Artibonite (Haïti), 19 juin 2025 [AlterPresse] – La situation sécuritaire continue de se détériorer dans la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite (Bas Artibonite, Nord), où de nouvelles attaques armées, enregistrées depuis la fin du mois de mai 2025, ont provoqué le déplacement de plus de 5,100 personnes, selon une mise à jour du Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha), consultée par AlterPresse.
Environ 73 % des personnes déplacées se sont réfugiées dans des familles d’accueil, tandis que 27 % vivent dans six sites spontanés, notamment dans la commune voisine de Dessalines, précisent les partenaires humanitaires mobilisés dans le département.
Cette nouvelle vague de déplacements s’ajoute aux 16,000 personnes déplacées recensées en avril 2025, principalement à Verrettes, portant à plus de 92,000 le nombre total de personnes déplacées internes dans l’Artibonite, dont la moitié sont originaires de Petite-Rivière de l’Artibonite, selon les estimations officielles.
Au niveau national, les violences armées on entraîné la mort de 1,617 personnes entre janvier et mars 2025, et forcé plus d’1,3 million d’Haïtiennes et d’Haïtiens à fuir leurs foyers, rappellent les organismes de secours.
Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, plus de 8,400 personnes font face à une insécurité alimentaire classée au niveau « catastrophe », le plus élevé selon Cadre intégré de classification de la sécurité alimentairel’échelle (Ipc).
Une pression croissante sur les communautés hôtes
La crise aggrave la pression sur les ressources des communautés d’accueil, déjà fragilisées : eau potable, nourriture, soins de santé et services essentiels sont gravement affectés.
Pour renforcer la réponse, le Groupe intersectoriel de coordination (Iccg) a tenu une réunion d’urgence le 12 juin 2025. Cependant, l’insécurité persistante et les obstacles logistiques compliquent l’acheminement de l’aide, notamment dans le Bas Artibonite.
Sur le terrain, malgré des défis logistiques, en coordination avec les autorités locales, l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), le Programme alimentaire mondial (Pam), World Central Kitchen et leurs partenaires distribuent abris d’urgence, articles de première nécessité et repas chauds aux personnes déplacéss.
Appuyés par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et l’Hôpital Albert Schweitzer, d’autres actrices et acteurs interviennent dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau potable, de la protection de l’enfance et de la lutte contre les Volences basées sur le genre (Vbg).
Leurs actions incluent : réhabilitation de pompes, prise en charge d’enfants malnutris, espaces sécurisés pour mineurs et sensibilisation au choléra.
La coordination humanitaire dans la région est assurée par le groupe Iccg-Artibonite, le Cluster Cccm (gestion de camps et de sites), en collaboration avec les autorités locales. [apr 19/06/2025 15:00]
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