Haïti-Coopération-Clinton : Fidel Castro met en garde contre toute velléité d’improvisation

 
P-au-P, 25 mai 09 [AlterPresse] --- L’ancien dirigeant cubain, Fidel Castro Ruz, met en garde contre toute tentative d’improvisation dans la coopération internationale avec Haïti, suite au choix par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, de l’ancien président étasunien, Bill Clinton, comme émissaire spécial pour la république caribéenne, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Sans émettre d’opinion formelle sur l’impact de la décision de l’Organisation des Nations Unies (Onu), le révolutionnaire, depuis 2008 à la retraite dans la conduite des affaires de son pays, préfère focaliser ses réflexions sur le cadre de la coopération cubaine avec Haïti.

 

Dans cette réflexion intitulée « Nada se puede improvisar en Haití : On ne peut rien improviser en Haïti », dont a pris connaissance AlterPresse, l’ex-dirigeant castriste attire, d’entrée de jeu, l’attention sur la nomination de l’ancien président américain William Jefferson Clinton au poste d’émissaire des Nations Unies pour Haïti.
 

Fidel Castro dit être informé de cette nomination par un communiqué de presse qui a mis l’accent sur l’engagement philanthropique de Bill Clinton à Haïti à travers sa fondation Clinton Global Initiative.
 

Après être passé à vol d’oiseau sur les inondations dévastatrices de 2008 en Haïti, qui ont suscité l’intérêt de la communauté internationale à s’engager davantage en Haïti, Castro fait une mise en contexte de la coopération haïtiano-cubaine.
 

Les Haïtiens ne sont pas responsables de leur actuelle situation de pauvreté, ils sont cependant les victimes d’un système imposé au monde, selon Fidel Castro qui a également passé en revue les deux cents ans de l’Indépendance haïtienne après avoir fait un bref rappel sur l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique en 1776.
 

« Ils n’ont pas inventé le colonialisme, ils n’ont pas inventé le capitalisme, ils n’ont pas inventé l’impérialisme, l’inégalité des échanges, le néolibéralisme et les formes d’exploitation et de pillage qui ont régné sur la terre au cours des 200 dernières années », souligne Castro.
 

Vieille déjà depuis de 10 ans, la coopération haïtiano-cubaine a pris naissance peu après le passage des cyclones George et Mytch dans les Caraïbes et en Amérique centrale.
 

René Garcia Préval était président d’Haïti lorsque le premier contingent de 100 médecins cubains arrivèrent à Port-au-Prince en décembre 1998. Par la suite, le nombre de spécialistes cubains de la santé en Haïti a atteint plus de 600, signale Fidel Castro.
 

C’est dans ce contexte que l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) a été créée.
 

Cette école, rappelle Castro, accueille actuellement plus de 12 mille jeunes venant de plusieurs pays latino-américains. Des centaines de bourses d’études sont depuis lors accordées aux jeunes Haïtiens à la Faculté de médecine de Santiago de Cuba, l’une des plus importantes du pays.
 

Fidel Castro constate l’augmentation des écoles primaires en Haïti ainsi que la motivation des familles haïtiennes à envoyer leurs enfants à l’école.
 

Les étudiants haïtiens, sélectionnés pour étudier la médecine à Cuba, ont reçu une bonne formation de base, indique l’ancien président cubain.
 

Fidel Castro parle aujourd’hui de plus de 800 médecins haïtiens formés à Cuba qui assistent la population haïtienne.
 

Plus de 400 professionnels cubains de la santé offrent également des services gratuits dans les dix départements géographiques d’Haïti avec une couverture médicale dans 127 communes, ajoute Castro.
 

Dans les trois centres ophtalmologiques établis dans le pays, les médecins cubains ont déjà opéré 37,109 patients. Ceux qui ne pouvaient pas être opérés en Haïti sont transférés à Cuba où ils reçoivent des services gratuits.
 

Fidel Castro fait ressortir, par ailleurs, le niveau de la coopération économique et énergétique du Venezuela avec Haïti qui a déjà porté des fruits.
 

« Le plus important, c’est la mise en place des nouvelles formes de coopération dont ce monde égoïste a tant besoin. Les organismes des Nations Unies peuvent attester que Cuba apporte ce qu’ils qualifient de Programmes de santé intégraux », estime Fidel Castro.
 

« On ne peut rien improviser en Haïti, et rien ne sera le fruit de l’esprit philanthropique d’aucune institution », insiste l’ancien dirigeant castriste qui commentait la récente nomination de Bill Clinton au poste d’envoyé spécial de l’Onu pour Haïti. [do rc apr 25/05/2009 12 :45]