P-au-P, 25 juin 2025 [AlterPresse] --- La Force de réflexion et d’action sur le logement et l’alimentation (Frakka) demande à l’Etat haïtien de prendre les dispositions nécessaires et urgentes, en vue d’accompagner les personnes déplacées vivant dans les camps, en raison de la criminalité instaurée depuis plusieurs années par les gangs armés en Haïti, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Déjà confrontées à des conditions déplorables, de nombreuses personnes déplacées sont entassées dans des écoles ou des bureaux désaffectés dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, décrit-elle.
La Frakka déplore l’absence d’aménagement sanitaire dans ces camps, qui servent aussi de dépotoirs, faute d’intervention des autorités locales pour assurer la propreté.
Plusieurs cas de choléra ont été recensés dans les camps, signale-t-elle.
28 décès, liés au choléra, ont été dénombrés dans trois départements d’Haïti, avait indiqué le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, citant les chiffres fournis par l’Organisation mondiale de la santé (Oms), lors d’un point de presse donné le mercredi 28 mai 2025.
Ces 28 décès ont été enregistrés parmi plus de 2,100 cas suspects de choléra, signalés dans les départements du Plateau central, de l’Artibonite et de l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, entre fin décembre 2024 et le 17 mai 2025.
Parmi les 2,100 cas suspects de choléra, 55 d’entre eux ont été confirmés en laboratoire et 28 décès associés ont été enregistrés, avait précisé Stéphane Dujarric.
La situation des personnes déplacées, qui vivent dans une misère extrême, se dégrade de jour en jour, relève la Frakka.
De plus, la saison cyclonique, qui s’annonce plus intense que la moyenne, du 1er juin jusqu’au 30 novembre 2025, risque d’aggraver la précarité de ces personnes déplacées, logées dans des abris précaires pouvant à peine les protéger du soleil, encore moins de la pluie.
Cette saison cyclonique 2025 arrive dans un contexte de crise sécuritaire sans précédent en Haïti.
« La saison cyclonique n’est pas une fatalité », a déclaré le coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt), Fritz Alphonse Jean, lors d’une cérémonie officielle, le vendredi 30 mai 2025, au Centre d’opérations d’urgence national (Coun), de lancement des activités de prévention pour la saison cyclonique 2025.
« Seule une culture du risque ancrée dans la population, associée à une participation citoyenne active, permettra de sauver des vies et de limiter les impacts des catastrophes », a avancé le Cpt, appelant à une mobilisation nationale responsable et proactive en cette période.
La Frakka critique l’absence de mesures du Conseil présidentiel de transition (Cpt) et du gouvernement pour accompagner ces communautés vulnérables.
Elle dénonce particulièrement l’inaction du gouvernement, qui ne fournit aucun effort concret et visible pour atténuer la détresse de la majorité de la population, plongée dans une insécurité alimentaire grave.
Haïti fait partie de cinq (5) pays, exposés à un risque imminent de famine et de mortalité dans les mois à venir, ont alerté l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et le Programme alimentaire mondial (Pam), dans un rapport semestriel, rendu public le lundi 16 juin 2025.
Plus de 8,400 personnes, contraintes de se déplacer à l’intérieur d’Haïti, sont déjà confrontées, au cours du mois de juin 2025, à une insécurité alimentaire aiguë de type catastrophe ou famine dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, ont indiqué la Fao et le Pam.
La Frakka exige des mesures d’accompagnement pendant la saison cyclonique 2025, pour les personnes déplacées vivant dans les camps.
Elle appelle le Ministère de la santé publique et de la population (Mspp) à prendre des dispositions urgentes, pour contenir l’épidémie de choléra parmi les personnes déplacées internes.
Elle préconise des actions concrètes pour stopper la criminalité, persistante depuis plus de 5 ans, tout en réclamant la réouverture des grands axes routiers entre la capitale, Port-au-Prince, et les autres départements géographiques. [emb rc apr 25/06/2025 12:30]
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