P-au-P, 28 févr. 08 [AlterPresse] --- Le Premier ministre Jacques Edouard Alexis a réaffirmé, ce 28 février 2008, l’incapacité de son gouvernement d’affronter les problèmes de la vie chère qui affectent grandement les familles haïtiennes, dans des déclarations faites à l’occasion de son interpellation, suivie par l’agence en ligne AlterPresse.
Devant la chambre des députés, Jacques Edouard Alexis indique clairement que son équipe ne peut, « en aucune façon, suer sang et eau », pour satisfaire les besoins de la population.
« Dans ce mandat de cinq ans, nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes, nous ne pouvons pas donner à manger à tous les enfants (…) Nous ne pouvons pas donner de l’eau potable à tout le monde », se défend Alexis, précisant que son gouvernement a hérité d’un lourd fardeau.
Le chef du gouvernement demande aux députés de « considérer ce mandat de cinq ans comme [une période] de transition », dans la mesure où le pays a connu un passé douloureux, vieux de plus de 200 ans.
Alexis note, tout de même, des avancées significatives en matière de politique publique, de sécurité, et du développement des axes routiers. Le Premier ministre déclare n’être pas satisfait, tenant compte de la misère qui sévit dans le pays.
« Nous sommes sur la bonne voie. Nous voulons être réalistes », lance-t-il.
Le député Emmanuel Bourjoly estime que l’équipe de Jacques Edouard Alexis prouve son incapacité de garantir la sécurité du pays, en ce sens qu’il n’a pas préparé le départ de la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah).
A titre d’exemple, le parlementaire mentionne l’absence de commissariats et de policiers dans plusieurs sections communales du pays, où la population est livrée à elle-même.
Pour assurer la sécurité du pays après le départ de la Minustah, Alexis prévoit d’avoir un effectif de 17 à 18 000 policiers.
Par ailleurs, le député Bourjoly critique le fait que le gouvernement n’assure pas une bonne gestion de certains dossiers, comme celui du Centre national des équipements (Cne) impliquant certains officiels du gouvernement.
Le député Acklush Louis-Jeune parle, quant à lui, de la politisation de la police nationale. Une thèse réfutée par Jacques Edouard Alexis.
Louis Jeune reproche également au gouvernement de n’avoir pas organisé, jusqu’à présent, les élections devant renouveler le tiers du sénat, ni de n’avoir pris des dispositions pour faire fonctionner l’appareil judicaire. Le parlementaire signale au Premier ministre que le phénomène de la vie chère n’est pas une invention des parlementaires.
Louis-Jeune demande à Alexis des explications sur le Programme d’apaisement social (Pas), annoncé par son gouvernement lors de sa déclaration de politique générale. La question des sociétaires victimes de la faillite des coopératives est également évoquée par le député de Dame-Marie.
« Nous ne sommes pas responsables du dossier des coopératives. Nous n’encouragerons personne à risquer leur argent dans ces coopératives », rétorque Jacques Edouard Alexis.
Le Premier ministre entend mettre la priorité sur le financement des caisses populaires, en lieu et place des anciennes coopératives d’épargne et de crédit.
« Votre programme d’apaisement social n’a pas donné les résultats escomptés », considère, pour sa part, le député Jean-Marcel Lumérant. Le parlementaire Lumérant exhorte le gouvernement à « prendre les mesures qui s’imposent pour améliorer le pouvoir d’achat de la population ».
Jean-Marcel Lumérant pense que seule une augmentation du pouvoir d’achat de la population pourra aider à résoudre les problèmes socioéconomiques. [do rc apr 28/02/2008 15 :15]
