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Changements climatiques : Préserver les acquis du développement coutera 0.1% du Pib des pays riches, selon Oxfam

P-au-P, 17 sept. 09 [AlterPresse] --- Les changements climatiques menacent d’anéantir les derniers progrès en terme de développement dans les pays pauvres, selon l’organisation non gouvernementale (Ong) Oxfam.

L’organisation internationale plaide pour une rationalisation des fonds alloués à l’adaptation aux changements climatiques dans un rapport, publié ce mercredi 16 septembre 2009 et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

La multiplication des chocs climatiques, alliée à la vulnérabilité de certaines régions du monde, a déjà eu des incidences irréversibles sur la vie des populations et risquent « d’annuler les récents progrès ».

Modifications du rythme des saisons, pluviosité imprévisible et des saisons de culture plus courtes sont les conséquences des changements climatiques qui affectent le développement humain.

Loin d’être atteints, les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), fixés pour 2015, ont déjà fait bénéficier des millions de personnes de l’aide au développement, estime l’organisation.

Avant les « émeutes de la faim » en 2008, le taux de personnes victimes de la faim dans le monde était passé de 20% à 16%. Et, entre 1999 et 2005, le nombre de personnes dans le monde vivant dans l’extrême pauvreté est passé de 1/3 à ¼.

Si rien n’est fait, le risque de voir « un renversement complet du développement humain » durant la période post-2012 est énorme, prévient Oxfam.

Dans un précédent rapport publié en mai 2009, l’Ong mettait en garde contre une augmentation de 54% du nombre de personnes affectées par les crises climatiques, notamment en Haïti.

D’ici 2015, 375 millions de personnes pourraient ainsi être touchées chaque année par les catastrophes climatiques.

Or, les pays vulnérables disposent de moyens peu surs, voire d’aucun, pour faire face à ces prévisions qui les concernent en premier lieu.

Les stratégies, développées par les pays donateurs face aux changements climatiques, viennent renforcer ces effets négatifs sur le développement.

L’adaptation aux changements climatiques concerne l’ensemble des infrastructures que les communautés mettent en place continuellement pour réduire leur vulnérabilité aux catastrophes climatiques.

La tendance actuelle, surtout dans la zone euro, est de privilégier l’adaptation aux changements climatiques sur le développement, car, selon les dirigeants, il s’agit d’une seule et même réalité.

L’option la plus répandue actuellement est de prélever sur l’aide publique au développement (Apd) pour appuyer cette adaptation.

Pour Oxfam, une telle stratégie est préjudiciable aux plus défavorisés. 75 millions d’enfants en souffriraient sur le plan scolaire, et 8,6 millions de personnes seraient privées de médicaments contre le Vih.

Les fonds doivent être augmentés et non détournés pour aider les pays pauvres à s’adapter aux changements climatiques, selon l’Ong internationale qui dénonce le détournement de promesses d’aide au développement au profit du financement de la "dette climatique" que les pays riches gros émetteurs de gaz carbonique (Co2) ont à l’égard des pays pauvres.

Par ailleurs, elle dénonce les mécanismes mis en place pour l’acheminement de l’aide qu’elle juge complexes, parce qu’il est assuré par « l’enchevêtrement de différents canaux bilatéraux et multilatéraux » eux-mêmes administrés par des organisations diverses comme le fond pour l’environnement mondial(Fem) ou la conférence des parties(Cop).

Le financement actuel, accordé à l’adaptation, est insuffisant et les promesses d’aide ne sont pas respectées par les pays riches.

Face à cette situation, une certaine méfiance s’est installée dans les pays en développement, ce qui pourrait réduire les chances de sortir avec des solutions convaincantes au sommet international des Nations unies sur les changements climatiques à Copenhague en décembre prochain, craint l’Ong.

La solution, selon Oxfam, serait d’accorder « immédiatement » 50 milliards de dollars par an à ces pays afin de les aider à développer des stratégies d’adaptation. Cet argent serait alloué à travers un fond pour l’adaptation, à l’image du fond mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme créé en 2002.

« Pour une somme correspondant à seulement 0.1 pour cent du Produit interieur brut (PIB) des pays industrialisés, un investissement immédiat et additionnel en faveur de l’adaptation permettrait de se prémunir contre les catastrophes futures et ainsi assurer un avenir plus stable, plus sur et plus prospère », lit-on dans le rapport.

Le rapport d’Oxfam permet de poser la question du changement climatique, à trois mois environ de la conférence de Copenhague qui doit avoir lieu du 7 au 18 décembre 2009.

Le grand défi de cette conférence est d’obtenir des pays riches un accord qui maintient l’augmentation de la température de la planète en dessous de 2 degrés, ce qui éviterait des conséquences irréversibles sur le climat.

170 chefs d’État y sont attendus pour renouveler leur engagement en faveur de la réduction des gaz à effets de serre, principaux responsables des changements du climat. [kft mm apr 17/09/2009 12:15]