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Haiti-Séisme : Conséquences néfastes attendues sur la sécurité alimentaire

Port-au-Prince, 29 janv. 2010 [AlterPresse] --- La Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) alerte sur les conséquences néfastes qu’aura le puissant séisme du 12 janvier dernier sur la sécurité alimentaire à court, moyen et long terme.

Cette situation est due à l’« impact » du tremblement de terre « sur les marchés, les infrastructures, les déplacements de population, les prix et de nombreux autres facteurs », explique l’observatoire public dans un rapport transmis à AlterPresse.

La CNSA souligne que « la sécurité alimentaire des ménages à Port-au-Prince est principalement affectée à court terme en raison de la perte de revenu, due à une baisse importante d’opportunités d’emplois ».

« Une augmentation du taux de chômage de la population économiquement active (…) constitue donc le facteur le plus aggravant de la sécurité alimentaire des ménages » dans la capitale et ses environs durant les prochains mois, pronostique-t-il.

Avant le séisme, le taux de chômage à Haïti dépassait les 60 pour cent, selon les données officielles.

L’organisme estime également que « la disparition et/ou invalidité des apporteurs de ressources au niveau des ménages affectera les sources de revenu ».

Le séisme du 12 janvier a fait au moins 170.000 mort et 200.000 blessés, dont 2.000 ont été soumis à des amputations.

La CNSA a révélé qu’une grande partie des marchés de Port-au-Prince sont approvisionnés et fonctionnent normalement deux semaines après le séisme, bien qu’on observe une augmentation des prix de plusieurs produits locaux ou importés.

L’organisme prend en exemple la livre de riz, qui est passée de USD 0.50 à USD 0.60 et celle de haricots, de USD 0.70 à USD 0.80 dollars.

La CNSA prévoit que, si l’aide alimentaire est massivement distribuée, dans les prochains mois les prix « vont probablement se stabiliser ou chuter ».

L’organisme estime que dans le reste du pays « la sécurité alimentaire sera affectée par des déplacements massifs de populations vers les zones rurales et urbaines à l’extérieur de Port-au-Prince ».

Selon les dernières données publiées par le Gouvernement, environ 500.000 personnes ont laissé la capitale pour d’autres régions, particulièrement le département de l’Artibonite (nord), qui a reçu plus de 160.000 déplacés.

« Ces déplacements devraient avoir des impacts sur les ressources naturelles et les approvisionnements alimentaires » dans ces régions, souligne l’organisme.

La CNSA signale que la pression sera particulièrement exercée sur le département de l’Artibonite et le Nord-ouest, qui ont déjà souffert de l’« insécurité alimentaire chronique ». [gp apr 29/01/2009 20 :40]