Par Emmanuel Marino Bruno
Artibonite (Haïti), 07 mai 2025 [AlterPresse] --- Le gang criminel Gran Grif de Savien a tué plus de 40 personnes dans plusieurs localités de Petite Rivière de l’Artibonite, entre mars et avril 2025, dénombre la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (Pohdh), dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.
Beaucoup de personnes blessées n’ont pu avoir accès à des soins de santé, lors d’une attaque perpétrée par les membres du gang, dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 avril 2025, contre les localités Ti sous, Tè nwa, Mòn Fò et Dofouno, déplore la Pohdh.
Les bandits armés ont tiré pendant plusieurs heures, signale la Pohdh, dénonçant les massacres et autres actes de violences du gang Gran Grif contre les paysannes et paysans de Petite Rivière de l’Artibonite.
Un père raconte, avec le cœur brisé et rempli de douleur, comment il a tout perdu sous la terreur des gangs qui sèment la mort à Petite Rivière de l’Artibonite. Ce témoignage donne une voix à la souffrance des habitants qui vivent chaque jour dans la peur, sous la menace constante de groupes armés sans pitié.
Cette vidéo est un document qui met en lumière une réalité brutale qui ravage la communauté de Petite Rivière de l’Artibonite.
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Lors des dernières attaques, ce gang a aussi incendié plus d’une soixantaine de maisons dans les deuxième et troisième sections communales de Petite Rivière de l’Artibonite, contraignant plus de 20 mille personnes à fuir.
Les bandits ont ouvert le feu sur plusieurs d’entre elles alors qu’elles tentaient de s’enfuir en canots, provoquant leur naufrage, condamne la Pohdh.
Les récentes attaques de gangs armés ont causé la mort d’au moins une dizaine de personnes et provoqué le déplacement d’environ 20,000 autres, a alerté Lereste Dort, agent exécutif intérimaire de Petite Rivière de l’Artibonite, dans une récente déclaration à AlterPresse.
Dort fait état d’habitantes et d’habitants tué·e-s, de plusieurs maisons incendiées et de familles entières prises pour cibles depuis l’intensification des assauts violents du gang Gran grif, le dimanche 27 avril 2025.
Certaines personnes ont tenté de fuir par voie terrestre, tandis que d’autres se sont jetées dans le fleuve de l’Artibonite pour échapper aux tirs.
Malgré l’intervention de la police et la résistance de la population, les bandits armés ont réussi à établir une base criminelle au Lycée Henri Christophe de Petite Rivière de l’Artibonite, informe la Pohdh.
En outre, ces membres du gang Gran Grif exigent le paiement de droits abusifs par les agricultrices et agriculteurs, notamment 100,000.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 149.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 96.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui) pour celles et ceux qui veulent travailler leurs terres, ainsi que des frais supplémentaires pour l’eau utilisée dans l’irrigation des cultures.
La Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains exprime son indignation face à l’aggravation des violences, perpétrées par les gangs criminels, notamment dans les départements de l’Ouest et de l’ Artibonite.
Les gangs continuent de massacrer de nombreuses personnes, de saccager les propriétés agricoles, de détruire des maisons et de contraindre les habitantes et habitants à fuir massivement leurs quartiers, s’insurge-t-elle.
Depuis le début de l’année 2025, la situation s’est encore détériorée, avec l’expansion des gangs vers Kenscoff (est), Mirebalais, Saut-d’Eau (Plateau central), Clercine (Port-au-Prince), entre autres. Plus d’un million de personnes ont été déplacées entre janvier et avril 2025, note-t-elle.
Appel urgent de la Pohdh aux autorités de la transition
Tout en se solidarisant avec les communautés affectées, la Pohdh exige du Conseil présidentiel de transition (Cpt) et du gouvernement haïtien des actions immédiates, pour sécuriser les territoires et protéger la vie de la population.
Elle rappelle aux autorités de la transition leur devoir de protection, conformément à la Constitution haïtienne de 1987 et aux traités internationaux sur les droits humains.
Elle les exhorte à prendre des mesures concrètes pour renforcer les capacités des forces de l’ordre, afin de combattre efficacement les gangs criminels et leurs complices.
Elle demande aux autorités de mettre de côté leurs conflits, liés à des intérêts personnels et de groupes, pour travailler au profit de la population, qui endure diverses formes de souffrances et de misère.
Par ailleurs, la Pohdh recommande au gouvernement de mettre en place des initiatives efficaces, en offrant un encadrement nécessaire aux familles des victimes, ainsi que des réparations et des dédommages aux paysannes et paysans en difficulté.
« L’un des départements agricoles du pays, l’Artibonite, joue un rôle crucial dans la production et l’économie nationale, notamment en ce qui concerne le droit à l’alimentation. Pourtant, depuis plus de deux ans, les paysannes et paysans dans ce département ne peuvent plus travailler normalement », regrette le regroupement d’organismes de défense des droits humains en Haïti. [emb rc apr 07/05/2025 12:45]
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