Haïti/Sécurité publique : La question des déportés au centre des réflexions

P-au-P, 27 mars 08 [AlterPresse] --- Une table de concertation sur la problématique des déportés en Haïti a été lancée à Port-au-Prince, le 25 mars 2008, avec pour mission de réfléchir à une politique nationale visant l’intégration des différentes dimensions de cette question, selon les informations transmises à l’agence en ligne AlterPresse.

Impulsée par le Centre œcuménique des droits humains (Cedh), de concert avec l’Organisation internationale de la migration (Oim), cette « Table de concertation » a réuni à sa formation une quinzaine d’organisations.

La sécurité publique, l’insertion sociale et culturelle des déportés à la société haïtienne sont les deux grands volets de cette initiative faisant partie d’un projet du Cedh co-financé par l’Union européenne ainsi que d’un « projet pilote d’appui à la réinsertion, la réhabilitation et la réintégration des déportés haïtiens » de l’Oim.

Le projet du Centre œcuménique des droits humains vise à établir des priorités politiques, mener une campagne de sensibilisation et créer un réseau régional sur la question des déportés, explique Julie Kesteloot, coordinatrice de projet au Cedh, au cours d’une rencontre avec la Presse, à laquelle a assisté AlterPresse.

Kesteloot pense qu’il est nécessaire de mobiliser l’ensemble des acteurs concernés de la société haïtienne en vue d’apporter des éléments de réflexion sur la question des déportés.

« L’importance de mener une réflexion collective est capitale », estime Julie Kesteloot, lors du lancement de cette Table de concertation qui aura à formuler des propositions aux autorités haïtiennes en matière de gestion du dossier des déportés.

Quant au projet pilote de l’Oim, il est financé par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et exécuté en partenariat avec le gouvernement haïtien. Au départ, ce projet visait 1200 déportés et se proposait de prévenir et réduire le retour à la criminalité en leur offrant des opportunités de réintégration à la société haïtienne.

A date, ils sont environ 600 déportés à pouvoir s’inscrire formellement à ce programme, explique Louis-Justin Voltaire, Assistant projet à l’Oim.

Depuis le 3 octobre 2006 – date du lancement du projet – jusqu’au 15 février 2008, les déportés se rendent régulièrement au bureau du projet. Il y a des personnes qui sont venues mais qui ne sont pas vraiment intéressées, précise Voltaire.

Dans ses multiples déclarations, le premier ministre Jacques Edouard Alexis a toujours pointé du doigt les expulsés nord-américains dans l’aggravation de la situation d’insécurité en Haïti. Pourtant, le Centre œcuménique des droits humains, dans une brochure publiée en février 2008, affirme qu’il n’existe pas de données statistiques permettant d’établir l’impact des déportés sur la criminalité en Haïti.

Entre temps, une cinquantaine de déportés haïtiens arrivent tous les 15 jours des Etats-Unis d’Amérique. Le Canada, quant à lui, expulse chaque année une quarantaine de délinquants, selon les chiffres disponibles. [do rc apr 27/03/2008 13 :30]