Haiti-Premier ministre : « Le pays est pris en otage par 10 zombis, 1 mort et 1 paralysé », selon le CEDH

Communiqué du Centre Œcuménique des Droits Humains (CEDH)

Soumis à AlterPresse le 11 aout 2008

C’est avec un sentiment de profonde préoccupation que le Centre Œcuménique observe les tractations interminables qui empêchent la formation d’in gouvernement capable d’affronter la crise majeure dans laquelle les institutions et le pays lui-même se trouvent englués. En effet, il est clair que le principe qui veut considérer le sénat actuel comme un corps délibératif de 30 sénateurs est absurde.

Cela veut dire, en effet, que l’on veut tenir compte, dans la pratique, du vote de 12 sénateurs imaginaires. En effet, 10 ont terminé leur mandat. Un autre est décédé. Un autre, qui, lui existe, est empêché de participer aux délibérations du corps sénatorial. Et pourtant, on s’appuie sur eux pour prendre des décisions importantes pour ne pas dire vitales.

Le pays est donc pris en otage par 10 zombis, 1 mort et 1 paralysé. Faire donc voter le sénat sur la base d’une participation imaginaire de 30 membres, c’est donner un poids exorbitant au vote des 18 membres encore valides. C’est créer une équivalence métaphysique entre le plein et le vide, l’être et le néant, la présence et l’absence.

C’est, en fait, créer un vote sur le principe de l’unanimité. C’est donner un pouvoir exorbitant au vote individuel, étant donné que dans la pratique, l’appartenance à un parti ou à un groupe n’a aucun effet sur le vote individuel. Cette situation va durer au moins six mois encore, dans l’hypothèse (optimiste) que les élections se fassent au mois de décembre. Ce qui implique un danger permanent de dysfonctionnement d’une institution aussi vitale que le Sénat de la République.

Le pays est donc pris en otage à la suite d’une décision procédurale qui est, à notre avis, erronée et dangereuse, puisqu’elle transforme la règle de la majorité absolue (la moitie +1) en une règle de quasi-unanimité.

Jean-Claude Bajeux
11 août 2008