantes et ressortissants de 12 pays, dont la république d’Haïti.

Des exemptions sont prévues pour les résidentes et résidents permanents légaux, les titulaires de visas valides avant la date d’entrée en vigueur, les diplomates, les représentantes et représentants d’organisations internationales, ainsi que dans certains cas humanitaires, notamment les enfants adoptés par des citoyennes et citoyens américain.e.s, rappelle le Maec.

Cette interdiction entre en vigueur le lundi 9 juin 2025, alors que les autorités haïtiennes affirment intensifier leurs efforts, avec l’appui de partenaires internationaux, pour lutter contre la criminalité et renforcer la sécurité aux frontières.

Cette annonce survient quelques semaines après la décision du Département d’État américain de désigner officiellement les gangs armés Viv Ansanm et Gran Grif comme organisations terroristes étrangères et terroristes mondiaux, dans une note publiée le vendredi 2 mai 2025 par le secrétaire d’État Marco Rubio.

Depuis quatre ans, Haïti est plongée dans une crise multidimensionnelle marquée par une insécurité croissante, alimentée par la violence de gangs armés opérant notamment dans l’Artibonite, le Plateau central et l’Ouest, incluant la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Tout en reconnaissant le droit souverain des États-Unis à définir leur politique migratoire, le Maec alerte sur le danger que représentent les gangs armés – désormais qualifiés de groupes terroristes – pour les relations extérieures d’Haïti.

Le Mec réaffirme sa volonté de maintenir le dialogue et la coopération avec les autorités américaines, tant sur le plan de la sécurité que de la politique migratoire.

Les restrictions américaines concernent 12 pays, officiellement dans le but de « protéger les Américaines et Américains contre des acteurs étrangers dangereux », selon plusieurs médias internationaux consultés par AlterPresse.

Certaines dérogations sont prévues, notamment pour des athlètes participant à des compétitions internationales, des ressortissantes et ressortissants afghans, ainsi que des personnes possédant une double nationalité incluant un pays non concerné par les interdictions.

Les 12 pays visés sont l’Afghanistan, le Myanmar, le Tchad, la République du Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen.

Sept (7) autres pays, dont Cuba et le Venezuela, sont soumis à des restrictions partielles.

La mesure a suscité de vives réactions.

Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International USA et Human Rights First, l’ont dénoncée comme « discriminatoire », « raciste », « punitive » et « anti-immigrés ».

Plusieurs élus démocrates américains s’y opposent également. « Cette interdiction, élargie à partir du Muslim Ban du premier mandat de Trump, ne fera qu’isoler davantage les États-Unis sur la scène internationale », a déclaré la députée Pramila Jayapal. [emb gp apr 05/06/2025 23:10]

MÉMOIRE D’ALTERPRESSE


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