P-au-P, 25 mars 2026 [AlterPresse] --- Le Haut commandement des Forces armées d’Haïti (Fad’H) a fixé un délai de 72 heures pour annuler tous les ordres de mission de toutes et de tous les militaires, chargé.e.s de la sécurité personnelle d’anciennes et de nouvelles autorités étatiques, selon un mémorandum publié le mardi 24 mars 2026, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.
Cette suspension de protection militaire concerne les membres de l’ancien Conseil présidentiel de transition (Cpt), le président et les magistrats de la Cour de Cassation, les ancien.ne.s et actuel.le.s ministres, le président et les membres du Conseil électoral provisoire (Cep), les anciennes et actuelles directrices générales, les anciens et actuels directeurs généraux et personnalités bénéficiant actuellement d’un détachement militaire.
Ce mémorandum fait suite aux instructions du titulaire du Ministère de la défense (Md), Mario Andrésol, en date du 19 mars 2026, enjoignant le Haut commandement de restructurer immédiatement les détachements de sécurité.
Cette disposition intervient dans un contexte de réorganisation des Forces armées d’Haïti, alors que des dizaines de militaires restent affectés à la protection rapprochée d’autorités actuelles et anciennes, en dehors du cadre légal.
Elle survient dans une situation marquée par l’escalade des violences persistantes des gangs lourdement armés, qui terrorisent la population depuis plusieurs années.
Malgré les opérations menées par les forces de sécurité, appuyées par une mission multinationale et par une société militaire privée américaine, la criminalité demeure endémique.
Par cette nouvelle mesure, l’État entend recentrer les Forces armées d’Haïti sur leurs missions régaliennes de défendre l’intégrité du territoire national et protéger la population, souligne le mémorandum.
« Tous les ordres de mission de protection rapprochée deviennent caducs à l’expiration d’un délai de soixante-douze (72) heures (jusqu’au vendredi 27 mars 2026), à compter de la date de signature du présent document », précise le Haut commandement des Fad’H.
Un nombre important de militaires reste affecté à des missions de protection de personnalités civiles et d’anciennes autorités, en dehors du cadre réglementaire désormais en vigueur, constate-t-il.
Les militaires, engagés dans des missions d’escorte ou de garde statique, doivent cesser toutes prestations auprès des bénéficiaires à l’issue du délai imparti.
Le Haut commandement des Fad’h enjoint aux commandants d’unités de veiller personnellement à ce que l’ensemble des effectifs sous leurs ordres ait réintégré les casernements respectifs au plus tard à l’expiration du délai de 72 heures, le vendredi 27 mars 2026.
Des sanctions sont annoncées contre tous manquements ou retards, conformément aux règlements de discipline générale.
L’État-major général des Fad’H est chargé de superviser la réintégration immédiate et sécurisée de l’armement, des munitions et du matériel roulant, dès la fin des détachements.
Les bénéficiaires sont invité.e.s à coordonner avec la Police nationale d’Haïti (Pnh) la prise en charge de leur sécurité par les unités spécialisées compétentes.
Le Haut commandement des Forces armées d’Haïti affirme compter sur le sens de l’État et le patriotisme des personnalités politiques, pour faciliter le retour ordonné des militaires concernés, tout en insistant sur l’exécution stricte et rapide de cette mesure, jugée indispensable au redéploiement des forces sur les fronts prioritaires de la défense nationale. [emb rc apr 25/03/2026 10:20]
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