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Haïti-Nations Unies : Engagement à surmonter les défis humanitaires et de développement

P-au-P, 07 mars 08 [AlterPresse] --- La communauté internationale se déclare prête à aider la république d’Haïti dans sa stratégie pour une perspective de développement durable et de renforcement des capacités nationales à long terme visant la création d’emplois.

C’est la promesse faite par une équipe de 20 pays représentant les conseils d’administration de 4 agences onusiennes au terme d’un séjour de 9 jours dans le pays du 1er au 9 mars 2008, selon les informations recueillies par l’agence en ligne AlterPresse dans une conférence de presse donnée dans la soirée du 7 mars à Pétionville (à l’est de la capitale).

« Haïti sort d’une période difficile [de crise]. Les élections ont eu lieu récemment, un gouvernement a été mis en place. Il existe des difficultés pour le pays de se relever », remarque l’un des membres de la délégation onusienne, l’ambassadeur Fernand Poukre Kono, représentant permanent de la mission de la République Centrafricaine au sein du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa).

La mission des 4 agences onusiennes préconise de suivre les priorités sociales et économiques (éducation, santé et emplois) définies par le gouvernement de Jacques Edouard Alexis dans le document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté (Dsncrp), malgré les critiques sur l’absence de concertation nationale véritable dans l’élaboration de ce document.

« Il faut aider Haïti à relever son économie et créer davantage de conditions pour des investissements », souligne le président de la délégation, l’ambassadeur Peter Burian, représentant permanent de la mission de la Slovaquie au Pnud et à l’Unfpa.

Cependant, insiste Burian, dans les discussions avec le gouvernement, la délégation a posé la nécessité de l’implication de la population dans le Dsncrp.

« Le gouvernement a informé aujourd’hui d’une stratégie de communication, d’informations et d’échanges avec la population dans la mise en œuvre du Dsncrp », indique Peter Burian ajoutant « nous reconnaissons l’importance d’un processus de consultations [avec la population] ».

Dans le sens d’une meilleure crédibilité de la population, il importe de consolider la construction d’un Etat de droit, d’autant que la situation sécuritaire s’est stabilisée contrairement au climat délétère enregistré il y a deux ans [en 2006], soulignent les membres de la mission des 4 agences des Nations Unies.

L’objectif de la visite de la mission des Nations Unies début mars en Haïti a consisté, entre autres, à analyser « ce qui peut être fait, ce qui n’a pas été fait », rappelle Poukre Kono.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), le Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) et le Programme alimentaire mondial (Pam) sont les 4 agences onusiennes à avoir délégué leurs conseils d’administration qui se sont entretenus avec le gouvernement haïtien, le secteur privé, des organisations de la société, la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah).

En accord avec les initiatives de restructuration aux Nations Unies, les dits conseils ont cherché à comprendre l’état de la situation nationale et les défis à surmonter, examiner le degré de cohérence des actions et de l’assistance fournie par ces 4 agences onusiennes sur le terrain, se pencher sur les initiatives de partenariat et de coopération Sud/Sud en Haïti, évaluer le niveau de sécurité du personnel et du/des bâtiments des Nations Unies.

Sans avoir eu le temps d’inspecter l’ensemble des sites de projets sur le terrain (excepté Gonaïves, à 171 kilomètres au nord de la capitale ; Cap-Haïtien, à 248 kilomètres au nord de Port-au-Prince ; Pétionville et Delmas (municipalité sise au nord-est de la capitale), la mission estime que « les agences peuvent être efficaces si on élimine certaines duplications ».

« Notre rôle de retour à New York et à Rome sera de demander d’ajuster certains aspects de leur mandat [ du Pnud, de l’Unfpa, de l’Unicef et du Pam] », annonce Peter Burian, qui n’a pas précisé quels aspects méritent d’être corrigés dans le cadre des actions de ces agences onusiennes en Haïti.

En revanche, la mission affirme avoir identifié des modèles de projets utiles pour le pays et susceptibles de servir de catalyseurs à d’autres pays, comme le programme de recyclage des ordures à Carrefour Feuilles (agglomération au sud-ouest de la capitale), lequel contribue à réduire la violence en plus de sa composante de création d’emplois. [rc apr 07/03/2008 20 :30]