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Le Ve sommet Union européenne - Amérique latine et Caraïbes s’ouvre à Lima

Le Brésil et l’Espagne lancent une initiative en faveur d’Haïti

Lima, 16 mai 08 [AlterPresse] --- Le Ve sommet Union européenne - Amérique latine et Caraïbes a été inauguré ce 16 mai à Lima avec la participation d’une soixantaine de délégations officielles conduites, pour la plupart, par des chefs d’État ou de Gouvernement.

Ouvrant le sommet, le président péruvien Alan Garcia a exhorté les participants a se fixer des objectifs concrets à propos des deux thèmes à aborder : « Pauvreté, inégalités et inclusion sociale » et « Développement durable : environnement, changement climatique, énergies ».

Le chef d’Etat péruvien a spécifiquement mis en relief la nécessité d’un « panorama concret » sur des sujets tels que le reboisement et « l’affirmation des grands principes a travers l’inclusion ».

Alan Garcia a également invité ses homologues a mettre en avant des points de convergence et a laisser de coté les éléments de divergence, pour pouvoir « assumer la responsabilité historique de parvenir a une unité continentale ».

Selon Garcia, ce processus passe par le renforcement de la démocratie et de la liberté dans la région latino-americaine et caribéenne.

Le président péruvien a projeté l’exemple européen comme « un message d’union ». Il a salué le fait que l’Europe a su, selon lui, surmonter plusieurs siècles d’affrontements de toutes sortes, pour se transformer, par son unité, en « une puissance beaucoup plus forte par son intelligence, sa technologie, son organisation humaine et sa justice sociale que par ses bombes et son argent ».

De son cote, le président de la Commission Européenne, Jose Manuel Durao Barroso, a relevé la pertinence des thèmes abordés au sommet, des problèmes complexes que les peuples ont « le droit » de soulever et les gouvernements « le devoir » d’adresser.

Pour Barroso, pauvreté, exclusion et problèmes environnementaux sont liés. Il ne sera pas possible de faire face à la pauvreté sans se pencher « en urgence » sur la question des changements climatiques, lance-t-il.

Barroso a exprimé ses préoccupations a propos de la crise alimentaire qui affecte les populations les plus vulnérables, dont Haiti, à cause de la hausse vertigineuse des prix. Selon lui, cette situation exige la plus grande attention de la part des dirigeants du monde.

Dans des déclarations à la presse tout de suite après la cérémonie d’ouverture du sommet, le président vénézuelien, Hugo Chavez, a salué le discours d’Alan Garcia, qui, selon lui a avancé de « très bonnes idées ». Chavez a particulièrement relevé la nécessité de parvenir a des résultats concrets.

Le Brésil et l’Espagne posent la question haïtienne

Dans le cadre du sommet, la question haïtienne est posée par le Brésil et l’Espagne. Le président brésilien, Luiz Ignacio Lula da Silva, et son homologue espagnol, Jose Luis Zapatero (logo - en conférence de presse au centre de presse international de Lima), se sont mis d’accord pour proposer la création, par les pays des deux régions, d’un Fonds d’aide a Haïti.

Il s’agit précisément, selon les informations disponibles a Lima, de « présenter une initiative en vue de recueillir des contributions volontaires de la part des gouvernements de l’Europe, de l’Amérique Latine et de la Caraibe ». Ces ressources serviront a mettre en place « un programme d’assistance humanitaire et de développement en faveur d’Haiti ».

La visite prévue le 28 mai prochain de Lula en Haïti a également été confirmée. Le président brésilien a décidé de constater la situation sur le terrain, après des émeutes liées a la hausse des produits de première nécessité, qui ont fait 6 morts en avril dernier en Haiti.

Un imposant dispositif de sécurité est déployé a travers la capitale péruvienne a l’occasion du sommet. Des contingents de divers corps de la police appliquent des consignes stricts de sécurité.

Dans les régions proches des sites de l’évènement, les déplacement des résidents sont observés 24/24 h a travers des réseaux électroniques mis en place a cet effet.

Les préoccupations sécuritaires ont aussi affecté plusieurs aspects de l’organisation du sommet. Par exemple beaucoup de journalistes étrangers inscrits au sommet n’ont pu être accrédités, les dossiers ayant été retenus pour être passés au peigne fin par les structures de sécurité. [gp apr 16/05/08 12:00]