Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 20 mars 2025 [AlterPresse] --- L’organisation Plan international Haïti alerte sur des violations généralisées des droits de l’enfant, en raison de la terreur et d’autres violences des gangs armés, qui ont contraint des milliers de personnes à se déplacer principalement à Port-au-Prince, vers les départements du Sud et du Sud-Est, dans une note d’avertissement, en date du jeudi 20 mars 2025, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Plan international Haïti mentionne, notamment, les violences sexuelles à grande échelle contre les enfants, l’effondrement du système éducatif et des risques croissants d’exploitation et de la traite d’enfants.
« Depuis janvier 2024, plus de 900 écoles sont fermées en raison d’attaques, de la peur des violences, ou parce qu’elles sont utilisées comme abris pour les personnes déplacées », relève l’organisation de défense des droits des enfants.
Prospery Raymond, directeur national de Plan International Haïti, estime nécessaires des actions urgentes pour assurer la sécurité et le bien-être des enfants, fillettes et garçons, d’Haïti, confronté-e-s à « une crise inimaginable » et privé-e-s d’accès à l’éducation, à des espaces sûrs et à une protection de base.
« Sans une intervention immédiate, une génération entière risque d’être perdue dans les violences et les privations ».
Plan international Haïti appelle la communauté internationale à intervenir et à fournir les ressources nécessaires, pour soutenir Haïti en cette période de crise.
Plus de 90 % des enfants privés de leur droit à l’éducation
Plus de neuf (9) enfants sur dix ont été privés de leur droit fondamental à l’éducation en raison des violences et de la criminalité.
C’est ce qu’a révélé une enquête menée par Plan international Haïti auprès de plus de 200 personnes, vivant dans un site de personnes déplacées à l’intérieur du pays.
Plan international Haïti évoque un effondrement du système éducatif, contraignant les enseignantes et enseignants à fuir et à laisser les enfants sans accès à l’éducation.
Risque de recrutement des enfants par les gangs armés
Des enfants âgés d’à peine 10 ans sont exposés au risque d’être recrutés par des groupes armés. Ce qui constitue une grave violation du droit international, souligne l’organisation Plan international Haïti.
5 % des personnes interrogées ont exprimé leur intention de retourner à Port-au-Prince pour rejoindre ces groupes criminels, considérant qu’il s’agirait d’un moyen de réaliser des « gains financiers faciles », ajoute-t-elle.
La Convention relative aux droits de l’enfant et les principes de Paris sur le recrutement des enfants interdit explicitement cette mauvaise pratique, rappelle-t-elle.
En 2024, plus de 6,400 cas de Violences basées sur le genre (Vbg)
En 2024, plus de 6,400 cas de Violences basées sur le genre (Vbg), touchant particulièrement les jeunes filles, ont été signalés, y compris la violence sexuelle généralisée utilisée comme arme de guerre, encore aggravée par les taux élevés de grossesses précoces et non désirées, indique Plan international Haïti.
50 % des incidents de violences sexistes se sont produits pendant les déplacements de personnes, pendant que les familles fuyaient leurs domiciles à cause des violences des gangs, s’alarme l’institution.
Les difficultés économiques, obligeant « les familles à faire des choix impossibles et à recourir à des mécanismes d’adaptation », rendent les enfants plus vulnérables à la traite et à l’exploitation, note-t-elle.
Haïti traverse une crise humanitaire sans précédent, avec plus de six millions de personnes nécessitant une aide d’urgence.
La situation s’est aggravée en 2024, en raison de la montée des violences armées, des déplacements massifs touchant plus d’un million de personnes et d’une insécurité alimentaire sévère.
Port-au-Prince, épicentre de ces violences, est en grande partie sous le contrôle de groupes armés, entraînant des pertes humaines dévastatrices, avec 5,600 décès en 2024, soit une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente (2023). [emb rc apr 20/03/2025 13:10]
Photo : Site de l’Organisation des Nations unies (Onu)
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