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Haiti-Séisme/Conférence NY : Des partis d’opposition rejettent le plan gouvernemental de reconstruction

P-au-P., 30 mars 2010 [AlterPresse] --- Des partis d’opposition à l’administration du président René Préval rejettent le plan que le gouvernement haitien présente le 31 mars à la conférence internationale de New York, convoquée par les Nations Unies pour la reconstruction d’Haiti.

La plateforme Alternative, qui regroupe plusieurs partis politiques d’opposition, a déclaré lors d’une conférence de presse ce 30 mars que le plan gouvernemental ne prend pas en considération les opinions des « forces vives de la nation », des universités, des secteurs politiques et de la société civile.

Victor Benoit, président de la Fusion des Sociaux-démocrates et dirigeant de l’Alternative, affirme que cette plateforme ne reconnaît pas le plan du gouvernement, qui, selon lui, n’a rien « d’un véritable plan de reconstruction ».

Il demande à tous les secteurs de se mobiliser contre ce document et préconise un dialogue national afin de pouvoir élaborer un « plan stratégique de développement » au lieu d’un plan « pour revenir à la situation d’avant la crise » humanitaire provoquée par le séisme de janvier dernier.

Plus de 220.000 personnes ont été tuées lors de cette catastrophe qui a également provoqué plus de 300.000 blessés et 1,2 million de sans-abri.

Benoit critique l’« arrogance » du gouvernement qui travaille avec la Communauté internationale et ne prend pas en considération « les avis du peuple sur la manière dont il voit son avenir ».

Il dénonce le fait que le document de l’exécutif mette uniquement en avant quelques axes de développement sans effectuer « une analyse » de la situation.

Pour l’Alternative, le plan ne prévoit aucune mesure pour favoriser par exemple la sécurité alimentaire et un développement national.

De son coté, la présidence a soumis le 29 mars au Parlement une demande de prorogation de 18 mois de l’état d’urgence décrété après le séisme.

Elle demande aux chambres de ratifier la création de la Commission Internationale de Reconstruction d’Haïti (CIRH), qui devra être co-présidée par le premier ministre Jean Max Bellerive et l’envoyé spécial de l’ONU, William Clinton, ex président des Etats-Unis.

Cette commission devrait être constituée de 10 étrangers et 7 Haïtiens de plusieurs secteurs, avec un mandat de 18 mois, avant d’être remplacée par la Régie de Développement de Haïti (RDH).

L’opposition critique cette disposition et souligne qu’il ne reste pas plus que 11 mois à Préval pour boucler son mandat.

Plusieurs autres secteurs, tels que ceux des mouvements sociaux, des organisations civiles, féministes et religieuses ont fait part de commentaires critiques sur le processus conduit par le gouvernement à la veille de la conférence de New York.

La Conférence, intitulée "Vers un nouveau futur pour Haïti", réunira des représentants de plus de cent pays. Elle sera co-présidée par le Brésil, le Canada, l’Union européenne, la France et l’Espagne, les principaux donateurs pour le pays.

Le président René Préval accompagné d’une importante délégation se trouve sur place depuis la soirée du 28 mars. La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, l’envoyé spécial de l’ONU pour Haïti William Clinton et la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères Catherine Ashton participeront à la conférence. [gp apr 30/03/2010 20 :00]