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Haïti : Les premières conséquences d’une nouvelle augmentation des prix du carburant

P-au-P, 27 juin 08 [AlterPresse] --- Les camionneurs de divers circuits de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince n’ont pas fait bonne recette depuis la nouvelle hausse des prix du carburant sur le marché national.

De nouveaux tarifs réguliers pour les différents circuits ont été adoptés par les autorités concernées en vue de soulager les chauffeurs du transport en commun qui doivent s’approvisionner en carburant.

Avec une augmentation de 20 gourdes, le gallon de la gazoline 95 octane coûte dans les stations-service 237 gourdes (38 gourdes pour un dollar américain).

La gazoline 91 est passée de 213 gourdes à 235 gourdes, soit un accroissement de 22 gourdes.

Ces ajustements concernent également le kérosène qui est vendu à 168 gourdes contre 151 gourdes auparavant, et le diesel qui est passé de 152 à 171 gourdes.

Si le circuit reliant Delmas (Nord/Nord-est) à Portail Léogâne (centre de la capitale) est de 20 gourdes, les gens du centre-ville de Port-au-Prince qui veulent se rendre à Pétion-Ville (Est) doivent débourser les 15 gourdes exigées.

Le tronçon centre-ville/Canapé-Vert (secteur Est) est fixé à 12 gourdes. D’autres part, la course de taxi, dans les environs de la capitale, est passée de 25 à 35 gourdes.

Plus de subvention

Cette augmentation resulte du fait que les autorités étatiques se disent incapables de continuer à subventionner les produits pétroliers, laissant ainsi des centaines de milliers d’Haïtiens, déjà sans emploi, dans une situation lamentable, mais qui doivent trouver chaque jour de quoi se nourrir.

Les institutions de Breton Woods, notamment le Fonds monétaire international (FMI), déconseillent la subvention des biens de consommation, dont les produits pétroliers, est toujours déconseillée.

Avec la fermeture des classes et contre leur gré, certains chauffeurs se disent obligés de faire des compromis. « Il y a des passagers qui n’ont pas les 20 gourdes. Mais on est obligé d’accepter le montant qu’ils ont », déclare le conducteur d’un minibus assurant le trajet Delmas/Portail Léogâne.

Cependant, plusieurs échauffourées ont déjà eu lieu sur certains tronçons où certains passagers refusent de payer le montant qui leur est réclamé, arguant que les camionneurs ne respectent pas la totalité du circuit.

Un fait est certain. Dans divers endroits de la capitale, la circulation piétonne paraît plus dense, malgré un soleil de plomb.

Coup dur pour l’arrière-pays

Chez les Haïtiens, originaires des villes de province, c’est la réprobation tandis la période des grandes vacances a déjà commencé avec la fin des examens officiels du baccalauréat, ce 26 juin 2008.

Si pour aller aux Gonaives (Nord) il vous faut 225 gourdes contre 200 gourdes auparavant, pour se rendre à Jérémie (Sud-ouest) on a besoin de 550 gourdes . Le trajet Port-au-Prince/Baradères (Sud-ouest)coûte 600 gourdes.

Ces régions produisent des denrées alimentaires à toutes les saisons. Cette nouvelle augmentation des produits pétroliers et des tarifs routiers pourrait influer, de manière négative, sur la production nationale.

A l’évidence, les paysans vont avoir de grandes difficultés pour pouvoir écouler leurs productions sur les différents circuits de commercialisation. Même les mangues, actuellement en abondance et qui rapportent à l’économie nationale plus de 30 millions de dollars américains, pourraient rester pourrir à la campagne.

Le pouvoir d’achat de la population sera probablement diminué ainsi que le panier de la ménagère.

A n’en pas douter, cette nouvelle hausse des prix des produits pétroliers qui entraîne la fixation de nouveaux tarifs pour les divers circuits de trtansport en commun dans le pays pourrait susciter des tensions inflationnistes dans une économie en convalescence. [do gp apr 27/06/2008 20 :30]