Polémique / Dette Indépendance Haïti : La France évoque son apport post-séisme

P-au-P, 19 août 2010 [AlterPresse] --- Le ministère des affaires étarngères et européennes (Maee) de la France tient à souligner l’engagement de l’ancienne métropole, depuis le séisme du 12 janvier 2010, envers Haïti, comme réponse aux demandes sans cesse réitérées de remboursement des 90 millions de francs, estimée actuellement à 17 milliards d’euros [US $ 1.00 = 41.00 gourdes ; 1 euro = 55.00 gourdes], apprend l’agence en ligne AlterPresse.

« Cette demande n’est pas nouvelle », déclare Christine Fages, porte-parole du Maee, ajoutant que « depuis le séisme, la France a consacré 24 millions d’euros à la réponse humanitaire […] et annulé la dette d’ Haïti estimée à 56 millions d’euros ».

Dans une pétition adressée au président français Nicolas Sarkozy, le lundi 16 août 2010, une centaine d’intellectuels et de militants politiques exigent le remboursement des 17 milliards d’euros, versés au gouvernement français au XIX e siècle (entre 1820 et 1883).

« Considérant les besoins financiers criants de ce pays, dévasté par le terrible séisme du 12 janvier dernier, nous vous pressons donc, monsieur le Président, de restituer à Haïti, la première république noire de l’histoire, la dette historique de son indépendance », soutiennent les signataires.

Aux médias en France, la porte-parole du Quai d’Orsay indique que « l’aide de la France à la reconstruction Haïti s’élèvera à 326 millions d’euros pour 2010-2011 ».

Tel n’est pas l’avis des signataires de la pétitions à Sarkozy, aux yeux de qui « cette indemnité [du XIX e siècle] a fait ployer des générations d’Haïtiens sous le poids d’une dette illégitime, dette que la nation haïtienne n’a fini de payer qu’en 1947 ».

Publiée sous le couvert du comité pour le remboursement immédiat des milliards envolés d’Haïti (Crime), une organisation établie au Canada, la pétition du 16 août 2010 porte la signature de plusieurs personnalités, dont Eva Joly et Amir Khadir, respectivement député européen et québécois, Noël Mamère, membre de l’Assemblée nationale de France, Pierre Rousset d’Europe solidaire sans frontières (Essf), William I. Robinson, de l’Université de Californie Santa Barbara, Karen Orenstein des Amis de la terre des États-Unis d’Amérique, Cécile Winter, médecin et membre du Collectif Politique Sida en Afrique, ainsi que de Walden Bello, écrivain et membre élu de la Chambre des représentants des Philippines, entre autres.

Le 14 juillet 2010, jour de la fête nationale de la France, le comité pour le remboursement immédiat des milliards envolés d’Haïti (Crime) avait utilisé un faux site du gouvernement français (« un canular », dira le gouvernement du premier ministre François Fillon) pour annoncer (solennellement) « une décision » de remboursement à Haïti des 90 millions de francs, que le roi Charles X, surnommé Roi des Français, avait réclamé en 1825, pour dédommager les anciens colons français, sous peine d’envahir l’île d’Haïti à nouveau.

Honorée sous forme de versement jusqu’en 1883, cette dette serait l’une des causes de l’état de sous-développement que connaît actuellement Haïti, affirment certains historiens caribéens. [rh rc apr 19/08/2010 0:30]