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Haïti : Une marche de milliers de personnes pour la protection de l’environnement, perturbée par des étudiants

P-au-P, 17 juillet 09 [AlterPresse] --- Environ une vingtaine d’étudiants ont tenté de perturber, le vendredi 17 juillet 2009, une marche de milliers de personnes ayant gagné les rues de Port-au-Prince, pour attirer l’attention sur les désastres écologiques qui menacent le pays et plaider en même temps pour la protection de l’environnement, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Ces étudiants de l’université d’Etat d’Haïti (Ueh), qui ont infiltré le mouvement dès le début, scandaient des slogans en faveur de l’application de la loi sur le salaire minimum de 200.00 gourdes (environ 5.00 dollars américains ; US $ 1.00 = 41.50 gourdes aujourd’hui) votée par le Parlement, mais objet de controverses au niveau de divers secteurs.

« Un ouvrier, qui gagne moins de 200.00 gourdes par jour, pourrait être victime en cas de désastres naturels, parce qu’ils sont condamnés à vivre dans les zones à risque », ont-ils fait savoir.

Les critiques des étudiants se sont également dirigées vers le secteur des affaires qui s’oppose à l’idée de porter le salaire minimum journalier à 200.00 gourdes.

« Le plus important, c’est de construire l’environnement social avant de penser à l’environnement physique », suggèrent ces étudiants contre-manifestants.

Le comportement de ces étudiants a vertement été désapprouvé par les initiateurs de la marche en faveur de l’environnement, qui n’ont pas pu délivrer le message de circonstance devant le siège du ministère de l’environnement au haut de l’Avenue Jean-Paul II.

Incapables de mobiliser des gens, ces étudiants se greffent sur un mouvement composé en majeure partie de travailleuses et travailleurs, d’ouvrières et ouvriers en faveur de la protection de l’environnement, estiment les organisateurs de la marche.

Convoquée par un collectif dénommé « Mouvman moun pou Ayiti Bèl » (MMAB-Mouvement de citoyennes / citoyens en faveur d’une belle Haïti), cette marche en faveur de l’environnement a réuni des Haïtiennes et Haïtiens de toutes les couches sociales.

Des artistes, des écrivains, des stars de cinéma, des musiciens se sont joints à ce mouvement, dont le coup d’envoi a été donné à la place Dessalines au Champ de Mars, principale place publique de la capitale à proximité du palais présidentiel.

Sur certaines pancartes, brandies par les manifestants, le message était clair : « Pa koupe pyebwa, pa jete fatra nan lari a pou nou ka viv nan yon bon anviwònman : Ne coupez pas les arbres, ne déversez pas les ordures sur la chaussée si nous voulons vivre dans un environnement sain ».

D’une voix unanime, les participantes et participants à la marche affirment croire en une Haïti verte. Voilà pourquoi ils demandent aux citoyennes et citoyens du pays de s’impliquer davantage dans la lutte pour la sauvegarde de l’environnement.

« Nous profitons de cette marche pour annoncer, pour le 23 juillet prochain, la mise en terre de 10 mille plantules au Morne-l’hôpital [Ndlr : qui surplombe la capitale au sud-est). Nous invitons d’autres organisations à se joindre à nous », appelle Joseph Anthony Desmaret, ancien maire adjoint de Spring Valley (USA) et président de la Haitian Diaspora organization foundation (HADOF).

Michel Martelly, du groupe Sweet Micky, l’actrice Jessica Généus, la chanteuse Stéphanie [Tifane] Séjour et le cinéaste Arnold Antonin ont tous dit « non au suicide collectif, oui à la protection de l’environnement » lors de cette marche infiltrée par des étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti.

La marche en faveur de la protection de l’environnement a été déviée de ses objectifs. Durant tout le parcours jusqu’au ministère de l’environnement, les étudiants ont exigé à tue-tête la publication de la loi sur le salaire minimum.

Dans le message circonstanciel qu’ils avaient à délivrer, les organisateurs entendaient inciter les autorités haïtiennes à « allouer une enveloppe budgétaire, significative et à la hauteur de la catastrophe écologique en cours, à partir d’objectifs concrets, vérifiables et mesurables en termes de résultats ».

Pour empêcher de nouvelles catastrophes au pays, les organisateurs de la marche du 17 juillet estiment nécessaire de « se fixer des priorités simples et claires, afin de diminuer la pression sur les ressources ligneuses, garantir les services environnementaux, particulièrement la fourniture d’eau potable, et relancer la production agricole pour éviter la famine généralisée ».

La marche du « Mouvement de citoyennes / citoyens en faveur d’une belle Haïti » a été suivie par des militants de droits humains et d’autres responsables d’organisations sociales.

Une telle initiative devrait porter les Haïtiennes et Haïtiens de toutes les catégories sociales à réfléchir sur les problèmes écologiques qui menacent la société haïtienne, suggère un jeune.

Ce dernier considère nécessaire de continuer à plaider en faveur de l’élimination des déchets en plastique dans le pays, tout en conseillant aux entreprises de chercher une alternative plus écologique dans la gestion de ce type de résidus. [do rc apr 17/07/2009 15 :30]