Haïti/Bid : Renforcer les programmes sociaux pour réduire l’impact de la crise alimentaire

P-au-P, 13 août 08 [AlterPresse] --- La Banque interaméricaine de développement (Bid) conseille aux pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, dont Haïti, de renforcer leurs programmes sociaux, en vue d’atténuer l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires parmi les plus pauvres, indique la banque régionale dans un communiqué transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

La Bid évalue à soixante et onze millions le nombre de personnes pauvres, affectées par la crise alimentaire qui sévit dans la région latino-américaine et des Caraïbes, selon les résultats d’une étude présentés le 12 août 2008.

Plus de 26 millions de personnes dans la région pourraient se retrouver dans une situation d’extrême pauvreté, au cas où les prix des produits alimentaires s’aggravent, avertit la Bid.

Les pays de l’Amérique centrale et des Caraïbes, tels Haïti, le Pérou, le Nicaragua, qui importent de grandes quantités de denrées alimentaires, sont les plus exposés aux problèmes de pauvreté.

Haïti, suggère la Bid, devrait consacrer aux plus pauvres 12% de son produit intérieur brut (PIB) pour maintenir le niveau de consommation des démunis. Le Pérou et le Nicaragua devraient respectivement transférer 4.4% et 3.7% de leur PIB.

Sur les 9,5 millions d’Haïtiens (population totale du pays), 79.1% deviennent plus pauvres suite à l’augmentation des prix des produits alimentaires contre 76.7% auparavant, révèle l’étude de la Bid.

Au Chili, le nombre de pauvres pourrait passer de 12.3% à 17.2% de l’ensemble de la population du pays. Les pauvres représenteraient 27.5% de la population totale contre 20.6% auparavant.

Le nombre de pauvres augmenterait également, de manière significative, au Costa Rica et au Salvador.

« Les récents progrès en matière de nutrition et d’éducation pourrait être compromis si les prix des produits alimentaires restent élevés », estime Suzanne Duryea, l’une des chercheuses de la Bid.

Les pays devront accroître les investissements dans les programmes de protection sociale afin de diminuer l’impact de la crise, avance Duryea.

Les familles à faible revenu pourraient devenir plus pauvres, dans dix-neuf pays de la région, si les prix des produits de base, tels le blé, le riz et le soja, continuent de grimper, d’après les prévisions de la Banque interaméricaine de développement.

Cette situation pourrait également se présenter, au cas où ces pays n’arrivent pas à accroître leur production nationale ni augmenter le pouvoir d’achat des pauvres. [do rc apr 13/08/2008 11 :00]