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Haiti-Séisme : La douleur des expatriés haïtiens en Amérique Latine

Par Wooldy Edson Louidor

Barrancabermeja (Colombie), 25 janv. 2010 [AlterPresse]--- De nombreux migrants-es haïtiens-nes vivant dans plusieurs pays d’Amérique Latine, notamment en Colombie, au Venezuela, en Équateur et au Chili, n’ont encore aucune nouvelle de leurs parents et proches en Haïti, suite au puissant séisme qui a frappé la capitale haïtienne et ses environs le 12 janvier dernier, selon les informations compilées par l’agence en ligne AlterPresse.

Des ressortissants haïtiens en Colombie, dont des étudiants, des professeurs, des prêtres et des religieux, ont exprimé à des médias leurs préoccupations qui ne cesse de grandir, vu les difficultés de communication téléphonique entre l’Amérique Latine (plus spécialement l’Amérique du Sud) et Haïti.

Même situation pour des parents et proches de citoyens colombiens et colombiennes qui se trouvent en Haïti. La plupart de ces Colombiennes et Colombiens font partie de la composante policière et civile de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (Minustah), dont le « Quartier général » situé à l’Hôtel Cristopher a été partiellement détruit.

Peu à peu les pays d’Amérique Latine sont en train de recevoir les nouvelles de leurs ressortissants en Haïti. La grande majorité de ces derniers ont été rapatriés dans des avions ou bateaux humanitaires, alors que les autres sont activement recherchés par leurs ambassades en Haïti ou en République Dominicaine et par l’Organisation des Nations Unies (Onu).

L’angoisse…

« Nous prions pour les nôtres en Haïti, nous espérons qu’ils vont bien, quoique nous n’ayons aucune nouvelle d’eux », a déclaré un religieux haïtien à Tv Caracol, l’une des deux plus grandes chaînes de télévision en Colombie.

« Nous suivons ici avec beaucoup d’attention les nouvelles sur le séisme en Haïti en vue de nous informer de l’évolution de la situation dans notre pays », a confié au même canal de télévision un autre migrant, qui a affirmé vouloir revenir en Haïti pour apporter son aide à la population.

Images d’Haiti dans la presse latino américaine

Les médias latino américains montrent un pays totalement dévasté par le séisme et une crise humanitaire sans précédent, faisant des « centaines de milliers de victimes » et « environ trois millions de sinistrés ».

Ce sont réellement des images affreuses qui donnent la sensation d’être en présence d’un film d’horreur : des dizaines de milliers de morts jetés dans des fosses communes, des femmes pleurant jusqu’à perdre la voix, des enfants sous le choc émotionnel, des hommes quémandant de l’aide humanitaire pour pouvoir nourrir les leurs, un chaos total …

Les secouristes, les journalistes et les travailleurs humanitaires dépêchés sur les lieux décrivent comment le « pays le plus pauvre de l’hémisphère occidentale » a été touché par l’une des « plus grandes tragédies que le monde n’ait jamais connue ».

Une solidarité exemplaire

En Colombie le gouvernement, la Croix-Rouge, les différentes églises, les associations de secouristes professionnels, les médias, les organisations non gouvernementales et toute la société civile de ce pays sud-américain (des quartiers les plus pauvres aux plus riches) se sont mobilisés et solidarisés avec la « cause haïtienne ».

Les Colombiennes et Colombiens se sont félicités de cette importante aide fournie à Haïti. Les secouristes colombiens ont été accueillis en héros après avoir contribué à tirer sous les décombres plusieurs survivants.

Si l’image du malheur domine, le sourire des rescapés, dont des enfants et des vieillards, la joie de leurs parents et de leurs proches, les applaudissements aux sauveteurs, semblent représenter une note d’espoir. [wel gp apr 25/01/2010 21 :00]