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Haïti : Mobilisation d’organisations sociales pour combattre la faim et exiger la souveraineté alimentaire nationale

P-au-P, 6 nov. 08 [AlterPresse] --- Une campagne baptisée « KABAgrangou » (littéralement, éradiquer la faim) est lancée officiellement, dès le mercredi 5 novembre 2008, en Haïti, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

Menée par un collectif d’organisations paysannes, cette campagne en faveur de la souveraineté alimentaire d’Haïti se déroule sous la thématique « Rebati anviwonman se kore agrikilti lakay ».

Les initiateurs entendent par là dénoncer « la libéralisation à outrance des marchés en Haïti, la mauvaise qualité des produits importés, le niveau insuffisant des investissements consentis par le gouvernement dans le domaine de l’agriculture et la dégradation accélérée de l’environnement ».

Entre le 9 et le 13 décembre 2008 - période qui coïncidera avec la célébration du 60 e anniversaire de la déclaration universelle des droits de la personne le 10 décembre 1948 -, une grande mobilisation, incluant des marches contre la faim et en faveur de la consommation de produits agricoles biologiques, sera mise en œuvre en différents points du territoire national, annonce Doudou Pierre du Réseau national haïtien pour la souveraineté alimentaire (Renasa).

La mobilisation des organisations paysannes contre la faim se poursuivra sans relâche afin d’atteindre des résultats probants et encourageant la souveraineté alimentaire nationale, prévient Pierre.

« La souveraineté alimentaire est étroitement liée à l’environnement », déclare, pour sa part, Macdonald Michel, coordinateur en sécurité alimentaire pour la branche en Haïti de l’organisation internationale ActionAid, laquelle supporte le mouvement enclenché.

Avec la dégradation massive de l’environnement en Haïti, les pluies font beaucoup plus de dégâts dans les plantations, affectant du même coup durablement le potentiel productif des paysans haïtiens, précise-t-il.

Les nombreux désastres, qui ont considérablement frappé les infrastructures agricoles pendant l’été 2008, ont contribué à accentuer l’insécurité alimentaire parmi la majorité de la population, reconnaît l’organisation internationale à la suite du constat dressé par les organisations paysannes et autres organismes nationaux.

La situation humanitaire reste encore précaire pour plusieurs milliers de familles haïtiennes, deux mois après la série des ouragans qui ont dévasté plusieurs départements d’Haïti, selon ActionAid qui compte apporter des réponses post-désastres dans les départements géographiques du Sud-Est, du Sud-Ouest et du Plateau Central.

« Avec une préexistence de carence alimentaire chronique, il est crucial d’adresser les besoins nutritionnels des plus vulnérables comme les enfants, les femmes enceintes et les femmes allaitantes », préconise le docteur Unnikrishnan PV, Conseiller en urgence et en sécurité humaine pour ActionAid.

La réhabilitation socio-économique, le support aux mécanismes d’appui
psychosocial, la distribution de kits & bourses scolaires en appui au
retour à l’école des enfants dans les zones ciblées seront les principales priorités d’intervention de ActionAid Haïti.

« Il existe un besoin pressant de renforcer l’aide humanitaire et de
répondre aux vrais besoins des survivants. La majorité a besoin d’un
suivi mental et d’un support psychosocial », ajoute Unnikrishnan PV.

Les organisations paysannes partenaires de cette campagne sont, entre
autres, le Mouvement revendicatif des planteurs de l’Artibonite
(Morepla), le Mouvement Paysan Papaye (MPP), Tèt Kole Ti Peyizan ayisyen.

D’autres organismes, comme le Renasa, Intermón Oxfam, la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) participent à cette campagne. [do rc apr 06/11/2008 15 :00]