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Haïti / Constitution : Commémoration en demi-teinte

P-au-P., 30 mars 09 [AlterPresse] --- Le vingt-deuxième anniversaire de la Constitution a été marqué par plusieurs activités en Haïti, ce dimanche 29 mars.

Tout d’abord, le Parti Louvri Baryè (PLB), membre de la plateforme au pouvoir LESPWA, a organisé à l’occasion une messe d’action de grâce en son local, à Nazon (Est), en présence notamment de l’ancien Premier ministre Jacques Édouard Alexis.

Cette célébration allait s’achever en queue de poisson après que certains individus ont commencé à s’agiter pour demander que la direction du PLB soit confiée à Anès Lubin, un membre de Lespwa. Plusieurs invités présents et l’ancien Premier ministre Jacques Édouard Alexis ont dû vider les lieux précipitamment.

Pour sa part, la Cellule nationale de Fanmi Lavalas, branche Annette Auguste, a marqué le 22ème anniversaire de la charte fondamentale par une journée de réflexion.

Cette activité a rassemblé de nombreux militants du parti dans un restaurant, à Christ-Roy (Est).

Occasion pour les militants de base de Fanmi Lavalas d’exhorter les autorités à commencer d’abord par respecter la constitution avant de penser à l’amender.

« Peut-on d’ailleurs parler de constitution, quand l’ancien président Aristide est toujours en exil en Afrique du Sud ? », s’interrogent Jean Marie Samedi et Déshommes Présengloire, respectivement coordonnateur et porte-parole de la Cellule nationale de Fanmi Lavalas.

Le président René Préval a institué, le 19 février 2009, une commission chargée de travailler sur une proposition d’amendement de la Constitution de 1987. Cette commission est coordonnée par le professeur Claude Moïse, éditorialiste en chef du Journal Le Matin. Elle a un mandat de 4 mois (à partir de son installation) pour soumettre son rapport au pouvoir législatif.

La Constitution a été approuvée, par voie référendaire, par la population haïtienne, de façon massive et dans une ambiance euphorique.

Malgré ses faiblesses et contradictions, cette charte cristallisait, dans la conjoncture de l’après Duvalier, les aspirations du peuple haïtien à bâtir un nouvel État qui se préoccuperait de ses droits politiques, économiques, sociaux et culturels. [vs apr 30/03/09 23:45]