Haïti-Pêche : Les femmes, piliers de la filière

Anse d’Hainault, 30 juillet 2010 [AlterPresse] --- Les femmes d’Anse d’Hainault (commune du département de la Grande Anse, située à plus de 300 km au sud-ouest de la capitale), sont les piliers de la pêche dans la région, affirme à AlterPresse Roselaure Aubourg, coordinatrice du mouvement des femmes pour le développement de la Grande Anse (Sud-Ouest d’Haïti).

« L’une des plus grandes contributions des femmes à la pêche a rapport avec la conservation des poissons. Nous n’avons pas de chambre froide par ici, ce sont les femmes qui s’occupent d’ôter les écailles des poissons, de les saler et de les mettre à sécher avant leur écoulement sur le marché national », décrit-elle.

Si Anse d’Hainault a la réputation d’offrir les meilleurs poissons salés du pays, c’est grâce aux femmes, fait-elle remarquer.

Les femmes jouent un rôle prépondérant dans le commerce du poisson également. Elles sont chargées de la vente. Ce qu’elles font souvent grâce à des crédits.

« Les marchandes de poissons sont encore plus fiables que les pêcheurs », souligne, pour sa part, le président de l’Association des marins pêcheurs d’Anse d’Hainault (Ampah), Laurent Menès, relevant combien elles ont contribué à élargir la Caisse populaire de la ville, dont il est l’un des sociétaires.

L’Ampah a reçu en don, le jeudi 29 juillet 2010, un navire de pêche, capable de diminuer les dépenses des pêcheurs tout en augmentant leurs prises et leurs revenus.

Regroupées en associations, affiliées au mouvement des femmes pour le développement de la Grande Anse, les vendeuses de poissions souhaitent, elles aussi, voir leurs conditions de vie s’améliorer.

« On ne peut pas dire que la pêche va s’améliorer, si on ne songe pas aux marchandes de poissons qui transforment les poissons dans des conditions difficiles, met en garde Roselaure Aubourg.

« Forcées de travailler, certaines fois, sous la pluie, elles n’ont même pas un espace pour conserver les poissons », déplore-t- elle.

Seule une aide du ministère haïtien de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr), pour la modernisation des méthodes de transformation du poisson, pourrait créer des conditions de travail plus humaines pour les marchandes, réclame Roselaure Aubourg. [kft rl rc apr 30/07/2010 13:36]