Traitement des PVVIH en Haïti : Un responsable haïtien de la santé minimise une controverse soulevée lors de la 17e conférence internationale sur le sida

Mexico, 06 août 08 [AlterPresse] --- Le directeur général du Ministère haïtien de la Santé publique minimise la polémique sur le délai de mise sous antirétroviraux des personnes vivant avec le VIH-Sida (PVVIH).

Le docteur Gabriel Thimothée réagissait ce 6 août à Mexico à une déclaration de l’éminent spécialiste haïtien et directeur des centres GHESKIO, William Pape, selon laquelle le démarrage du traitement (antirétroviral) à partir de 200m3 de taux de CD4 comporterait des risques pour le patient, vu que le système immunitaire du patient est déjà affaibli. Le CD4 réfère à la cellule de défense du système immunitaire.

Selon le D.G. de la santé, il ne faut pas établir de lien entre le fait de mettre les gens trop tard sous ARV et le taux relativement élevé de mortalité parmi les PVVIH.

Le type de traitement pratiqué en Haïti, conformément au protocole défini par les autorités sanitaires (haïtiennes) n’est pas en dehors de la vision scientifique, souligne Gabriel Thimothée, rappelant que ce protocole a été élaboré de concert avec les différents partenaires privés et internationaux impliqués dans la lutte contre le sida.

Évitant toute dramatisation, le directeur général du Ministère haïtien de la santé estime que cette polémique apparente montre la nécessité d’adapter le traitement à une situation marquée notamment par une nouvelle disponibilité de médicaments, des médicaments de deuxième génération plus précisément.

Parmi les facteurs qui pourraient véritablement expliquer le taux élevé de décès chez les PVVIH, le docteur Gabriel Thimothée souligne le fait que beaucoup de patients viennent très tard dans les centres de traitement, rendant moins efficace le modèle de traitement..

Le D.G. de la santé pointe également la tuberculose endémique associée à d’autres facteurs comme la carence nutritionnelle et le problème d’adhérence au traitement.

La tuberculose est la première cause de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH-Sida, rappelle l’épidémiologiste.

Pour rester dans l’esprit de la 17e conférence internationale sur le sida dont le leitmotiv est l’accès universel au traitement, Gabriel Thimothée n’écarte pas la possibilité que Haïti puisse arriver à mettre trente à quarante mille personnes sous ARV d’ici à 2009.

Par ailleurs, les autorités sanitaires haïtiennes ont paraphé deux accords avec les bailleurs des programmes PEPFAR et Fonds mondial pour que les commandes de médicaments placées par ces derniers alimentent un même canal, celui mis en place par le MSPP. [vs apr 06/08/08 13:25]