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Nouvelles violences au Cap-Haitien

P-au-P. 14 sept. 03 [AlterPresse] --- La tension régnait durant toute la journée de ce 14 septembre au Cap-Haitien, nord du pays, où la police a dispersé une manifestation convoquée par le Front de l’Opposition dans le Nord (FRON) qui regroupe des représentations locales de trois coalitions politiques et l’organisation Initiative Citoyenne.

Selon les premières estimations des organisateurs, une dizaine de personnes ont été blessées par des balles, pierres et autres objets. Aucune victime n’a été rapportée parmi les responsables politiques, dont Evans Paul de la Confédération Unité Démocratique (KID), Turneb Delpé du Parti National Démocratique Progressiste Haïtien (PNDPH) et Marie Denise Claude du Parti Democrate Chretien Haitien (PDCH), qui étaient sur place pour prendre part au mouvement.

Peu après le début de la manifestation, prévue pour exiger la démission du président Jean Bertrand Aristide, un groupe de partisans du pouvoir a tenté de la perturber, a déclaré à AlterPresse un des organisateurs, Eliscat Charles de l’Organisation du Peuple en
Lutte (OPL). La police est intervenue par la suite en tirant des coups de feu et du gaz lacrymogène pour disperser la foule de plusieurs milliers de personnes.

Selon l’agence en ligne Haiti Press Network, la police a dispersé auparavant un contre-mouvement des partisans du pouvoir. Cette opération a précisé l’agence, a été menée sous les jets de pierres des contre-manifestants. Certains d’entre eux ont été blessés par balles, selon ce qu’a encore rapporté l’agence.

Au micro d’un envoyé spécial de la station privée Radio Kiskeya, Evans Paul et Marie Denise Claude ont jeté la responsabilité des troubles sur la police et l’Organisation des Etats Américains (OEA).

Plusieurs diplomates dont ceux de l’OEA étaient présents. Il n’était pas possible dans l’après-midi du 14 septembre d’avoir des observations de l’OEA sur la situation. La police n’a pas encore émis de déclaration sur ce qui s’est passé.

Eliscat Charles a indiqué à AlterPresse que des négociations auraient eu lieu avec la police et l’OEA pour essayer d’obtenir que la contre-manifestation, qui a été annoncée vers la fin de la semaine, se tienne à un autre moment. Selon le responsable de l’opposition, une fin de non recevoir aurait été opposée à cette demande.

Durant la semaine, l’annonce de la protestation antigouvernementale avait créé une polémique entre des responsables du gouvernement et ceux de l’opposition. Le Secrétaire d’Etat de la Sécurité Publique, Jean Gérard Dubreuil, avait qualifié la manifestation annoncée de "provocation".

Jean Robert Lalane du FRON avait fait savoir que le mouvement de ce 14 septembre visait à contrecarrer une interdiction de manifester (contraire aux normes constitutionnelles) prise par la police et à donner suite à la manifestation du 31 août qui s’était terminée dans la violence. [gp apr 14/09/2003 20 :00]