Haïti/Nations Unies : La situation socioéconomique désastreuse pourrait être utilisée à des fins politiques, selon Hédi Annabi

P-au-P, 8 oct. 08 [AlterPresse] --- Le chef civil de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah), Hédi Annabi, a déclaré, ce 8 octobre 2008, que la situation socioéconomique du pays,
aggravée par les derniers ouragans, pourrait créer « un réservoir potentiel de mécontentement qui pourrait être exploité à des fins politiques ».

Devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (Onu), Hédi Annabi demande à la communauté internationale de poursuivre sa collaboration avec Haïti en vue de mettre le pays sur la bonne voie.

« La communauté internationale doit apporter une contribution importante, non seulement sous la forme de soutien politique, mais aussi en aidant le gouvernement à fournir ce dont le pays a besoin et à renforcer ainsi sa crédibilité », affirme Annabi dans des déclarations consultées par l’agence en ligne AlterPresse.

Le représentant du secrétaire général de l’Onu a présenté son dernier rapport sur les principaux faits survenus en Haïti depuis le 26 mars 2008.

Ce rapport a notamment parlé du passage des cyclones sur Haïti, des problèmes de formation de gouvernement qui ont finalement été résolus par l’entrée en fonction de l’équipe de Michèle Pierre-Louis le 5 septembre dernier.

« La nécessité de faire face aux énormes dégâts, provoqués par les ouragans, a contribué à débloquer l’impasse politique - qui durait depuis cinq mois - et a permis d’investir un nouveau gouvernement le 5 septembre », souligne Hédi Annabi.

Le chef civil de la Minustah estime que « nous sommes à un carrefour de défis et d’espoirs ».

Hédi Annabi pense que les résultats déjà escomptés dans les efforts de stabilisation d’Haïti risquent d’être compromis.

« Si nous nous désengageons avant l’achèvement, nous risquons de mettre en péril tout ce qui aura déjà été obtenu ».

Le chef civil de la mission onusienne prévoit sur Haïti « différentes formes de menaces -criminalité, enlèvements, tentatives des gangs pour se reconstituer ».

Dans ce cas, il croit essentielle la recommandation du Secrétaire général de proroger jusqu’au 15 octobre 2009 le mandat de la Minustah.

« Si nous gardons le cap, nous pouvons réussir et Haïti pourra sortir de ce passé trouble et entrer dans un avenir meilleur », indique Hédi Annabi qui appelle chacun à jouer sa partition.

Déployée dans le pays depuis le 1er juin 2004, la Minustah, dont le renouvellement du mandat pourrait se produire fin octobre 2008 pour une année supplémentaire, compte, au 18 août 2008, un effectif total de 6 952 militaires et 1 925 policiers civils. [do rc apr 08/10/2008 16 :00]