Presse écrite Haïtienne en Floride : Une place au soleil

Miami, 26 fév. 08[AlterPresse] --- À côté des trois principaux hebdomadaires Haïtiens édités aux Etats-Unis (Haïti en Marche, Haïti Progrès et Haïti Observateur), un quatrième cherche depuis quelques années à se faire une place au soleil.

C’est le Floridien dont le local se situe à « Miami Garden », constate l’agence en ligne AlterPresse.

Le Floridien est tiré généralement à dix mille exemplaires et à environ treize mille lors d’actualité brûlante comme la chute du président Jean Bertrand Aristide (en février 2004) ou l’accession à la présidence (d’Haïti), pour la deuxième fois (Mai 2006), de René Préval, sous la bannière de la plateforme Lespwa (Espoir en français).

Le Floridien paraît toutes les deux semaines et verse, à l’instar des autres journaux de la diaspora(les trois principaux hebdomadaires), dans le généralisme. Mais on y lit assez souvent des articles sur des sujets spécifiques qui rencontrent les préoccupations de la communauté Haïtienne de Floride, comme l’immobilier et l’immigration.

« Nous nous mettons également souvent à l’affût d’activités non identifiées par la grande presse et pouvant intéresser notre lectorat, comme un match de foot, un festival », nous a confié son directeur.

Selon Dessalines Ferdinand, « une fois sortis, les quelque dix mille exemplaires se retirent comme de petits pâtés chauds ».

Cet engouement s’expliquerait, non pas par l’existence d’un lectorat nombreux dans la communauté, mais plutôt par le fait que les journaux sont distribués gratuitement.

Les lecteurs les plus fidèles de « Le Floridien » seraient surtout « des professionnels, des gens qui sont arrivés aux Etats-Unis d’Amérique à un âge relativement avancé, avec une certain niveau d’instruction, et qui ont l’habitude de lire les autres hebdomadaires Haïtiens ».

« Le Floridien ne parvient pas encore à fidéliser les jeunes haïtiano-américains », reconnaît son directeur.

Dessalines Ferdinand explique ce fait par l’impossibilité pour le bimensuel de se payer les services de professionnels qui pourraient écrire des articles adéquats, en anglais par exemple.

Local exigu, personnel très restreint : il ne faut pas se fier à l’apparence. Dessalines Ferdinand s’en sort plutôt bien. Le Floridien, c’est sa principale activité.

Pour tenir, le journal mise sur des sponsors (des commanditaires) Haïtiens et, parfois aussi étrangers. Ces derniers ont la garantie que leurs messages publicitaires seront lus, vu que le journal est distribué gratuitement.

Dessalines Ferdinand décrit Le Floridien comme un journal d’opinion qui cultive l’impartialité.

« Nous donnons toujours les deux sons de cloche », martèle-t-il.

En cette période de fièvre électorale aux Etats-Unis, le cœur de Le Floridien doit bien pencher quelque part, parmi les présidentiables. Mais le journal n’exprime pas cette position.

L’argumentaire de Dessalines Ferdinand est simple : « La communauté Haïtienne ou la communauté haïtiano-américaine ne fait pas grand poids dans la balance au niveau national. Une position de Le Floridien ne va pas changer grand’chose ».

En revanche, au niveau local, Le journal a donné dans le passé des consignes de vote en faveur de certains candidats en fonction de leur profil, de ce qu’ils ont fait dans la communauté haïtienne (et haïtiano-américaine) et leur vision pour celle-ci.

Pour maintenir la barque (de Le Floridien) à flot, son directeur explique avoir dû faire montre de réalisme (économique) et d’une gestion rigoureuse.

Ce réalisme a conduit notamment son directeur à changer du tout au tout le contenu. D’une revue exclusivement culturelle à ses débuts, Le Floridien s’est transformé en un journal généraliste, parvenant ainsi à élargir son lectorat.

Dessalines Ferdinand estime que sa formation en gestion et (en) comptabilité est pour quelque chose dans la survie, la relative longévité, ou mieux le relatif succès (économique), du journal.

Le Floridien existe depuis bientôt 8 ans. Il est notamment distribué dans trois comtés de l’État de Floride, à savoir Miami Dade, Broward et West Palm Beach. Le Floridien est également consultable sur internet (www.lefloridien.com). [vs apr 26/02/08 20:50]

Note : Notre collaborateur Vario Sérant, directeur de l’information à Télé Haïti, est aux Etats-Unis dans le cadre de la couverture des prochaines élections primaires dans l’Ohio. La tournée de l’équipe de reportage de Télé Haïti est facilitée par « US Public Diplomacy ».