Haïti-Salaire minimum : Une organisation universitaire appelle à la poursuite de la mobilisation

P-au-P, 12 août 09 [AlterPresse] --- L’association des universitaires dessaliniennes et dessaliniens (Asid) convie les organisations de tous les secteurs à rester mobilisées pour obtenir la libération des étudiants Guerchang Bastia et Patrick Joseph (arrêtés au cours d’une manifestation le 10 août) et faire maintenir le vote en faveur d’un salaire minimum journalier de 200.00 gourdes (environ 5 dollars américains ; U$ $ 1.00 = 41.75 gourdes) en Haïti.

« Un acte illégal, immoral et arbitraire » : c’est ainsi que l’organisation Asid qualifie, dans une note de protestation transmise à l’agence en ligne AlterPresse, l’arrestation des deux jeunes gens, âgés respectivement de 22 ans et de 36 ans, interpellés lundi matin 10 août dans l’aire du parc métropolitain (Port-au-Prince) de la Société nationale des parcs industriels (Sonapi), au moment ou ils appelaient les ouvrières et ouvriers à manifester de nouveau pour les 200.00 gourdes.

« La présence de ces jeunes devant le parc ne mettait ni la vie, ni les biens de quiconque en danger. Ils étaient pacifiques, ce qui explique d’ailleurs la réaction des ouvrières et ouvriers qui n’ont pas pris de temps pour, immédiatement après cette arrestation, sortir dans les rues et revendiquer la libération sans condition de ces deux jeunes garçons », rappelle Asid.

En procédant à l’arrestation de ces deux jeunes, le commissariat de Delmas 33 de la police nationale d’Haïti (Pnh) aurait répondu aux ordres de la présidence et de la bourgeoisie, selon l’organisation universitaire.

Asid crie au « complot » et au « scandale moral » en se référant aux déclarations (dans les médias) du commissaire de police Carl Henry Boucher, selon lesquelles il s’agissait d’ « une interpellation et non d’une arrestation », et que « quoi que ce soit » n’aurait été « reproché aux étudiants ».

« Tous ceux qui croient dans une société sans injustice doivent rester mobilisés pour exiger la libération de Guerchang Bastia et Patrick Joseph, qui sont deux innocents ».

Asid dénonce également les actes d’intimidation et de pression qu’aurait subis la famille des deux étudiants de la part des autorités.

Après l’arrestation des deux militants le lundi 10 août , des manifestations violentes ont eu lieu à Delmas 33 (municipalité au nord-est de la capitale) et à l’avenue Christophe (centre de Port-au-Prince).

Le mardi 11 août, une autre manifestation pour le maintien des 200.00 gourdes de salaire minimum a été dispersée par la police à coup de gaz lacrymogènes.

Entre-temps, les patrons de la sous-traitance, par l’intermédiaire de l’association des industries d’Haïti (Adih), ont décidé d’observer un arrêt de travail, les 11 et 12 août, en signe de protestation et de revendication pour une sécurité institutionnelle de leurs entreprises ainsi que pour une garantie des investissements propices à la création d’emplois. [kft rc apr 12/08/2009 10 :05]