P-au-P, 1er sept. 2026 [AlterPresse] --- Le gouvernement annonce la poursuite d’une série de consultations avec les groupements et partis politiques agréés en vue des élections prévues le 13 décembre 2026, selon un communiqué consulté par l’agence en ligne AlterPresse.
Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a engagé, du 23 au 30 août 2026, des discussions avec des représentants du Forum des neuf groupements politiques (Delivrans, Anfòs pou Sove Lonè, Debout Citoyen, Debout Patriote, Grand, Coppos-Haïti et alliés, Myel, Platfòm rekonsilye et Sol Ayiti).
Il a également rencontré Ayiti Transfòme, la Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haïtienne (Lapeh) et alliés, Kapab, Grâce pour Haïti, Debloke, Solèy et Viktwa, ainsi que des partis agréés tels que l’Organisation du peuple en lutte (Opl) et Vision-action-réalisation (Var).
Lors des échanges, les représentants ont exprimé leurs préoccupations face à certaines défaillances techniques et opérationnelles constatées dans le processus électoral, ainsi que les difficultés liées à l’application de certaines dispositions du décret électoral.
Ils dénoncent l’opacité du processus d’inscription des électeurs et l’absence de toute sensibilisation.
Ils critiquent également les défaillances techniques du système d’inscription en ligne des 30 000 membres, ainsi que les présomptions d’irrégularités liées au rejet de cartes valides, au motif qu’un citoyen, membre ou dirigeant d’un parti politique, serait déjà inscrit, à son insu, dans une autre formation.
Ils soulignent le décalage entre les dispositions du décret et la mise en œuvre du calendrier électoral, notamment les difficultés d’application de l’article 153 concernant les délais impartis pour la constitution des dossiers de candidature.
La neutralité du gouvernement dans la conduite du processus électoral et la mise en place d’un cadre sécuritaire garantissant la bonne tenue des scrutins figurent également parmi les préoccupations exprimées.
À la suite de ces consultations, le Premier ministre a rencontré, le 31 août 2026, les membres du Conseil électoral provisoire (Cep) pour leur demander d’apporter des réponses aux problèmes soulevés.

Dans une note conjointe datée du 24 août 2026, plusieurs partis agréés notamment Opl, Rasanble et Kapab, ont dénoncé des « dérives et difficultés d’exécution » dès l’ouverture, le 20 août 2026, des inscriptions en ligne pour les élections présidentielle et législatives.
Ils critiquent l’absence de procédure de substitution, l’exigence des 30,000 membres sans mécanisme clair, et le non-respect des dispositions du décret électoral.
Le parti Les Engagés pour le développement (Ede), par la voix de son président stratégique Dr Claude Joseph, a qualifié le processus d’inscription en ligne de « véritable fiasco ».
Selon lui, certains partis ont dû soumettre près de 20,000 noms pour valider 1,000 membres, tandis que ceux ayant atteint le seuil de 30,000 ont dû introduire plus de 100,000 noms.
Dans une lettre ouverte en date du 19 août 2026, Rasin kan pèp la, Alternative socialiste (Aso) et Eskanp ont dénoncé la précipitation dans la préparation des scrutins et l’absence de conditions sécuritaires nécessaires.
L’Aso avait déjà estimé, début août 2026, combien la tenue d’élections dans le contexte actuel constituait « un acte irresponsable, inconscient et un mépris direct » envers la population.
Le contexte reste marqué par la violence des gangs armés, notamment dans l’Artibonite et l’Ouest. À Kenscoff, une cinquantaine de personnes ont été assassinées lors d’une attaque perpétrée dans la nuit du 23 au 24 août 2026.
La période d’inscription des candidatures s’étend du 20 août au 3 septembre 2026, avec dépôt des pièces fixé au 9 septembre 2026.
Le Cep a par ailleurs publié, le 19 août 2026, la liste des 105 structures politiques retenues et leurs numéros de campagne. [emb apr 01/09/2026 11 :20]
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