Haïti-cyclones : Objectifs de croissance dans l’économie nationale menacés, selon l’Ihsi

P-au-P, 25 sept. 08 [AlterPresse] --- Les pertes, occasionnées par le passage sur Haïti des ouragans Fay, Gustav, Hanna et Ike en août et septembre 2008, pourraient compromettre les objectifs de croissance pour la période 2008-2009, initialement fixés à 4 pour cent, indique la direction des statistiques économiques (Dse) de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (Ihsi) dans une réflexion sur les impacts probables des récentes intempéries sur l’économie en Haïti.

C’est surtout l’impact sur la branche agricole qui va influencer la croissance économique de 2007-2008, révèle cette étude acheminée à l’agence en ligne AlterPresse.

« On ne peut pas circonscrire les impacts des ouragans, uniquement au mois de septembre, pour dire, de façon caricaturale, que cela concerne seulement un douzième du Produit intérieur brut (Pib), mais il ne faut pas, non plus, exagérer en les extrapolant jusqu’à prévoir un taux de croissance négatif pour 2007-2008 », peut-on lire dans la réflexion de l’Ihsi.

Le gouvernement devrait alors, à nouveau, réviser à la baisse les objectifs de croissance du Pib de 2007-2008 à cause des dégâts causés par ces cyclones, notamment dans le secteur agricole.

Toutefois, l’impact de ces ouragans sur la croissance du Pib de cette année ne devrait pas être catastrophique, dans la mesure où ces déréglementations climatiques sont arrivées à la fin de l’exercice fiscal, précise l’Ihsi.

Les dommages causés par ces ouragans sont, par ailleurs, susceptibles de susciter des pressions inflationnistes sur le marché national dans les prochains mois.

« On ne devrait pas s’étonner de terminer l’année fiscale avec une inflation en glissement annuel dépassant la barre de 20% », considère l’Ihsi.

De juin à août 2008, le taux d’inflation est passé de 15.8% à 18.8 %.

Derrière le secteur primaire, la branche Transports est, elle aussi, sérieusement frappée par ces catastrophes naturelles. Des routes et ponts jetés sur plusieurs rivières, reliant Port-au-Prince à d’autres régions du pays, sont sévèrement endommagés ou détruits.

Cependant, son poids n’est pas suffisamment élevé pour influencer, outre mesure, la croissance du Pib de cette année, estiment les experts de l’Ihsi.

Le secteur secondaire, ont-ils poursuivi, ne devrait pas être directement affecté, mais il subira les conséquences fâcheuses des intempéries sur l’activité économique en général.

L’économie haïtienne est déjà sous le poids de quatre chocs externes et internes, selon cette réflexion produite par l’Institut haïtien de statistique et d’informatique.

Après les manifestations contre la vie chère en avril 2008, les ouragans constituent le deuxième choc interne subi par l’économie haïtienne.

La crise alimentaire mondiale et la hausse des prix des produits pétroliers sur le marché international sont les deux autres chocs [externes], qui ont poussé le gouvernement à réviser à la baisse ses objectifs de croissance du produit intérieur brut à 2.5%, contre 3.7% auparavant. [do rc apr 25/09/2008 15 :00]