Haiti-Mémoire : Non à la réhabilitation des criminels !

Par Myrtha Gilbert *

Soumis à AlterPresse le 27 aout 2010

C’est avec stupeur et indignation que j’ai reçu l’information relative à l’inauguration
d’une bibliothèque affublée du nom de Rosalie Bosquet-Mme Max Adolphe, personnage
de triste mémoire dans l’histoire récente de notre peuple. Ce projet fut conçu par la
sénatrice du Plateau Central, Edmonde Supplice Beauzile.

Au nom des milliers de victimes de la barbarie duvaliériste, je dénonce de toutes
mes forces, cette honteuse tentative de réhabilitation du macoutisme, du crime et du
terrorisme d’Etat, dans ses plus sinistres représentants, un bourreau de l’acabit de
Madame Max Adolphe, de son nom de jeune fille, Rosalie Bosquet.

Quel modèle veut donc présenter Mme Beauzile à notre jeunesse en pleine
perte de repères ? Les icones du crime, du sadisme, de la démence répressive ?

La sénatrice a-t-elle rappelé à l’occasion, le rôle joué par Mme Max Adolphe durant la
dictature trentenaire ?

Quand papa doc lui confia au tout début de son régime, l’organisation de l’incendie
criminelle du quartier de la Saline pour créer les masures de Cité Simone et faire place
nette à la jeune sous-traitance. Sinistre au cours duquel des bébés furent brûlés vifs.

Quand elle fut nommée chef macoute de Fort-Dimanche (fò lanmò), où fut englouti
les rêves les plus chers du peuple haïtien, pendant que Rosalie l’infâme et sa bande de
bourreaux et de tortionnaires torturaient des patriotes, des révolutionnaires, de simples
citoyens ramassés au hasard, les laissaient pourrir dans leurs geôles infectes ou les
exécutaient dans les bayahondes, sans épargner ni les mères ni leurs bébés.

Quand cette sadique, n’a pas hésité, sous le regard atterré de macoutes et militaires,
à transformer en torche vivante, sur la cour de Fort-dimanche, une femme, présumée
maîtresse de son mari Max Adolphe.

Quand pour se moquer du savoir et des nombreux intellectuels patriotes, le régime
duvaliériste la propulsa, directrice de la bibliothèque nationale ; haut lieu du savoir,
qu’elle abandonna aux intempéries, causant la perte d’innombrables volumes et dont
les salles de lecture furent souvent transformées en dortoir pour les pauvres paysans,
arrachés de leurs bourgs et de leurs sections pour prendre part aux mascarades organisées
par le régime.

Rosalie l’infâme reste et demeure, un pilier du régime des ténèbres duvaliéristes, un être
ignoble, un assassin qui n’a sa place que dans les poubelles de l’histoire.

Des modèles véritables, devant servir de guide à notre jeunesse, oui nous en avons.
Il s’agit de ceux qui continuent contre vents et marée à lutter la tête haute et sans
compromissions, pour une société haïtienne plus juste et aussi, et combien, ces patriotes
et révolutionnaires généreux et courageux, qui ont offert leur vie en holocauste pour la
cause de la libération du peuple haïtien.

Citons de mémoire : Rosette Bastien, Gérald Brisson, Marie José Féval, Henry Claude
Daniel, Julien Silaire, Jean-Jacques Dessalines Ambroise, Mario Rameau, Rony
Lescouflair, Yanick Rigaud, Guy Lomini, Raymond Jean-François et tant d’autres.

Honneur et Gloire à nos héros et nos martyrs !

Patriotes haïtiens soyez vigilants ! Le ventre de la bête immonde qui a accouché des
ténèbres du fascisme duvaliérien est encore fécond !

* Chercheure, éducatrice, militante