Grande Anse (Haïti), 10 sept. 2024 [AlterPresse] --- Depuis environ un mois, plusieurs corps sans vie sont découverts par riveraines et riverains dans la rivière de la Grand’Anse (une partie du Sud-Ouest d’Haïti), en dépit de plusieurs appels lancés aux autorités étatiques, déplore le recteur de Innovative University of Grand’Anse (Inuga), Jackson Guillaume, dans une interview accordée à la plateforme AlterPresse/AlterRadio.
« Nous avons déjà informé les autorités concernées à ce sujet. Nous avons lancé un appel aux membres de Conseils exécutifs intérimaires, aux délégués de villes, aux Conseils d’administration de sections communales (Casec), à la police départementale, aux juges de paix et responsables religieux pour dénoncer cette macabre situation, qui risque de compromettre la santé des habitantes et habitants », fait savoir l’Inuga.
Le déversement de cadavres d’êtres humains dans la rivière de la Grand’Anse constitue un grand problème de santé publique, signale l’Inuga, estimant urgent de prendre des dispositions pour prévenir le pire.
« Quand on ne jette pas les corps dans la rivière de la Grand’Anse, on les enterre tout autour. La rivière emporte les cadavres après le passage des pluies », explique-t-elle, soulignant combien les cadavres d’etres humains, jetés dans la rivière, peuvent être sources de maladies infectieuses.
Cette rivière desserve des milliers de citoyennes et citoyens dans quatre communes de la Grande Anse, notamment les communes de Chambellan, Moron, Marfranc et Jérémie.
« Les êtres humains et le reste de la population animale sont en danger ».
La direction sanitaire de la Grande Anse n’a pas encore donné suite aux demandes d’informations d’AlterPresse/AlterRadio sur la question.
Contactée le lundi 9 septembre 2024 par AlterPresse/AlterRadio, une source proche de la police départementale de la Grand’Anse n’était pas en mesure d’indiquer le suivi assuré par les policiers départementaux.
La semaine dernière, plusieurs habitantes et habitants à Jérémie ne cessaient point d’alerter sur la découverte, presque quotidienne, de 3 à 5 corps sans vie, parfois sans tête, aux abords de la rivière Grand’Anse, selon les témoignages obtenus par AlterPresse/AlterRadio.
Par ailleurs, depuis plusieurs mois, les habitantes et habitants dans plusieurs communes de la Grand’Anse font la chasse aux bandits armés, afin de combattre la criminalité.
Une quinzaine de présumés bandits ont été lynchés, dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 août 2024, dans le quartier de Boudon, deuxième section communale d’Anse d’Hainault, dans le département de la Grand’Anse (une partie du Sud-Ouest d’Haïti).
Plusieurs maisons ont été également incendiées dans la zone.
Depuis son installation le mercredi 15 mai 2024, le nouveau directeur départemental de la police dans la Grande Anse, le commissaire divisionnaire Frantz Saint-Armand, a conduit plusieurs opérations visant à appréhender des bandits armés, qui commettent des actes criminels, dont des braquages, sur la route de Chambellan, de Dame Marie, d’Anse d’Hainault et des Irois. [mff emb rc apr 10/09/2024 10:20]
Photo : https://museedumashaiti.blog4ever.com/le-pays-de-la-grandanse
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