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Haïti/Société : Une semaine d’activités en faveur de l’éducation pour tous

 
P-au-P, 23 avril 09 [AlterPresse] --- Une série d’activités de sensibilisation en faveur de la mise en œuvre de programmes, visant à éradiquer l’analphabétisme et l’illettrisme parmi la population haïtienne, est lancée cette semaine à Port-au-Prince par des organisations sociales, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.
 

Ces activités s’inscrivent dans le cadre de la célébration de la « Semaine d’action mondiale éducation », observée dans plusieurs pays du monde et répandue en Haïti depuis 2003, explique Patrice Florvilus, coordinateur technique du « Regroupement éducation pour tous » (Rept), une de ces organisations partenaires.
 

A Port-au-Prince et dans d’autres régions du pays, cette semaine d’activités, entamée depuis le lundi 20 avril 2009, se déroule sous le thème : « Kaba zafè pa konn li, pa konn ekri a, devlope edikasyon jenn ak granmoun tout tan n ap viv ».
 

William Thélusmond, du Centre de recherche et d’action pour le développement (Crad), estime que la situation des Haïtiens vivant dans l’analphabétisme et l’illettrisme est très accablante.
 

Les dirigeants haïtiens n’ont pas tenu les engagements pris dans des conférences internationales en faveur de l’éducation. Ils n’ont pas respecté les prescrits de la Constitution de 1987 qui garantit le droit à l’éducation, affirme Thélusmond.
 

Pour sa part, Rosemé Anthony, de « Asosyasyon monitè ak patisipan alfa Pòtoprens » (AMAAP), croit indispensable de sensibiliser la population qui, à son tour, devrait forcer l’Etat à garantir l’accès à l’éducation et à la formation de tout un chacun.
 

Environ 3 millions de personnes, qui ne savent ni lire ni écrire en Haïti, sont âgés de 14 à 50 ans. La majorité d’entre elles sont des femmes. 61.4% des personnes vivant dans les zones rurales seraient confrontées à cette réalité objective d’analphabétisme, révèle William Thélusmond.
 

Un grand nombre de jeunes et d’adultes, qui avaient reçu une formation scolaire, se trouvent aujourd’hui dans une situation d’illettrisme en raison du fait qu’ils ne sont pas en mesure d’assurer les frais scolaires, poursuit-il.
 

La lecture et la poursuite des études représentent un luxe pour la majorité des jeunes Haïtiens Le responsable déplore le principal responsable du Crad.
 

La campagne d’alphabétisation du gouvernement, mise en eouvre par la Secrétairerie d’Etat à l’Alphabétisation (Sea), n’aurait pas donné les résultats escomptés, selon les les promoteurs de cette « Semaine d’action mondiale éducation » en Haïti.
 

Pour remédier à cette situation, les responsables de ces organisations sociales invitent les pouvoirs exécutif, législatif et les collectivités territoriales d’Haïti à créer les conditions nécessaires devant permettre l’éradication de l’analphabétisme.

A date (avril 2009), la Sea est parvenue à toucher seulement 7 des dix départements géographiques du pays, confirme à AlterPresse une voix autorisée.

La secrétairerie d’État à l’alphabétisation œuvre en partenariat avec différentes organisations dans les trois autres départements (le Centre, le Nord-Ouest et la Grande Anse / Sud-Ouest), non encore pourvus de structure décentralisée.

A travers une méthode télévisuelle cubaine [1] intitulée « Yo si puedo » (Wi, mwen kapab) adaptée à la réalité haïtienne, la secrétairerie d’État à l’alphabétisation se proposait d’alphabétiser plus de 3 millions de personnes entre le 8 septembre 2007 et le 8 décembre 2010, pour un cout total de 7,339,482,223.33 gourdes [Ndlr : US $ 1.00 = 42.00 gourdes en avril 2009]. L’Ouest (1,373,711 personnes visées, soit 45.15%), le Nord (364,267, soit 11.97%), le Sud-Est (117,081, soit 3.85%) et le Nord-Est (93,961, soit 3.09%), étaient les départements géographiques privilégiés au début de la campagne de la Sea en 2007. [do rc apr 23/04/2009 14 :00]
 


[1En plus de l’apport de 75,000 facilitateurs et de 7,500 superviseurs / formateurs, la Sea bénéficie de l’assistance de 22 coopérants cubains. « Ils sont là pour nous aider à réaliser les aspects scientifiques et techniques de la campagne. De plus, Cuba nous fournit une aide appréciable en matériel : 10 000 téléviseurs, 10 000 vidéos, 1000 panneaux solaires, 2 000 batteries, 1 000, inverters, 170 000 vidéo cassettes et 400 000 catillas. Les enregistrements des scénarios ont été faits et multipliés à Cuba. Vous vous imaginez ce que cela représente en terme de financement. Dans le système que nous prévoyons, chaque personne alphabétisée coûtera 60 dollars américains, soit, suivant le taux de change actuel, moins de 2 200 gourdes. De toute façon nous savons déjà que nous allons procéder par groupe d’âge : 10-14 ans, 15-19 ans, 20-30 ans, 30-50 ans ».