Élections américaines : La transition sera courte pour Obama

Par Roosevelt Jean-Francois

Miami, 5 nov. 08 [AlterPresse] --- Mardi soir (4 nov. 08), Barack Obama a fait l’histoire en remportant haut la main les présidentielles américaines.

Moment historique, il est vrai ; mais pour le moment, c’est de l’histoire. Et l’histoire n’envoie pas au marché.

Mercredi matin (5 nov. 08), il est le président élu qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain. Avec tous les honneurs et les défis de la conjoncture globale.

Ce vendredi (7 nov. 08), le département du travail publiera les nouveaux chiffres sur le chômage qui est pour le moment à 6,1%.

200,000 emplois pourraient être supprimés aux Etats-Unis pour le mois d’octobre. Ce qui va ajouter aux 760,000 déjà perdus de janvier à septembre 2008.

Barack Obama devra faire face également à un énorme déficit budgétaire, qui a déjà atteint la somme record de 455 milliards de dollars pour l’exercice 2008, terminé à la fin du mois de septembre. Le déficit pourrait dépasser les 1.000 milliards (un Trillion) lors de l’exercice 2009 qui a démarré au début du mois d’octobre.

Le marché boursier à New York a perdu ce 5 novembre près de 200 points et l’économie s’est contractée au cours du dernier trimestre avec un recul de la croissance du produit intérieur brut de 0,3%.

L’économie est la toute première priorité du président élu qui va bénéficier d’une forte majorité démocrate dans les deux chambres du parlement, emmenées par Nancy Pelosi au niveau de la chambre des représentants et Harry Reid au niveau du Sénat.

Il constitue son équipe économique avec des noms qui ont fait les beaux jours du boom économique de l’ère Clinton et qui ont charpenté son agenda économique électoral : Lawrence Summers, Robert Rubin, Paul Volcker. Il pourra aussi s’appuyer sur les pragmatiques et richissimes qui ont ouvertement et publiquement endossé sa candidature : Warren Buffet, Bill Gates, Eric Smidt, etc…

La transition d’Obama sera de courte durée. Après la lune de miel, Il faut des résultats économiques rapides. Et pour ce, il doit d’abord faire la paix au niveau de la majorité démocrate et bénéficier du support de certains représentants républicains au congrès qui pourraient jouer à la tactique de la flibusterie (faire durer les débats) avant les prochaines élections de son mi-mandat dans 2 ans pour le renouvellement du tiers du Sénat.

En 1994, deux ans après l’élection du président démocrate Bill Clinton, les républicains, menés par Newt Gingrich, réussissaient un raz de marée au Congrès, en raison notamment du mécontentement provoqué par le projet de plan d’assurance santé proposé par l’épouse du président, Hillary Rodham Clinton.

Même au niveau de la majorité démocrate, Barack Obama n’aura pas un blanc seing. Il doit compter avec la branche libérale positionnée plus à gauche sous le leadership de Charles Rangel et de Barney Frank, respectivement responsables de la commission des voies et moyens et celle des services financiers, qui ont été pris à partie en maintes occasions au cours de la course électorale.

Cette branche libérale s’est déjà positionnée en faveur d’un agenda ambitieux qui inclut le plan universel de santé, l’indépendance énergétique, l’éducation et les baisses d’impôts pour la classe moyenne.

Parallèlement, Obama doit compter avec les démocrates conservateurs qui exigent une réduction du déficit budgétaire avant d’entreprendre des dépenses publiques dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

Le nouveau président américain va devoir recentrer sa position en se concentrant dans un premier temps sur les problèmes internes avant de se lancer dans les grands chantiers de la politique internationale.

La question de l’immigration pourrait être reléguée à un plan de moindre importance que la stabilité économique, qui passe par un nouveau paquet de relance économique, la réglementation du secteur financier, l’appui au secteur automobile, l’énergie et la santé.

Au niveau global, il doit rétablir la confiance. La guerre en Irak, la situation en Afghanistan, les relations avec la Corée du Nord, la Russie, la Chine, l’Amérique latine sont aussi des priorités.

Mais, l’Amérique d’abord ! (Conutry First !) [rjf gp apr 05/11/08 18:00]

Contact : Jfroosev1@fau.edu