VIH-SIDA : Pour une agence ONUsienne dédiée à la cause des femmes

Mexico, 05 août 08 [AlterPresse] --- L’ancien président des États-Unis d’Amérique, Bill Clinton, soutient l’idée de la création d’une agence des Nations unies dédiée à la cause des femmes en ce qui concerne le VIH-SIDA, selon une proposition faite à Mexico dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Clinton intervenait à une session spéciale autour du thème « Le VIH-Sida et la réforme des systèmes de santé », à l’occasion de la dix-septième conférence internationale sur cette pandémie, qui durera jusqu’au 8 août (2008), à Mexico.

Selon le dirigeant de « Bill and Melinda Gates Foundation », la mauvaise qualité de l’éducation, l’inégalité de genre et la violence à l’encontre des femmes contribuent à la propagation du virus.

Les femmes sont vulnérables à la pandémie parce que n’ayant pas accès dans plusieurs pays aux soins primaires (de santé), estime Bill Clinton, ajoutant que cette situation est aggravée par la discrimination dont elles font très souvent l’objet.

« C’est pour cette raison que j’ai décidé d’appuyer l’initiative des pays souhaitant une nouvelle agence des Nations unies, dédiée à la cause des femmes », renchérit Bill Clinton.

En 2007, le nombre des femmes vivant avec le VIH a atteint 15 millions. Dans son dernier rapport, l’ONUSIDA a évoqué une tendance à la féminisation du virus.

C’est dans ce contexte que des activistes de différentes parties du monde se sont rassemblés le 2 août (2008) à Mexico, afin de discuter des défis que doivent surmonter les femmes et les filles, en relation avec les aspects liés à la liberté sexuelle et à la justice (pour la population féminine).

Les activistes ont déploré l’inefficacité des systèmes (de fourniture de soins) de santé, la stigmatisation et la discrimination, le manque d’éducation sur les questions sexuelles, l’incapacité des gouvernements à implémenter des politiques efficaces pour les femmes, la perte de l’identité sexuelle, le respect de l’orientation sexuelle des femmes, et l’insuffisance de leaders dévoués à la cause des femmes.

À l’instar de plusieurs autres conférenciers, Bill Clinton rappelle que l’accès aux soins (de santé) n’est pas un privilège, mais plutôt un droit humain. Cette dix-septième conférence sur le Sida aurait dû s’ouvrir, selon l’ancien président américain, sur la perspective d’une amélioration de la capacité des systèmes nationaux de santé dans leur ensemble.

Le patron de « Bill and Melinda Gates Foundation » promet que celle-ci « continuera d’investir dans les microbicides et vaccins qui marchent ».

Il fait valoir que sa fondation fournit des médicaments à 1 million 400 mille PVVIH dans le monde.

« Grâce à la collaboration de donateurs et partenaires, chaque traitement coûte seulement cent vingts dollars l’an », s’enorgueillit Bill Clinton.

L’ancien patron de la Maison blanche se dit stupéfait de constater que 80% des PVVIH ne savent même pas s’ils sont porteurs du virus, vingt ans après la déclaration de l’épidémie.

« Cela signifie que vingt-six millions de personnes risquent de transmettre le virus », s’inquiète Clinton.

Comparant le VIH-Sida à un dragon, Bill Clinton rappelle qu’il reste beaucoup à faire, même dans des pays à haut revenu. Le CDC (« Center for Disease Control » ou Centre pour le contrôle des maladies) a sous-estimé l’incidence du VIH-Sida (nombre de nouvelles infections par an) aux États-Unis d’Amérique.

« Même si nous avons beaucoup agi au niveau régional, nous avons encore beaucoup à faire pour freiner la propagation de la maladie à la maison », souligne Bill Clinton, rappelant que la pandémie frappe particulièrement les afro-américains.

Cette catégorie de la population américaine est d’autant plus fragilisée par la crise immobilière, l’envolée des prix des produits alimentaires, le renchérissement du carburant, et la crise immobilière.

L’ancien président américain salue la réponse globale que s’est employé à donner le docteur Peter Piot au cours des treize années passés à la tête de l’ONUSIDA.

Cette dix-septième conférence internationale sur le Sida « nous offre la possibilité de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas », indique Bill Clinton, préconisant une évaluation chaque jour plus rigoureuse en vue de l’atteinte des objectifs fixés. [vs apr 05/08/2008 11 :40]