Paul Laraque : Eclaireur de l’aube nouvelle et construction d’Haïti par nous-mêmes

Par Franck Laraque [1]

Soumis à le 4 novembre 2009

« Sous-traitance, Hélas !
Parc industriel-zone franche, Holà ! »

Les mêmes causes produisent les mêmes effets

Sous-traitance

La prétendue « révolution économique » de Jean-Claude Duvalier basée sur l’avantage comparatif de la main- d’œuvre bon marché, prônée par l’ambassadeur américain et la Banque mondiale, a eu pour résultats notoires : le vol de plus d’un milliard 500 millions de dollars américains par Jean-Claude et sa famille, l’enrichissement de ses ministres, de quelques industriels et entrepreneurs, la tragédie des boat-people (fugitifs de la mer) qui a largement contribué au renversement de l’exécrable dynastie duvaliériste, l’explosion des bidonvilles avec leurs centaines de milliers de miséreux à Cité Soleil, Cité Caton, Brooklyn, Martissant, etc. Comme l’écrit Claire McGuigan :

La libéralisation du commerce a rapporté peu de bénéfices au pays. Tous les bénéfices sont réalisés principalement par un petit nombre d’hommes d’affaires privilégiés qui sont devenus impliqués dans le commerce comme importateurs. Alors que l’élite locale des affaires réalise des bénéfices, de lourdes pertes ont été enregistrées en milieu rural (… ) La baisse de l’économie rurale a provoqué un exode massif de la population des zones rurales. Cette situation a un impact négatif sur les zones urbaines, entraînant une augmentation de la population des bidonvilles et une détérioration épouvantable des conditions de vie. [2]

Sergio Ramirez, lui aussi, constate :

Puis la déforestation, les ouragans, les maquiladoras (usines où l’on assemble à moindre coût des marchandises destinées à l’exportation) et le traité de libre-échange avec les Etats-Unis, qui a mis fin à ce qu’il restait d’agriculture, ont encore accéléré les déplacements.

Ce qui frappe encore plus que la misère elle-même, c’est l’acceptation de la misère, sa
normalisation. Des gens vivent entre des montagnes d’ordures qui s’amoncellent mois après mois, année après année, sans que personne se préoccupe de les ramasser, d’autres sur les berges de torrents d’eau sale. Faute de latrines, certains font leurs besoins dans les bassins d’eau que vient ensuite renouveler la marée. Et tout cela est devenu normal… On dirait que les habitants ont oublié les ordures, les détritus, les taudis dans lesquels ils vivent, et que le gouvernement –toujours invisible- les a oubliés
pour toujours ou omet de se souvenir d’eux. [3]

Ces constatations confirment ce que le frère Francklin Armand a observé à Cité Caton :

Venise des bidonvilles, baignée par une lagune d’eau stagnante, Cité Caton a un pied dans la mer, l’autre dans la fange. Pour pallier l’absence de canalisations, certains occupants ont construit leur abri au-dessus de vagues rigoles qui deviennent, à la première averse, de véritables torrents de déjections, emportant dans leurs relents méphitiques tous les espoirs de sortir de ce cloaque. D’autres font tenir tant bien que mal, à même un sol noyé sous les détritus que la côte et la ville rejettent, leurs « murs » de carton, de grillage et de tôle ondulée peinte, car dans les pires conditions, l’Haïtien reste un esthète, amoureux des couleurs et de la vie. [4]

Ce même néolibéralisme, armé de sa globalisation et de sa privatisation gloutonnes, a causé
la dévastation de nos régions rurales, dont trois exemples : SHADA, la Plantation Dauphin et la Plaine de Maribaroux.

SHADA
La Société Haïtiano-Américaine de Développement Agricole (SHADA) a reçu le contrat exclusif
de la production et de l’exportation du caoutchouc naturel dans toute la République et à bail pour 50 ans cent cinquante mille acres de terre pour la production et la coupe d’arbres
nécessaires pour les bois de charpente avec le droit d’expropriation. La SHADA a exproprié les
paysans, détruit les plantations agricoles, les arbres fruitiers, ruiné l’économie du pays, sans
jamais accorder de compensation pour les énormes dommages causés.

Plantation Dauphin
Après l’abandon des plantations de sisal et de l’élevage par la Plantation Dauphin et le refus du gouvernement d’affermer les 39 000 carreaux de terre aux paysans du Nord-est, cet espace est livré à l’avidité de spéculateurs qui achètent à bas prix pour revendre plus tard à profit, malgré le cri d’alarme d’Eric Pierre. [5]

Plaine de Maribaroux
Ces zones franches qui offrent salaires scandaleusement dérisoires, exonération d’impôts, rapatriements des profits, ont des conséquences catastrophiques pour les fermiers de la plaine de Maribaroux et des régions avoisinantes. Ils sont dépossédés de leurs terres fertiles et sont aux abois. D’après Alex Dupuy, la compensation offerte par le gouvernement et le salaire qu’ils recevront, s’ils sont embauchés, seront inférieurs au revenu de leurs 1200 acres expropriés, un revenu estimé entre un million et 2.4 millions de dollars( américains), qui aurait pu être plus élevé s’ils avaient bénéficié de crédits agricoles et d’un système d’irrigation . [6], ne peut donc que produire les mêmes effets : une apparence de relance économique qui masque un minuscule îlot de bien-être au centre d’un Port-au-Prince devenant de plus en plus un immense bidonville dévorant.

Le facétieux Clinton a profité de l’occasion pour montrer ostentatoirement qui dirige
le pays : « Est-ce que cette affaire c’est du sérieux ou est-ce seulement un spectacle ? Non ce n’est pas du spectacle, mais c’est grâce à votre aide que nous pourrons réussir. » (C’est nous qui soulignons).

Mais il ne suffit pas de dénoncer et de rejeter le néolibéralisme, il faut ébaucher un mouvement de construction du pays avec un changement radical structuré et planifié par nous-mêmes, d’abord en fonction de nos ressources humaines et naturelles, et avec le concours de pays solidaires et fraternels qui font preuve de leur détermination à prendre leur destin dans leurs propres mains, en pleine souveraineté.

Paul Laraque : Eclaireur de l’Aube Nouvelle
La commémoration de la vie et des œuvres de Paul a eu lieu à Poetry House et à York College en 2007, au Bowery Poetry Club et au local de Haïti Liberté en 2008. En cette année 2009, les amis et la famille Laraque ont choisi de donner une plus grande portée à une telle commémoration. Elle a lieu à York College le 23 octobre 2009 et comprend deux parties. Une première partie est consacrée à la vie de Paul, à ses œuvres, et en particulier à Paul comme l’éclaireur, le guide d’un changement radical en Haïti en faveur des masses dans le contexte d’une justice égalitaire et d’une répartition équitable des richesses du pays. En fin de compte le rejet du capitalisme pour l’instauration du socialisme selon nous par les voies démocratiques, pacifiques, utilisées au Venezuela, en Bolivie, en Equateur et au Brésil.

Plusieurs participants mettront l’accent sur les différents thèmes et originalités de ses œuvres, et en particulier traiteront du livre qui est une gerbe de témoignages rendus à Paul et à Marcelle, son inspiratrice.

Construction d’Haïti par nous-mêmes
Au cours de la deuxième partie, des intervenants et nous, offrirons des solutions concrètes à différents aspects de la crise haïtienne. Nous choisirons des recommandations de certains de nos écrits et d’autres offertes par des analystes intéressés au sort de notre pays.

En effet, dans Défi à la Pauvreté [7] Franck Laraque. Défi à la Pauvreté. Montréal : CIDIHCA, 1987]] (où nous avons tenté de combiner la théorie et la pratique, opinions d’experts et voix des rues. Voix dont on se fait rarement l’écho), nous avons montré la future débâcle du libéralisme économique aux Etats-Unis, la présente débâcle à la Jamaïque, en Haïti et au Zaïre, recommandé l’internalisation (l’intériorisation) du processus de croissance dont deux des éléments essentiels sont :l) le développement ou économie des ressources humaines et 2) le développement de l’agriculture ou de la terre et la distribution équitable des richesses. Nous avons consacré de longs fragment aux priorités à court terme ou urgentes et aux priorités à long terme.

Priorités à court terme ou urgentes
Quelques exemples : ouverture de travaux publics pur le nettoyage des bidonvilles ; la collecte des détritus, la réfection des canaux, l’épuration des rivières et cours d’eau, la construction et l’entretien des routes de desserte, l’aménagement des dépotoirs ; un repas une fois par jour aux enfants, vieillards, femmes, indigents et chômeurs. Des constructions légères et provisoires serviront de réfectoires. Etablissement de dortoirs provisoires facilement démontables et de grandes tentes. Aménagement de centres de distribution d’eau gratuite. Construction d’îlots sanitaires dans les quartiers les plus pauvres tels que le Bel Air, la Saline et Brooklyn ; campagne dynamique pour la restitution au pays des millions de dollars en cash et biens immobiliers volés par les Duvalier, duvaliéristes et fonctionnaires des gouvernements précédents ; obligation aux propriétaires de maisons qui habitent les collines et mornes déboisés et surtout les zones réservées de planter des arbres immédiatement. ; relance du tourisme international et création d’un tourisme national. Une politique touristique n’aura aucun résultat tant que des mesures sanitaires élémentaires recommandées dans les paragraphes précédents ne sont pas adoptées. Lutte contre la contrebande. Appui total au mouvement de l’égalité des femmes ; transformation des médias pour qu’ils passent de l’étape actuelle de dépendance et de tremplins politiques à celle de médias indépendants au service du peuple .

Priorités à long terme
Elles se conçoivent toutes dans le cadre d’une politique absolue vis-à-vis du peuple. Lui dire la vérité en tout temps. Ne pas le décevoir avec des promesses de changements miraculeux. L’adoption d’une politique de mobilisation et d’unité du peuple qui le place au centre des décisions et actions du gouvernement ; l’adoption d’une politique tournée vers l’intérieur, c’est-à-dire la satisfaction des droits fondamentaux du peuple

Quelques priorités fondamentales : Agriculture. La réforme agraire est au cœur du développement Elle ne signifie pas seulement la reconnaissance du droit de propriété et la distribution des terres aux paysans, mais aussi l’élimination planifiée du système « de-moitié »,
l’accroissement de la productivité, l’irrigation, l’entreposage, la distribution rationnelle des 39 000 carreaux de terre (ancienne Plantation Dauphin) aux paysans, tout en évitant le piège de la création d’une bourgeoisie terrienne ou d’une atomisation du sol, le reboisement et avant tout l’arrêt du déboisement, l’irrigation de nos 50,000 à 100,0000 carreaux de terre irrigables et non irriguées. Prospections pour un relevé de nos ressources minières et pétrolières. Possibilité d’amorcer un processus d’industrialisation.

Relations extérieures
Le rejet de la tutelle et l’affirmation de la souveraineté nationale. L’abolition des dettes et charges financières. Une politique interne et externe conforme à nos intérêts nationaux.
Le développement culturel : la valorisation de notre peinture, de notre musique, de notre langue, de nos danses. Destruction du concept du leader messianique et l’option du leadership collectif. Les affaires de l’Etat sont les affaires de tous. Autrement, pas de contrôle, et les vols continuent.

Conscientisation économique
« L’Incontournable impératif d’une conscientisation économique » [7] indique la nécessité pour tous de connaître le budget et pour les masses de participer à son élaboration et à son contrôle pour la défense de leurs intérêts. On y trouve également les moyens de combattre la corruption des dirigeants politiques et économiques, le mythe du marché libre, et le besoin de faire appel à nos experts de l’ECOSOF S.A.(Experts- conseils en Economie, Finance, Gestion et Société) et à nos agronomes expérimentés.

La Fondation Groupe 73 est arrivée à deux conclusions extrêmement encourageantes :1) Il est possible d’intensifier la culture du riz sans engrais avec le SIR une technologie miracle (intensive en main-d’œuvre) 2) Le système d’intensification du riz (SIR) implanté en Haïti peut permettre d’atteindre un niveau de production nationale de 35 000 TM (tonnes métriques) de riz blanc. [8]

La Fondation groupe 73 insiste sur la mise sur pied d’un programme de « construction de grands canaux de déversion des eaux de ruissellement comme ceintures de protection tant dans les zones rurales que dans les zones urbaines. Nous l’avons expérimenté pendant 4 ans à la Gonave avec l’agronome René Ambroise... avec des résultats spectaculaires » [9]

Max Manigat dans une série d’articles publiés dans le journal « Haïti en Marche » a recommandé, qu’à l’exemple de certains pays de l’Afrique, Haïti introduise de nouvelles habitudes alimentaires comme la consommation de feuilles de manioc et de patate, de la papaye verte en salade ou en légume, de pois chiche ainsi que le retour à une production abondante de manioc pour la production de bobori, de cassave, de biscuits, le retour à l’akasan et sa modernisation, la régénération des sols avec la Savane Désolée comme terrain expérimental.

Michel Philippe Lerebours plaide pour la restauration des nombreux vestiges des habitations sucrières dominguoises [10] et particulièrement la restauration et le maintien des aqueducs pour l’irrigation. Ce sont des lieux historiques de réflexions et de connaissances, capables d’être des centres importants pour le développement du tourisme national et international.

L’article de Jean Eric René « Solutions à court terme pour Haïti » [11] offre des solutions concrètes couvrant plusieurs domaines. Découvrant que les boulangeries, blanchisseries, usines d’huile essentielle, guildives, la fabrication du charbon, les fourneaux à chaux sont les plus grands consommateurs de bois, il conclut qu’un simple décret du gouvernement peut obliger ces grands mangeurs de bois à utiliser du fuel comme combustible pour leur permis de fonctionnement. Donnant comme référence un rapport de la SOFREMINES (sans malheureusement donner le lieu de publication), il affirme que des gisements de lignite ou charbon naturel, estimés à des millions de mètre cube, ont été localisés à Ravine Sable (Maïssade), à Camp Perrin (Cayes) et des gisements de moindre importance dans les régions de Nan Bois Pin. Il avance également que les compagnies canadiennes Sainte Geneviève et KWG ont identifié en Haïti 10 sites de gaz naturel.

Marilise Rouzier met l’accent sur le danger de la disparition des plantes médicinales, si importantes surtout pour les masses haïtiennes, par la dégradation de l’écologie. Elle insiste sur
« cette précieuse richesse culturelle que représente le savoir-faire phytothérapique, c’est-à-dire ces connaissances que nous ont léguées nos ancêtres sur la façon de traiter les maladies par les plantes ». [12] Elle donne les noms de plantes utilisées par la plus grande partie de la population pour des maladies spécifiques. La liane savon (Gouania lupuloides) contre la conjonctivite, le Mombin, le citron, l’aloès et le basilic contre les affections des yeux ; contre l’anémie : la Liane panier(Chamissoa) qui a une haute teneur en fer et aussi les pois, épinards, cresson. L’assorossi, le lila, lalwa, le bois blanc, contre la gratelle ou dermatose. La biologiste qu’est Marilise Rouzier termine son article par les considérations suivantes en faveur d’une action vigoureuse et collective contre le déboisement et la préservation de l’environnement en général :

La plus grande partie de la population ne dispose jusqu’à présent que de ces ressources en matière de santé. En Haïti où les pouvoirs publics ont tant de mal à prendre en main les besoins des populations et où l’offre de services sociaux de base est si faible, ce savoir constitue un premier rempart dans le domaine de la santé et sert de protection contre bon nombre de maladies qui sans cesse nous guettent dans les conditions d’hygiène prévalant.

Les plantes ont de réelles propriétés thérapeutiques, aussi valables que les remèdes à base de produits synthétiques. En général, elles provoquent beaucoup moins d’effets secondaires que ces derniers.

L’Eau
La pénurie d’eau, sa pollution, sa distribution anarchique et inéquitable font l’objet d’une analyse approfondie et révélatrice de la part de Pierre Jorès Mérat, géographe, enseignant/chercheur. [13] On se demande avec angoisse pourquoi le gouvernement n’en tient pas compte ou est-ce la peine de se poser la question devant une incurie généralisée ? Selon lui il ne se pose pas en Haïti un problème de ressources en eau mais plutôt un problème d’accès à cette ressource vitale. Il fait une description détaillée de la de ses richesses (îles et îlets, la faune et la flore) de sa pollution et les pollueurs, principalement trois types de pollution : 1) par les déchets ménagers 2) la pollution bactériologique ou pollution fécale 3) la pollution chimique ( fertilisants et engrais qu’exigent les cultures nouvelles telles que haricot, tomate, aubergine, banane, tabac) et industrielle( usines agro-alimentaires, distilleries, brasseries , huileries, laboratoires pharmaceutiques, stations d’essence, garages et « les deux terminaux pétroliers installés l’un au nord de la baie (La Saline), l’autre au sud à Bizoton ») . Mérat désigne les éléments pollués : l’eau de mer, les coraux, la faune, la contamination des poissons par le zinc, le plomb, le cuivre, le DDT et les hydrocarbures, ainsi que les zones les plus polluées. Il examine les conséquences sur le plan économique et le plan social. Il fait aussi des recommandations pertinentes : la destruction du concept : « le tout à la mer », et 12 actions, car il faut, à la place de la restauration essentiellement coûteuse, une politique de prévention. Et il conclut que « Contrairement au village de Fond-Rouge, ce n’est pas la terre qui divise les gens mais leur accès(ou non) au précieux liquide ».

Toutes ces actions ou mesures recommandées plus haut exigent évidemment des millions de dollars que selon les dirigeants politiques et économiques, partisans du statu quo dont ils sont les seuls à bénéficier, l’Etat haïtien n’a pas. D’où la nécessité d’investissements étrangers sous la férule de l’étranger qui impose un néolibéralisme criminel dont nous avons vu les effets
en Haïti comme partout dans le Tiers-Monde. Nous avons dans « Démanteler la Corruption et Construire Haïti par Nous-Mêmes » [14] prouvé la fausseté d’une telle assertion. En effet, nous avons indiqué que la réduction de dépenses onéreuses , injustifiées, et l’accroissement de nos revenus peuvent procurer des centaines de millions de dollars que nécessitent des investissements dans les domaines de notre choix , indiqués dans les recommandations concrètes signalées plus haut.

Réduction des dépenses
Elimination de sinécures parmi les 52 135 employés de l’Etat ; réduction du nombre de consuls, d’ambassadeurs adjoints, de conseillers ; élimination des programmes et projets qui ne sont pas strictement destinés à la production nationale mais aux frais des ministres, fonctionnaires, députés et sénateurs ; réduction aussi du nombre de ministres et de secrétaires d’Etat et des frais alloués à la présidence. Ces réductions des dépenses pourraient être dans l’ordre de 150 à 200 millions de dollars US. A cela il faut ajouter l’élimination des intérêts et charges financières des dettes, soit 108 millions de dollars US .

Accroissement des revenus
Augmentation des taxes à l’importation des produits étrangers ( un ratio de 130% réduit à entre 3% et 10% a causé l’effondrement de la production nationale) ; collecte d’impôts sur le revenu de contribuables récalcitrants ; contributions financières de la diaspora mobilisée et convaincue de l’intégrité d’une relance économique ; apport dans le Trésor public des revenus des entreprises publiques autonomes : AAN, APN, BPH, EDH,OAVCT, TELECO en plus des droits de douane et taxes locales. Nous estimons que la réduction des dépenses et l’accroissement des revenus équivaudraient à un montant d’au moins 350 millions de dollars.

L’économiste Leslie Péan propose le concept économique de la titrisation des transferts financiers de la diaspora qui mettrait des milliards de dollars à la disposition du pays. Voici en utilisant plus ou moins ses propres expressions un résumé de sa proposition qui mérite d’être examinée sous toutes ses coutures.

Titrisation
La titrisation est une opération complexe, et à risques, mais capable de générer de grandes sommes d’argent pour le développement d’Haïti. Le Salvador, le Guatemala et Costa Rica ont utilisé plusieurs titrisations des transferts financiers des émigrants qui ont fourni des milliards de dollars pour la construction de routes, de logements, l’agriculture etc. La titrisation consiste « à créer des titres financiers pouvant être cotés et vendus sur les marchés internationaux de capitaux…La titrisation est un dispositif innovateur qu’Haïti pourrait utiliser pour rehausser la capacité du pays à avoir accès au capital sur les marchés financiers internationaux. Essentiellement, Haïti peut emprunter de ses propres fils en titrisant les futurs transferts financiers de sa diaspora et en émettant des bons indexés sur ces transferts. Deux ou trois banques locales associées à des maisons de transferts paraissent réunir les conditions pour vendre les transferts futurs de la diaspora. .. » . [15]

Nous avons tenu à mentionner cette intervention dans l’espoir que des experts financiers et économistes progressistes l’étudient et déterminent dans quelle mesure une telle innovation financière peut être utilisée pour un développement communautaire durable favorable à l’épanouissement des masses urbaines et rurales.

Nous espérons que ces quelques notions lancées rapidement contribueront à des débats pour une réorientation d’une voie concrète à suivre pour aider à la renaissance d’Haïti.

12 octobre 2009