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Haïti-Crise : Malgré les rumeurs, le calme revient timidement

P-au-P, 14 avril 08 [AlterPresse] --- Une atmosphère apparemment calme est constatée à Port-au-Prince, ce lundi 14 avril 2008, par l’agence en ligne AlterPresse, en dépit des rumeurs persistantes quant à de nouvelles tensions sociales contre la cherté de la vie.

Le premier ministre Jacques Edouard Alexis est la première victime politique de ces manifestations de rue, au cours desquelles de nombreuses personnes ont exigé la baisse des prix des produits de première nécessité.

Le chef du gouvernement a été sanctionné par un vote de non confiance au Sénat, le samedi 12 avril 2008.

Le même jour, un policier nigérian de la Mission des Nations Unies de
stabilisation en Haïti (Minustah) a été abattu de plein fouet dans un
marché public près de la Cathédrale de Port-au-Prince, au Bel-Air.

Le crime aurait été perpétré par deux individus qui descendaient d’un véhicule, de marque identifiée comme une Montero, alors que le policier se trouvait à ce centre commercial où il était venu faire des achats, selon des témoignages recueillis par AlterPresse.

Des soldats onusiens sont, par la suite, intervenus avec brutalité, tirant des
rafales d’armes automatiques et lançant des gaz lacrymogènes, selon des marchands.
Plusieurs tréteaux de ces étalagistes ont été mis à feu et des personnes auraient
été victimes lors de cette descente des lieux, confient-ils.

Jusqu’à hier dimanche (13 avril), les marchandises (chemises, jeans, t-shirts) de
ces petits commerçants étaient visibles sur la chaussée.

A signaler une visite, dans la matinée du dimanche 13 avril, de membres de la Minustah à la morgue de l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti, pour des raisons non déterminées, selon les témoignages obtenus par AlterPresse.

Avec les violents incidents du samedi 12 avril 2008, des rumeurs circulaient concernant un éventuel retour à des manifestations, tenant compte que certains marchands avaient accusé la Minustah d’être l’auteure de l’incendie de leurs étalages.

D’autres informations faisaient croire que des partisans du premier ministre déchu menaceraient de gagner les rues pour exprimer leur mécontentement.

Des menaces de mort, à l’encontre des 16 sénateurs qui ont destitué Jacques Edouard Alexis, auraient été proférées, selon la sénatrice Edmonde Supplice Beauzile, dont les propos sont rapportés par des stations de radio de Port-au-Prince.

Ces rumeurs avaient provoqué la peur chez certaines citoyennes et certains citoyens qui ne voulaient pas investir les rues de la capitale, tôt ce 14 avril 2008, pour vaquer à leurs occupations habituelles.

Mais, la situation serait en passe de revenir à la normale, malgré certaines hésitations. La circulation paraît, malgré tout, quelque peu fluide à cause d’une carence de l’essence dans les stations-services.

Certains camionneurs publics ont même augmenté leur tarif pour compenser le prix de la gazoline, revu à la hausse depuis fin mars 2008, pour cause de rareté.

Selon des témoignages, la gazoline 95 a été vendue, durant le week-end, jusqu’à 250 gourdes le gallon.

Plus d’une vingtaine de pompes à essence ont été vandalisées par des casseurs au cours des protestations contre la hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité.

L’Association nationale des distributeurs de produits pétroliers (Anadipp) avait annoncé un arrêt de travail, exigeant réparations de la part des autorités étatiques, avant de reprendre la vente des produits pétroliers.

Mais, certaines stations-services n’avaient pas suivi totalement ce mot d’ordre de l’Anadipp. [do rc apr 14/04/2008 11 :50]