Haïti : La SOFA à l’heure de la prévention du cancer du col de l’utérus

P-au-P, 28 mai 2010 [AlterPresse] --- La Solidarité des femmes haïtiennes (Sofa) a lancé une campagne de prévention du cancer du col de l’utérus à l’occasion de la célébration de la journée internationale d’action pour la santé des femmes 2010.

Pour célébrer cette journée « nous avons décidé de mener une action non seulement pour attirer l’attention de l’Etat sur ce qu’il devrait faire, mais également pour créer un modèle de prise en charge de la santé des femmes dans ce pays », explique la coordinatrice générale de la Sofa, le docteur Lise Marie Dejean.

150 femmes du camp de déplacés de Tapis Rouge, dans la commune de Carrefour Feuilles (secteur sud), ont été sélectionnées ce 28 mai 2010 pour subir un test de dépistage du cancer du col.

La campagne durera trois mois et est prévu de se réaliser dans les camps de sinistrés du séisme du 12 janvier et dans la clinique de Sofa à Fontamarra (périphérie sud).

Le taux du cancer du col en Haïti est parmi les plus élevés au monde, selon les experts. 87 femmes sur 100 000 attrapent ce cancer tous les ans dans le pays et entre 63 à 64 sur 100 000 en meurent, tandis que l’incidence dans la région Caraïbe est de 14 pour 100 000.

Selon le docteur Dejean, le dépistage de cette maladie utilise une méthode, l’inspection visuelle, qui est à la portée de tout le monde et qui pourrait facilement être appliquée partout en Haïti.

Le mode de traitement de ce cancer est également simple, soutient-elle. Il s’agit de la cryothérapie, un traitement à froid des lésions susceptibles de causer la maladie. Dans le cas où elle se serait déjà déclarée, la patiente est référée à la Société haïtienne d’oncologie (Sho), une organisation spécialisée.

Le cancer du col est considéré comme une maladie sexuellement transmissible, causée par une infection au virus du papillome humain (HPV) qui est de la même famille que le virus du sida. Les participantes à la campagne au camp de Tapis Rouge ont donc également subi un Pap-test et suivi une formation sur la santé et l’hygiène.

« La plupart du temps, les femmes entendent parler de tas de choses sur leur corps, mais elle ne savent pas comment il fonctionne. Et au niveau de la Sofa lorsque nous parlons de droit à la santé, du droit à la santé sexuelle et reproductive, c’est le droit pour les femmes de connaitre leur corps, savoir comment il fonctionne et pouvoir prévenir les maladies », souligne Lise Marie Dejean.

La journée internationale d’action pour la santé des femmes a été célébrée pour la première fois en 1987, suite au combat du réseau pour la santé des femmes de l’Amérique Latine. [kft apr 28/05/2010 14:00]