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23 août, Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition

Haïti-Rép. Dominicaine : Pour des actions contre la traite et le trafic de personnes au regard du symbolisme du 23 août

P-au-P, 22 août 08 [AlterPresse] ---- Des points d’actions à entreprendre doivent émerger, ce vendredi 22 août, à Port-au-Prince, d’un forum de 3 jours sur la traite et le trafic de personnes, au regard du symbolisme du 23 août [1], tenu sous les auspices du Groupe haitien d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) et de ses partenaires, dont la Solidarité frontalière et le Service jésuite aux réfugiés et migrants (SF/SJRM).

4 ateliers, déroulés autour des catégories sociales “jeunes, femmes, paysans, et autres”, précéderont la formulation de propositions et recommandations de ce dialogue haitiano-dominicain qui cherche à porter les autorités des deux pays à combattre la traite et le trafic de personnes, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

Un spectacle culturel, dans l’aire de la grande place publique du Champ de Mars, à proximité du Palais présidentiel dans la capitale, clôturera, ce 22 août les différentes manifestations (conférences-débats, ateliers d’animation, d’exposition, de projection sur les droits humains et sur la migration) organisées au ministère haïtien de la culture et de la communication autour du thème « la lutte pour le respect des droits économiques, sociaux et culturels, un combat concerté pour que cessent le trafic et la traite de personnes en Haïti ».

Pendant les trois journées de réflexion et de dialogue, les 150 participantes et participants, dont une dizaine en provenance de la République Dominicaine, ont cherché à établir les relations possibles entre la traite et le trafic de personnes, enregistrés aujourd’hui à travers le monde (particulièrement ce qui concerne Haïti et la République Dominicaine), et la situation de jadis (il y a environ 5 siècles).

“Que symbolise le 23 août [Ndlr : 23 août 1791 marquant le soulèvement des esclaves révoltés à Saint-Domingue] dans notre histoire, au regard de la lutte contre la traite et le trafic de personnes” a fait l’objet d’un panel, au premier jour du forum le mercredi 20 août, composé de Michella Machiavello (Organisation internationale pour les migrations / OIM), Kesnel Sénatus (Solidarite fwontalye Wanament) et de Digna María Adames Nuñez (Service jésuite aux réfugiés et migrants). Ce panel a suivi un exposé de l’historien haïtien Pierre Buteau.

“La violation des droits humains (y compris les droits des enfants et les droits des femmes) dans la traite et le trafic de personnes” était le thème du panel du 21 août, auquel ont pris part Patrick Camille (Garr), Gertrude Léonard (Organisation de femmes migrantes) et Marjorie Dumornay (Pan american devlopment fundation / Padf).

“Le kidnapping et le phénomène de la traite et du trafic de personnes » a été abordé par le militant haïtien de droits humains, Jean-Claude Bajeux qui situe les enlèvements de personnes dans un contexte de crise généralisée.

« Le kidnapping prouve que nous haïssons notre propre image », considère Bajeux qui estime que « la liste [des personnes enlevées] est longue, mais elle doit être fermée ».

Le forum binational d’août 2008 à Port-au-Prince a permis également d’écouter des témoignages de proches de victimes de la traite et du trafic de personnes, dans la frontière haïtiano-dominicaine ou vers d’autres pays des Amériques et européens sous couvert d’orphelinat et d’adoption.

Dans bien des cas, la migration se transforme en trafic et traite. Elle devient traite lorsqu’elle a lieu au niveau externe.

Au niveau interne, il convient de ne pas négliger le cas des déplacés environnementaux qui peuvent devenir des migrants déracinés pour diverses raisons.

Dans le cas des enfants (y compris les restavèk, les enfants domestiques), les militants de droits humains évoquent tout bonnement la notion de traite pour qualifier les violations dont les enfants sont victimes, puisqu’il ne peut pas y avoir de consentement comme pour les grandes personnes qui se déplacent dans des conditions irrégulières.

Dans ce dernier cas, le qualificatif retenu est la notion de trafic, lorsque les personnes en question se dirigent en direction d’un autre territoire (étranger) de manière irrégulière, sans papiers avec la complicité d’autres personnes. En maintes fois, ces personnes trafiquées peuvent passer à une situation de traite, surtout quand elles sont trompées sur les motifs inavoués du voyage (travaux interdits, prostitution et autres).

En janvier 2008, 5 mille personnes ont traversé la frontière dans des conditions irrégulières pour se rendre en République dominicaine, rappelait Lisane André, responsable de la section Communication et Plaidoyer au Garr, à la conférence de presse du 18 août annoncant la tenue du forum binational sur la traite et le trafic de personnes

Plus de 30 mille haïtiens et haïtiennes sont trafiqués, chaque année, dans leur tentative d’aller en République Dominicaine, aux Iles Turks & Caicos, aux Etats-Unis d’Amérique et aux Bahamas, soulignait Lisane André à l’occasion.

« Depuis 1994, dans le cadre de son projet « La route de l’esclave », l’Unesco lutte sur deux fronts, contre les préjugés raciaux qui prétendent justifier l’esclavage et contres les forces socioculturelles liguées pour en cacher l’ampleur et l’impact », indique l’Unesco dans un texte à paraître ce 23 août.

Pour ce 23 août 2008, journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, l’Unesco exhorte les Etats du monde, tout en se remémorant les événements tragiques du passé, à « redoubler d’efforts pour mettre fin à toutes les formes d’oppression, afin de bâtir des sociétés plus tolérantes et plus justes pour les générations présentes et futures ». [rc do apr 22/08/2008 13:00]


[1consacré “Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition » par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture / Unesco