Haïti-Sécurité publique : D’anciens soldats libèrent un local occupé illégalement au Cap-Haïtien

P-au-P, 31 juillet 08 [AlterPresse] --- Les militaires démobilisés retranchés, au Cap-Haïtien (deuxième ville du pays à 248 kilomètres au nord de la capitale), dans un ancien quartier général des ex-Forces armées d’Haïti (FAD’H) ont vidé les lieux sans incident, dans l’après-midi du 30 juillet 2008. Cependant, la Police Nationale d’Haïti a procédé à l’arrestation de quelques-uns d’entre eux recherchés pour diverses causes, selon les informations parvenues à l’agence en ligne AlterPresse.

Jusqu’à présent, la Presse nationale n’a pas encore obtenu de données exactes sur ce qui est advenu à l’ancienne caserne de Ouanaminthe (Nord-Est) investie également à la date du 29 juillet 2008 par d’autres militaires démobilisés.

Estimés à plusieurs dizaines, ces anciens soldats exigent de l’Etat haïtien le paiement de plusieurs années d’arriérés de salaire et le rétablissement de l’armée.

La manière, par laquelle le mouvement des militaires démobilisés prend corps, laisse supposer l’existence d’une structure de planification, d’autant que d’anciens militaires (dont dans le Centre du pays) confirment leur association aux actions en cours. En outre, les anciens militaires ayant quitté le local du Cap-Haïtien annoncent d’autres actions d’envergure, telles l’occupation prochaine de locaux en divers points du territoire national à des dates non déterminées.

Le futur gouvernement, attendu depuis le vote de censure du Sénat, le samedi 12 avril 2008, au Premier ministre Jacques Edouard Alexis, devra apporter des réponses à ce nouveau dossier, en plus des autres urgences nationales.

Ces ex-militaires, en uniforme de camouflage, sont arrivés à bord de deux autobus, le mardi 29 juillet, dans la ville du Cap-Haïtien, où ils ont été acclamés par des habitants.

Le lendemain, le ministre sortant de l’Intérieur lui-même, Paul Antoine Bien-Aimé, s’est rendu sur les lieux en vue de trouver une issue heureuse à l’occupation de ce bâtiment qui abrite la direction départementale du ministère de la culture.

Les casques bleus de la Mission des nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah), équipés de blindés, ainsi que la police haïtienne avaient, auparavant, tenté vainement de convaincre ces anciens militaires de quitter le local.

Après d’intenses négociations, ces membres des ex-FAD’H ont finalement accepté de plier bagages. Mais, certains d’entre eux qui avaient déjà perçu leurs salaires ont été mis aux arrêts, selon des correspondants de presse.

Des individus, qui se faisaient passer pour des anciens militaires, ont également été interpellés pour leur participation présumée dans des actes de banditisme.

Les Forces armées haïtiennes ont été dissoutes en 1994 par le président Jean-Bertrand Aristide pour donner place à l’actuelle Police nationale d’Haïti, créée en 1995. [do rc apr 31/07/2008 12 :00]