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Diaspora/ Montréal : L’AIHC s’investit dans l’éducation universelle de qualité pour tous les enfants d’Haïti


jeudi 21 février 2008

Par Nancy Roc

Soumis à AlterPresse le 19 février 2008

La Fondation Québec-Haïti pour une scolarisation universelle de qualité (Fondation QHASUQ) a été officiellement lancée à l’Université de Montréal le dimanche 9 février 2008. Le public avait répondu à l’invitation des organisateurs et la salle devant l’accueillir était bondée de monde malgré le mauvais temps et le froid mordant de février. Considérant qu’aucun pays sur la terre n’ait pu atteindre un certain niveau de développement sans un investissement préalable systématique et soutenu dans l’éducation, il est apparu évident aux fondateurs de la Fondation QUASUQ que l’éducation pour tous demeure un passage obligé, une condition nécessaire – même si insuffisante– pour qu’un pays accède à la modernité et au développement authentique.

Pour les membres de cette Fondation, cette situation, déjà fort préoccupante en elle-même, se trouve de plus en plus aggravée par une série de contingences qui pourraient conduire Haïti dans un cercle vicieux dont il ne pourra sortir que difficilement. En effet, le très faible niveau de scolarisation de la population, la prépondérance trop marquée du secteur privé dans le système d’éducation, l’exode de plus en plus accéléré des éducateurs bien formés vers des cieux prétendument plus cléments, la qualité sinon douteuse du moins approximative de l’enseignement dispensé par un trop grand nombre d’institutions d’enseignement ; tout cela hypothèque lourdement le système d’éducation et affecte de manière significative le niveau réel de formation de la jeunesse scolaire.

Pour le président fraîchement élu de la Fondation QUASUQ, le Professeur Samuel Pierre, « dans ce contexte, le danger qui guette le pays demeure l’incapacité de soutenir un processus adéquat de renouvellement générationnel des cadres, ce qui compromettrait en conséquence la mise en œuvre de tout plan de développement national. Il faut donc faire quelque chose et tout de suite, afin de garantir à terme l’accès, à l’éducation de base tout au moins, à tous les enfants du pays sans distinction ».

Il n’est pas inutile de rappeler ici, et il ne faut jamais arrêter de le faire, que l’accès universel à l’éducation de base constitue un des devoirs les plus fondamentaux de l’État. La Constitution haïtienne, en ses articles 32 et suivants, l’établit clairement, tout comme la déclaration universelle des Droits de l’Homme (1948) dont Haïti est signataire.

Ce principe une fois admis, force est de reconnaître que, dans la conjoncture actuelle, l’État haïtien pourrait ne pas avoir les moyens de faire face à cette obligation pourtant cardinale. Pour la Fondation QUASUQ, il apparaît donc opportun que la société haïtienne, de l’intérieur et de l’extérieur, se serre les coudes pour assister l’État haïtien et l’aider dans ses efforts pour assumer cette tâche. Ainsi, les Haïtiens du Québec qui, au cours des cinquante dernières années, ont contribué de manière non négligeable à l’édification du Québec moderne, créant par le fait même des liens d’amitié et de solidarité soutenus entre les deux peuples, voudraient sceller cette amitié dans un projet concret d’éducation en faveur des enfants laissés pour compte de leur pays d’origine. D’où l’idée de créer la Fondation Québec-Haïti pour une scolarisation universelle de qualité – Fondation QHASUQ. Cette dernière s’est donnée pour mission de mobiliser des ressources humaines, matérielles, financières, logistiques et organisationnelles en vue d’apporter un appui concret et mesurable à la réalisation de l’objectif de scolarisation universelle, dans un souci de répondre à des préoccupations liées à la qualité de l’enseignement à tous les niveaux.

Dans le cadre de cette mission, la Fondation établira et entretiendra des relations, tant au niveau national qu’à l’échelle internationale, avec tous les intervenants et acteurs institutionnels et gouvernementaux qui partagent ses préoccupations, notamment l’État haïtien. Pour les champs d’intervention, La fondation privilégie cinq secteurs d’intervention prioritaire :
- la scolarisation des enfants âgés de moins de 15 ans, en privilégiant les filles ;
- la conception et la production de matériels pédagogiques de qualité destinés aux élèves et aux maîtres ;
- la conception et l’offre de programme de formation et d’évaluation destinés aux enseignants, moniteurs et gestionnaires d’écoles ;
- la recherche en vue de concevoir un modèle d’école de qualité qui tienne compte des exigences d’une citoyenneté active et des faibles moyens matériels disponibles dans le milieu, tout en prodiguant un savoir utile, immédiatement utilisable et collé aux réalités du pays ;
- la participation à des projets portant sur la qualité de l’éducation à tous les ordres et niveaux d’enseignement.

Dimanche dernier, suite au lancement réussi de la Fondation, un Conseil d’Administration a été élu dont voici la liste des membres : Samuel Pierre, président, Johanne Clouet, vice-présidente, Bernadette Maugile, vice-présidente, Michel Julien, vice-président, Yves Marthone, trésorier, Adrien Bance, secrétaire. Suite à cette élection, le nouveau président de la Fondation QUASUQ, l’imminent Professeur Samuel Pierre, ainsi que le nouveau secrétaire, Adrien Bance, qui a acquis une longue expérience dans l’enseignement au Québec et en Afrique, ont accepté de répondre à nos questions :

N.Roc : Professeur Samuel Pierre, comment comptez-vous faire la différence avec cette Fondation lorsqu’aujourd’hui seulement 8% du budget de l’État est alloué à l’éducation ?

Samuel Pierre : C’est triste comme constat, que seulement 8% du budget de l’État soit alloué à l’éducation. Le plus triste, c’est que cela a toujours été ainsi depuis toujours, ce qui révèle sinon le peu d’intérêt historique de l’État pour la question de l’Éducation, du moins l’incapacité de l’État haïtien à faire face à ce qui est considéré à juste titre comme l’une de ses responsabilités fondamentales : assurer l’éducation de base à tous les citoyens du pays.

Interpellée par ce constat, la Fondation QHASUQ se propose d’agir en partenariat avec les acteurs sur le terrain et avec le gouvernement afin de suppléer, dans la mesure de ses moyens, à cette carence de l’État. De manière plus précise, cette fondation veut apporter son aide au pays en vue d’une scolarisation universelle de qualité. Cela sous-entend une intervention tant au niveau de la qualité qu’à celui de la qualité. En effet, grâce à un programme de parrainage, nous voulons permettre à plus d’enfants en âge scolaire, provenant de milieux ruraux défavorisés, d’accéder à l’École fondamentale. Parallèlement, nous voulons aussi contribuer à améliorer la qualité de l’enseignement dispensé à ces enfants par des interventions d’ordre pédagogique sur le milieu scolaire concerné.

N.Roc : Comment Haïti devrait-elle comprendre et intégrer le concept de scolarisation universelle de qualité selon vous ?

Samuel Pierre : La scolarisation universelle n’est pas un concept haïtien. Elle est un objectif que s’est donnée une composante de la communauté internationale visant à garantir l’accessibilité à l’éducation de base à tous les enfants de la terre à l’horizon 2015. Elle figure donc parmi ce qui est courant d’appeler les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Dans le cas d’Haïti, cet objectif revêt un caractère particulier vu que 500 mille enfants en âge scolaire ne peuvent pas fréquenter l’École, ni l’État ni les parents n’en disposant des moyens. En simplifiant les choses, la scolarisation universelle reviendrait à permettre à tous ces enfants de 5 à 15 ans au moins de pouvoir fréquenter une école et de recevoir une éducation de base.

Évidemment, dans l’état actuel des choses, un tel objectif ne saurait être atteint en préservant la qualité qui fait déjà grandement défaut. Ainsi, parallèlement à cet effort national de garantir une place d’école à tous les enfants du pays, il faut mettre en place, et surtout exécuter, un solide programme d’assurance qualité, programme axé non seulement sur la formation et le recyclage des enseignants et des directeurs d’écoles, mais aussi sur la production et la mise à disposition de manuels et de documents pédagogiques à l’intention des élèves et des enseignants. Et puisqu’on est à l’ère des technologies de l’information et de la communication, il faudrait aussi exploiter au maximum les possibilités offertes par les ordinateurs, les télécommunications et l’Internet afin de parvenir à cette scolarisation universelle de qualité.

Car, il ne faut pas perdre de vue que c’est par l’éducation que l’on développe les ressources humaines de plus en plus nécessaires à la prestation de services à valeur ajoutée dans la nouvelle économie fortement marquée par la compétitivité internationale et le savoir. Ainsi, Haïti s’enrichirait durablement en éduquant sans exclusive sa population. Une éducation de base, mais aussi une formation scientifique axée sur la recherche appliquée, le tout reposant sur une démocratisation de l’enseignement supérieur, fer de lance d’un projet de société reposant sur un investissement responsable dans l’humain.

N.Roc : Comment a été accueillie la Fondation par le public ? Parlez-nous de la présence des gens, de leur intérêt et préoccupations ?

Samuel Pierre : L’accueil a été franchement enthousiaste. Un public formé de jeunes de 7 à 77 ans. Nous avions voulu surtout impliquer les jeunes d’origine haïtienne afin de nous assurer d’une certaine relève. Nous avions voulu aussi les sensibiliser à la nécessité d’une solidarité agissante envers les jeunes restés au pays. Nous avons donc fait salle comble, avec plus de quatre-vingt personnes qui avaient répondu à l’appel.

La période de questions, qui a duré environ une heure, a été fort animée. Les participants ont unanimement reconnu l’opportunité d’une telle démarche de solidarité envers les enfants d’Haïti et y ont souscrit. Certaines préoccupations gravitaient autour des difficultés de recruter sur une base objective les enfants et les écoles qui pourraient bénéficier de ce programme de parrainage. La préoccupation majeure portait sur la manière de maintenir un juste équilibre entre l’objectif de quantité et celui de la qualité. Enfin, il a été aussi question du genre de partenariat qui pourrait être établi avec l’État haïtien afin de nous assurer d’une part de la pérennité de nos actions et d’autre part d’un contrôle de qualité de nos interventions sur le terrain. En fait, des préoccupations tout-à-fait légitimes qui constitueront pour nous autant de pistes de réflexion pour guider nos prochaines actions.

N. Roc : La Fondation QUASUQ donne une chance aux élèves mais ne pensez-vous pas aussi qu’une grande réforme de la formation des enseignants devrait être entreprise ?

Samuel Pierre : Pour nous, ce sont deux actions indispensables. Mais, pour des raisons d’équité sociale, nous privilégions l’accès à l’éducation dans un premier temps. Car, selon notre conception, un enfant d’un certain âge ne doit se trouver nulle part ailleurs que dans une école pendant les jours ouvrables. Je sais bien que les Haïtiens sont obsédés par l’idéal de la qualité en matière d’éducation, et c’est tout à leur honneur. Toutefois, il ne faut pas, dans un élan de manichéisme, sacrifier l’accessibilité à l’autel de la qualité. Il faut donner à tous les enfants du pays la chance d’aller à l’école, même dans une école de qualité douteuse. Car, l’école a un rôle social à jouer qui va au-delà de la simple transmission de connaissance. De manière plus fondamentale, l’école doit apprendre à vivre en société, à apprendre les règles de savoir-vivre et de savoir-être, à apprendre à devenir un bon citoyen. Certains éléments de cette mission de l’école peuvent être assurés même avec un personnel enseignant n’ayant pas tous les attributs de qualité souhaité. D’où la nécessité, dans un deuxième temps, de multiplier les programmes de formations et de recyclage des maîtres afin d’augmenter la qualité de la prestation de ces derniers.

N.Roc : Comment les Haïtiens au pays et de la diaspora peuvent-ils participer au financement de la Fondation ?

Samuel Pierre : La fondation se veut une manifestation concrète de solidarité des Haïtiens vivant au Québec et au Canada à l’endroit des jeunes restés au pays, solidarité que nous convions nos amis Québécois à partager avec nous. Dans cet esprit, la fondation sollicitera principalement les Haïtiens de la diaspora et nos amis du Québec dans ses campagnes de financement. Les Haïtiens au pays, nous le savons, contribuent déjà à cette cause par l’intermédiaire des organisations nationales qui œuvrent dans ce domaine. Nous ne pouvons que les y encourager.

N. Roc : Quelle est l’essence de l’éducation pour vous ?

Samuel Pierre : Un de nos premiers chefs d’état, Alexandre Pétion pour ne pas le nommer, avait dit : « l’Éducation élève l’homme à la dignité de son être ». Rien n’est plus vrai qu’une telle assertion et je la partage sans réserve. Pour moi, l’essence de l’éducation, c’est de permettre à l’individu de s’élever au rang de citoyen, un être social qui est tout aussi conscient de son appartenance à une collectivité qu’aux droits et devoirs qui s’y rattachent. Pour moi, l’éducation est aussi un moyen pour un État de garantir l’égalité des chances à tous les citoyens d’un pays. « L’intelligence est la chose du monde la mieux partagée ». Elle n’a pas de couleur, ni de classe sociale, ni de race. Pour permettre toutefois l’exploitation et la mise en valeur de cette ressource naturelle qu’est l’intelligence, il faut rendre l’éducation, notamment l’éducation de base, accessible à tous les citoyens du pays, il faut donc donner la chance à tous les coureurs. Et c’est la seule façon de découvrir les talents insoupçonnés qui couvent au fond d’un grand nombre d’individus composant une collectivité. D’où la nécessité de mettre en place un système éducatif à la fois ouvert et centré sur les préoccupations du milieu.

Le grand défi de tout système éducatif demeure de pouvoir préparer des citoyens aptes à œuvrer harmonieusement et efficacement dans un modèle de société choisi. En effet, comment préparer un bon citoyen, un bon parent, un bon fonctionnaire, un bon chef, un bon président ? Les mécanismes permettant d’atteindre un certain niveau de cohésion sociale, nécessaire au bon fonctionnement de toute société nationale, repose essentiellement sur l’éducation. L’éducation doit donc préparer les citoyens d’un pays à construire des consensus, à résoudre pacifiquement les conflits en utilisation la négociation, et à prendre acte le cas échéant des dissidences en respectant le point de vue d’autrui. L’éducation, loin d’être un processus par lequel un individu emmagasine des connaissances livresques, doit enfin conduire à une transformation intrinsèque du comportement social de l’individu en favorisant son savoir-être. Je dois m’arrêter là pour cette question, car j’aurais pu dire beaucoup de choses sur ce dernier point.

Nancy Roc : Monsieur Adrien Bance, quelle est, selon vous, le plus grand problème que confronte l’éducation aujourd’hui en Haïti ?

Adrien Bance : L’intitulé du nom de la Fondation résume le problème essentiel de l’éducation dans ses deux volets : une scolarisation qui marginalise des enfants et qui est de qualité douteuse. Mais à bien réfléchir on peut aussi se demander si le plus grand problème de l’éducation en Haïti n’est pas le regard cynique qu’on a sur la catastrophe que constitue cette éducation. Un peu comme on regarde le déboisement de nos mornes.

N.Roc : La Fondation se penchera-t-elle aussi sur la nécessité d’encourager la formation technique (écoles professionnelles) plutôt que la formation académique ? Quel serait, selon vous, l’avantage de cette première dans la situation actuelle du pays ?

Adrien Bance : La Fondation ne pourra pas éviter, si elle s’affirme dans la poursuite de ses objectifs, d’aborder seule ou en partenariat des interventions pour assurer à des jeunes une qualification professionnelle pour leur donner une place dans le monde de la production nationale. Une des caractéristiques de la population scolaire d’Haïti c’est le grand nombre d’élèves qu’on qualifie de « sur-âgés ». Ce sont des élèves qui ont été scolarisés tardivement ou qui, pour des raisons diverses, ont pris du retard dans le cursus surtout du Fondamental. On retrouve ainsi de grands adolescents (des adultes) dans des classes normalement programmées pour de très jeunes enfants. Il ne s’agit pas de les sevrer de l’académique mais de coupler l’information générale avec un savoir-faire productif. On peut concevoir de cette façon la formation d’une personne, d’un citoyen, d’un individu en mesure d’assurer sa subsistance.

N.Roc : Comment la Fondation compte-t-elle exercer une pression sur les autorités et la société lorsque l’on connaît l’antagonisme des Haïtiens vivant au pays envers la diaspora ?

Adrien Bance : Les réflexions préalables qui ont amené à la création de la Fondation ont clairement identifié parmi ses objectifs la recherche de moyens pour amener l’État à assumer ses responsabilités en matière d’éducation. Elle devra s’associer avec les secteurs sains de la société civile pour faire des représentations en saisissant les situations opportunes. Il faut être réaliste. Cela ne peut pas faire partie de ses premières interventions. En fait, la Fondation devra par son travail acquérir une légitimité qui lui donnera une voix. Ce sera une perspective de moyen terme. Toutefois le fait que la Fondation (tout en ayant un membership « mixte ») sera identifiée comme une initiative d’Haïtiens d’origine permettra de parler, de suggérer, d’insister sans être accusée d’ingérence. La Fondation devra aussi instrumenter la voix des parents, des enseignants, des communautés qui auront bénéficié de son action pour se donner une autorité. Les relations publiques auront un rôle à jouer dans ce sens. Il faut retenir un paradoxe en matière de formation professionnelle en Haïti. De façon générale on affirme qu’il faut un enseignement professionnel. Mais il n’y a personne qui puisse dire pour quoi il faut former. On ne connaît pas exactement les compétences qu’il faut donner. Mais cela n’est pas du ressort de la Fondation.

Soulignons que $ 3000 CAN ont été recueillis dimanche dernier parmi le public pour constituer les premiers fonds de la Fondation QUASUQ. Cette dernière a pour principaux objectifs de :
- mettre en place un programme de parrainage en faveur des enfants de milieux défavorisés afin de réduire au maximum le nombre de jeunes Haïtiens non scolarisés ;
- insister auprès de la classe politique haïtienne notamment et de la société civile haïtienne dans son ensemble pour qu’elles reconnaissent concrètement l’impérieuse nécessité d’assumer la priorité d’une éducation de qualité au bénéfice de tous les citoyens haïtiens sans exclusive ;
- mobiliser les ressources de la diaspora haïtienne pour participer à un effort national de scolarisation universelle et d’éducation de qualité à tous les niveaux comme passage obligé vers le développement et l’amélioration des conditions de vie auquel aspire le peuple haïtien depuis plus de deux siècles ;
- concevoir des projets visant l’éducation pour tous et pouvant être réalisés en partenariat avec des intervenants et acteurs institutionnels et gouvernementaux qui partagent nos préoccupations, dont l’État haïtien.

Pour tout contact ou information : abance@sympatico.ca

Montréal, le 18 février 2008